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Rapport Viens : la ministre n'attendra pas les grands chefs pour passer à l'action

Il y a certaines recommandations sur lesquelles on peut commencer à travailler, soutient Sylvie D'Amours.

Sylvie D'Amours parle en mêlée de presse.

Sylvie D'Amours, ministre responsable des Affaires Autochtones

Photo : Radio-Canada / Frédéric Bissonette

Valérie Gamache

La ministre des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours, n'attendra pas sa prochaine rencontre avec les grands chefs et les chefs autochtones du Québec pour s'attaquer aux recommandations du rapport Viens.

Il y a certains appels à l'action sur lesquels on peut commencer à travailler de notre côté sans avoir à les consulter, affirme Mme D'Amours, qui attend une date pour une deuxième rencontre avec les représentants des Premières Nations afin de planifier la réponse aux 142 recommandations du rapport.

Probablement qu'avant, on ne passait que par les grands chefs et les chefs, et on parlait beaucoup de dossiers politiques, mais le rapport Viens nous démontre que cette façon de faire a échoué.

Sylvie D'Amours, ministre des Affaires autochtones

Quelques semaines après le dépôt du rapport, qui conclut que les Premières Nations du Québec sont victimes de discrimination systémique, il y a eu une première rencontre. Plus d'une centaine des représentants de sept ministères, des grands chefs, des chefs et des membres d'organismes autochtones étaient prêts à jeter les bases de la nouvelle relation entre le gouvernement et les Premières Nations.

Devant cette salle comble, la ministre est arrivée sans ordre du jour. J'étais préparée à ne pas être préparée, dit-elle, en ajoutant que souvent, les Premières Nations font le commentaire qu'à chaque fois qu'on arrive, on est très préparé et que ce n'est pas leur façon de faire.

À l'issue de cette rencontre, les parties avaient convenu de se revoir en décembre, mais ce second rendez-vous n'aura pas lieu : Il semble que ça ne peut pas se faire avant la fin janvier, lance Sylvie D'Amours. L'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) affirme avoir manqué de temps pour bien se préparer.

Établir les priorités

Les réalités sont bien différentes au sein des 11 nations autochtones du Québec, qui semblent avoir du mal à s'entendre sur des priorités communes. Tout le monde a une expérience différente. Ce qui se passe au Lac-Simon, ce n'est pas ce qui se passe à Wendake, dit Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendat.

Moi, ma priorité, c'est l'éducation, mais pour d'autres, c'est la sécurité publique. Et il faut d'abord s'entendre, parce que quand on va s'asseoir, ça va être pour trouver des solutions.

Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendat

Leurs priorités n'étant pas établies, les grands chefs et les chefs autochtones ne doivent pas nourrir de grands espoirs face au prochain budget du gouvernement, prévient la ministre. Concernant les grands enjeux politiques, ce n'est pas nécessairement avec des budgets qu'on a besoin de se parler. Mais s'il y a un volet monétaire, on en débattra l'année prochaine. Ça ne pourra pas se faire cette année, explique-t-elle.

Sylvie D'Amours a de son côté ciblé ses priorités. En attendant que les discussions politiques se poursuivent, elle a multiplié les rencontres avec des organismes autochtones au cours de l'automne. Elle souhaite venir en aide aux femmes et aux enfants, et des mesures en ce sens devraient apparaître dans le prochain budget du Québec.

J'ai déjà fait mes représentations auprès du ministre des Finances [Eric Girard]. Il m'a dit : "Ne t'inquiète pas, il y aura toujours de l'argent pour les femmes autochtones".

Sylvie D'Amours, ministre des Affaires autochtones

Ce sont les Autochtones qui habitent en milieu urbain que la ministre veut d'abord rejoindre. Pour y parvenir, elle misera sur les centres d'amitiés autochtones qui deviendront la porte d'entrée pour intégrer les services du gouvernement du Québec dans les communautés. Les centres d'amitié vont nous aider à faire en sorte que nos services soient adaptés aux Premières Nations, explique Sylvie D'Amours.

Il existe 11 centres au Québec, répartis dans les villes où il y a une forte concentration d'Autochtones. Le regroupement des centres d'amitié autochtones est financé à 40 % par Québec, mais ce financement de 7 millions de dollars du gouvernement devra être bonifié si la ministre souhaite en faire un pilier de la nouvelle relation entre la province et les Premières Nations.

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