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Des coupes forestières de nouveau dénoncées au sud du lac Kénogami

Lignarex admet que les arbres n'auraient pas dû être coupés dans la bande riveraine de la rivière Cyriac.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Gilles Munger

Les citoyens qui s'opposent à la coupe forestière dans la forêt Cyriac au sud du lac Kénogami dénoncent des entorses aux règlements sur l'aménagement de la forêt.

En bordure de la rivière Cyriac, ils constatent que des arbres ont été coupés dans la bande riveraine, à l'intérieur de la zone de protection de 20 mètres.

La rivière Cyriac se jette directement dans le lac Kénogami, puis le lac Kénogami, c'est de là que provient l'eau potable d'à peu près 70 % à 75 % de la population de Saguenay, rappelle André Douillard, représentant d'un groupe de villégiateurs qui affronte Québec devant le tribunal dans ce dossier.

La rivière est en partie gelée.

La coupe de bois se fait dans une aire protégée à l'étude.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

À proximité, ils constatent que les arbres ont aussi été coupés près d'un ruisseau qui coule toujours sous la glace même si la zone est sous le point de congélation depuis plusieurs semaines. Yvan Croteau de l'Action boréale explique que les arbres doivent être préservés pour protéger la truite mouchetée et contrer la diffusion de métaux lourds dans les ruisseaux permanents.

À ce temps-ci de l'année, les ruisseaux qui sont intermittents, ils ne coulent plus. Mais ici, c'est parce que le bassin versant est assez grand pour alimenter en eau ce ruisseau-là.

Yvan Croteau, administrateur de l'Action boréale.
Le militant d'Action boréal mesure une bille de bois au sol.

Yvan Croteau constate que ces tiges de bois auraient dû être ramassées parce qu'elles ont un diamètre nettement plus grand que les 10 centimètres réglementaires.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Les militants accusent aussi l'entreprise Lignarex de gaspiller des tiges de bois qui font 10 centimètres et plus de diamètre en les abandonnant sur le parterre de coupe. Ils lui reprochent aussi de laisser des souches de plus de 30 centimètres de hauteur, ce qui serait illégal, selon eux.

« Plan d'aménagement inutile »

Plus globalement, c'est le plan d'aménagement spécial de lutte contre la tordeuse des bourgeons de l'épinette de Québec qu'ils remettent en question. Ils ont utilisé le prétexte de la tordeuse pour venir dans un territoire qui devait devenir une aire protégée. Pour moi, ça, c'est clair, plaide Yvan Croteau.

Dans un plan d'aménagement spécial de récupération, on ne devrait pas avoir de feuillus, on devrait récupérer uniquement les arbres malades.

André Douillard, porte-parole d'un groupe de villégiateurs

Lignarex reconnaît une erreur

Chez Lignarex, le directeur, Éric Rousseau, explique qu'il appartient au ministère des Forêts de déterminer où les entreprises doivent se rendre.

Il admet toutefois que Lignarex n'aurait pas dû couper dans la bande riveraine de la rivière Cyriac. C'est une machine qui s'est enlisée, puis pour sortir, elle a été obligée de rentrer un petit peu dans la bande. Ce n'est pas une science parfaite. Des fois, il y a des circonstances particulières, des cas de force majeure, explique-t-il.

Les tiges de bouleau sont empilées sur la gauche de la route alors que le résineux est placé à l'écart du côté droit.

Lignarex récolte du sapin, de l'épinette, du bouleau blanc, mais elle ne peut pas récolter le bouleau jaune qui est protégé.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Le directeur se défend toutefois de gaspiller du bois avec des souches trop hautes ou des tiges laissées sur place. Il précise que le ruisseau identifié par les militants comme étant permanent était complètement à sec en août dernier, ce qui le désigne comme un ruisseau intermittent.

Qu'ils nous surveillent, c'est bien correct, on le prend dans un processus d'amélioration, puis pour faire des coupes socialement acceptables aussi.

Éric Rousseau, directeur de Lignarex

Le directeur rappelle que 150 personnes travaillent pour la scierie Lignarex et pour son principal actionnaire, la Coopérative forestière Ferland-et-Boilleau. Il estime que ce personnel fait tout en son possible pour respecter les règles environnementales.

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Saguenay–Lac-St-Jean

Environnement