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À la maison et au travail, quelle place pour le français au Manitoba

Affichette sur un comptoir indiquant que le service se fait en anglais et en français.

Le nombre de personnes qui parlent français au travail tout aussi souvent qu’une autre langue a augmenté de 50,4 %, selon Statistique Canada.

Photo : Radio-Canada

Abdoulaye Cissoko

Les réactions sont nombreuses après la publication, mardi, de données de Statistique Canada sur le français au Manitoba. L'étude révèle que le français comme première langue officielle parlée et comme langue maternelle a enregistré une baisse au Manitoba entre 2001et 2016. En même temps, la connaissance de la langue de Molière et son utilisation au travail sont en augmentation.

Le nombre de personnes ayant le français comme première langue officielle parlée a diminué de 5,6 % au Manitoba entre 2001 et 2016.

La première langue officielle parlée est une variante qu'on a créée pour savoir quelle langue entre le français et l'anglais est favorisée, principalement par les immigrants, explique Émilie Lavoie, analyste principale à Statistique Canada.

Elle explique que trois indicateurs sont pris en considération dans ce calcul : la connaissance de la langue, la langue maternelle et les langues parlées à la maison.

Les données mettent en évidence une baisse de 3,1 % du français langue maternelle.

Un homme devant des drapeaux.

Jean-Michel Beaudry, directeur général adjoint de la Société de la francophonie manitobaine.

Photo : Radio-Canada

Le directeur général adjoint de la Société de la francophonie manitobaine (SFM), Jean-Michel Beaudry, n'est pas surpris par ces statistiques, qu'il qualifie de ni super positives ni super négatives.

Ce qui est encourageant, c'est que le nombre de personnes qui utilisent le français au travail est en hausse. Cela démontre que certaines choses que l'on fait fonctionnent et qu'on doit en faire davantage, mentionne Jean-Michel Beaudry.

Il rappelle, par exemple, que la cible de 7 % d'immigrants francophones au Manitoba n'a jamais été atteinte.

Selon lui, ces données ne sont pas les seuls indicateurs de la vitalité de la communauté francophone au Manitoba.

Il y a les nouveaux arrivants, les programmes d'immersion qui sont de plus en plus populaires, mentionne-t-il.

Bernard Lesage.

Bernard Lesage, président de la Commission scolaire franco-manitobaine.

Photo : Radio-Canada

Pour le président de la Commission scolaire franco-manitobaine, Bernad Lesage, les parents, la communauté, l'école et les gouvernements ont un rôle à jouer pour améliorer cette situation.

À l'école, on a un travail à faire pour normaliser cette langue. Je pense que les gouvernements ont aussi besoin d'appuyer la communauté dans toutes ses démarches afin de promouvoir la langue française.

Bernard Lesage dit que le programme de leadership JMCA (Jeunes Manitobains des communautés asosciées) de la Division scolaire franco-manitobaine s'inscrit dans cette optique.

Selon lui, le fait d'offrir plus de services et d'activités de loisirs en français aux élèves contribue à normaliser la langue.

Une plus grande connaissance du français

Selon Statistique Canada, la connaissance de la langue française au Manitoba a augmenté de 5,6 % pendant la période couverte par l'étude.

Pour Émilie Lavoie, cela s'explique par l'afflux de personnes venues d'autres pays ou des autres provinces canadiennes et qui n'ont pas le français comme langue maternelle.

Ça explique l'augmentation du français comme langue parlée régulièrement à la maison, alors que le français parlé uniquement à la maison est en diminution, précise-t-elle.

En effet, selon Statistique Canada, le nombre de personnes qui parlent uniquement français à la maison a baissé de près de 24 %. En même temps, ceux qui le parlent régulièrement a augmenté de 20 %.

L'homme est interviewé dans un gymnase entouré de plusieurs personnes

Ronald Bisson a travaillé comme consultant pour la SFM en 2001.

Photo : Radio-Canada

Ronald Bisson a travaillé comme consultant pour la SFM en 2001. Il avait notamment fait les analyses démographiques qui avaient mené à l'adoption de la stratégie communautaire « Agrandir l'espace francophone ».

Ronald Bisson voit ces données d'un bon oeil. Selon lui, si le français comme langue maternelle a perdu du terrain, la proportion se maintient. Cela signifie que dans les couples où les deux parents sont francophones, l'assimilation s'est arrêtée.

Je trouve que c'est un succès incroyable, se réjouit-il.

Il se félicite aussi de l'augmentation du nombre de personnes qui parlent régulièrement français à la maison.

Ce que ça me dit, c'est que beaucoup de couples interlinguistiques, avec un père francophone et une mère anglophone, font des efforts pour parler français à la maison, conclut M. Bisson.

D'après M. Bisson, l'étude démontre que l'immigration est un vecteur de renforcement de la francophonie au Manitoba.

Je pense que la SFM et les autres groupes communautaires ont mis en oeuvre les études qui avaient été faites en 2001 et on voit les résultats, explique Ronald Bisson.

Le français au travail

Le nombre de personnes qui disent utiliser le plus souvent le français au travail a enregistré une hausse de 12,4 %, ce qui se traduit par une augmentation de 1010 travailleurs.

La langue de Molière utilisée à égalité avec une autre langue au travail a même bondi d'un peu plus de 50 % entre 2001 et 2016, d'après Statistique Canada.

Selon la présidente du World Trade Centre Winnipeg, Mariette Mulaire, c'est parce qu'il y a de plus en plus de personnes qui valorisent les deux langues officielles du Canada.

Mariette Mulaire vue en gros plan.

Mariette Mulaire, présidente-directrice générale du World Trade Centre Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Selon Mariette Mulaire, le fait que l'on vit dans un monde globalisé y est aussi pour quelque chose. Elle pense que les efforts déployés pour que le français soit considéré comme un vecteur économique commencent à porter leurs fruits.

De son côté, le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, rappelle que la campagne de recrutement lancée par son gouvernement au Québec vise justement à accroître le nombre de personnes qui parlent français dans la fonction publique manitobaine.

Selon lui, depuis le lancement de cette initiative, une vingtaine de candidats du Québec ont manifesté de l'intérêt pour s'installer au Manitoba. C'est une réponse minimale, mais encourageante, conclut le premier ministre du Manitoba, qui s'est exprimé en français.

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