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COP25 : Greta Thunberg accuse les États de « tromperie »

Plan rapproché de la jeune fille.

Greta Thunberg reproche à certains gouvernements de « trouver des façons habiles pour éviter d'engager de vraies actions ».

Photo : Associated Press / Paul White

Agence France-Presse

La jeune militante du climat Greta Thunberg a accusé mercredi à la COP25 les pays, même les plus ambitieux, de « tromperie » au sujet de leurs engagements en matière de lutte contre les changements climatiques.

Une poignée de pays riches ont promis de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de tant de pour cent d'ici telle ou telle année, ou d'atteindre la neutralité climatique en tant d'années, a-t-elle rappelé lors d'un événement organisé à la 25e conférence de l'ONU sur le climat, à Madrid.

Cela semble impressionnant au premier abord, mais même si les intentions sont bonnes, ce n'est pas du leadership, ce n'est pas montrer la voie, c'est une tromperie, a insisté l'adolescente.

La plupart de leurs promesses n'incluent pas l'aviation, le secteur maritime, et les biens importés ou exportés, mais ils incluent la possibilité pour les pays de compenser leurs émissions ailleurs.

Greta Thunberg, environnementaliste suédoise

L'Accord de Paris de 2015 qui vise à limiter le réchauffement à un maximum de 2 °C ne couvre effectivement pas les émissions des secteurs aériens et maritimes internationaux. Et les marchés du carbone, dont des règles sont en cours de négociation, permettent aux pays de compenser leurs émissions.

Les engagements actuels des États, s'ils étaient respectés, conduiraient à une hausse du mercure d'au moins 3 °C et les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris réunis à Madrid du 2 au 13 décembre sont donc sous pression pour faire plus et plus vite.

Mais à quatre jours de la fin de la réunion, les signes d'ambition sont faibles.

Cette COP semble s'être transformée en une occasion pour certains pays de négocier des failles et d'éviter de relever leurs ambitions, a dénoncé Greta Thunberg, qui a inspiré des millions de jeunes à travers le monde.

Des pays arrivent à trouver des façons habiles pour éviter d'engager de vraies actions.

Greta Thunberg, environnementaliste suédoise

Elle a aussi évoqué le refus de payer de plusieurs pays pour aider ceux déjà frappés par les catastrophes climatiques.

Comment ne pas ressentir la moindre colère alors que rien n'est fait? a-t-elle lancé.

Mmes Morgant et Thunberg, qui sont assise, sourient devant une caméra.

La directrice de Greenpeace International, Jennifer Morgan, et la militante suédoise Greta Thunberg lors d'un événement de la COP25, mercredi.

Photo : Reuters / Susana Vera

Juste avant la jeune Suédoise, la directrice de Greenpeace International, Jennifer Morgan, avait laissé exploser sa colère, notant n'avoir jamais vu en 25 ans un fossé aussi grand entre la COP et le monde extérieur.

Les solutions sont juste sous nos yeux. Mais où sont les champions? Où sont les leaders? Où sont les adultes dans la salle?

Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace International

Nous vivons des jours sombres de la politique climatique. Des ombres sont tapies derrière la scène : les milliards de dollars du secteur des énergies fossiles, qui d'un côté créent des gens gras et corrompus pendant que de l'autre ils condamnent le monde et toutes ses beautés et sa diversité à la désolation, a-t-elle ajouté sous les applaudissements.

Le coeur de l'Accord de Paris bat toujours, mais à peine, a-t-elle regretté.

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