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SNC-Lavalin : les millions touchés par Bebawi étaient des primes, dit la défense

L'ancien vice-président de SNC-Lavalin Sami Bebawi.

La dernière journée de plaidoiries au procès impliquant Sami Bebawi a eu lieu mardi.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La Presse canadienne

Les avocats de Sami Bebawi ont plaidé mardi que les millions qui se sont retrouvés dans les comptes de cet ancien cadre de SNC-Lavalin, accusé de fraude et de corruption, étaient en fait des primes tout à fait légitimes, autorisées par le président de la firme de génie.

Dans leurs plaidoiries finales au procès, les avocats de la défense ont soutenu que l'argent avait été versé à M. Bebawi pour son travail – il devait jongler avec des contrats complexes en Libye.

Me Alexandre Bien-Aimé a déclaré que M. Bebawi et son ancien subalterne Riadh Ben Aissa avaient partagé ces sommes reçues pour le travail effectué et que ces primes avaient été autorisées par le président de SNC-Lavalin à l'époque, Jacques Lamarre.

La poursuite allègue que l'entreprise montréalaise a transféré environ 113 millions de dollars à des sociétés fictives pour payer des gens qui l'ont aidée ensuite à recueillir de l'argent et à décrocher des contrats en Libye, à partir de la fin des années 1990.

La Couronne a soutenu au procès que ce qui restait dans les comptes après le paiement des pots-de-vin et des factures était divisé moitié-moitié entre les deux hommes – M. Bebawi empochant 26 millions.

M. Bebawi, âgé de 73 ans, est accusé de huit chefs de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d'un agent public étranger. Le procès s'est concentré sur les liens de SNC-Lavalin avec le fils de Mouammar Kadhafi, Saadi, qui aurait été en mesure de faciliter les transactions commerciales du géant montréalais en Libye.

Me Bien-Aimé a demandé aux jurés mardi de se méfier de Riadh Ben Aissa, le principal témoin à charge de la Couronne dans cette affaire, qui a répété selon lui toujours les mêmes slogans.

La défense a également rejeté l'idée que le fils Kadhafi était un agent public étranger, comme l'indique le chef d'accusation. Saadi Kadhafi a plutôt été décrit comme un enfant gâté qui avait certes une ligne directe avec le dictateur libyen, mais qui n'avait pas le pouvoir de conclure lui-même des contrats.

Il appartient à la Couronne de prouver la culpabilité hors de tout doute raisonnable de M. Bebawi. Ses avocats ont renoncé la semaine dernière à appeler des témoins à la barre – y compris l'accusé. Les jurés doivent entendre mercredi les dernières directives du juge Guy Cournoyer, de la Cour supérieure, avant de se retirer pour délibérer.

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