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Un Britanno-Colombien meurt d'un cancer après deux erreurs de diagnostic

Photo de Karel Pekarek dans un endroit entouré de plantes.

Karel Pekarek est mort des suites d'un cancer le 12 octobre.

Photo : Fournie par Chantal Pekarek

Radio-Canada
Mis à jour le 

Karel Pekarek est mort d'un cancer du foie le 12 octobre dernier après plusieurs semaines de souffrance. Par deux fois, les médecins de deux hôpitaux différents de la région de Vancouver ont cru qu'il était seulement constipé.

L'homme de 75 ans s'est présenté une première fois aux urgences de l'Hôpital général de Vancouver en juin dernier, se plaignant de douleurs au ventre.

Les médecins de garde lui ont fait faire une prise de sang, puis lui ont donné son congé de l'hôpital six heures plus tard, estimant qu'il souffrait de constipation et lui conseillant de prendre des laxatifs.

Cinq jours se sont écoulés avant que Karel Pekarek ne décide de demander une deuxième opinion aux médecins des urgences de l'Hôpital Royal Columbian de New Westminster. Il avait toujours mal et la liste d'attente pour voir son médecin de famille était trop longue. Là aussi, les médecins ont diagnostiqué une constipation et l'ont renvoyé chez lui.

Ce n'est que plusieurs semaines plus tard, le 23 juillet, lors d'une nouvelle visite à l'Hôpital général de Vancouver, que les médecins ont découvert le mal qui rongeait M. Pekarek : un cancer de la vésicule biliaire.

Karel Pekarek est en pyjama, assis sur son lit.

En quelques mois, l'état de l'homme de 75 ans s'est rapidement dégradé.

Photo : Famille Pekarek

Le cancer de stade 4 avait atteint le foie et ne pouvait être soigné ni par chimiothérapie ni par radiation.

Karel Pekarek a tout de même pris l'avion pour rendre visite à sa fille, Katharina Andrews, dans l'État américain de New York, alors qu'elle était sur le point d'accoucher. Il se déplaçait alors en fauteuil roulant.

Je l'ai serré dans mes bras et j'ai senti sa maigreur. Je voyais que ça le rongeait de l'intérieur et qu'il souffrait déjà énormément, se souvient Katharina Andrews.

M. Pekarek était si faible qu'il a dû rester au lit le jour où sa petite-fille est née. Ensuite, il a eu de plus en plus de mal à se déplacer et à se nourrir. Son ex-femme, qui l'accompagnait, et sa fille racontent que les médecins ne lui avaient pas prescrit d'antidouleurs avant son départ.

Il n'a jamais pu prendre sa petite-fille dans ses bras. Il n'avait pas la force.

Katharina Andrews, fille du défunt

Le 31 août, Karel Pekarek est rentré chez lui, en banlieue de Vancouver. Sa seconde fille s'est débrouillée pour venir le voir depuis la République tchèque, mais il est mort alors que l'avion venait d'atterrir à l'aéroport de Vancouver, le soir du 12 octobre.

Des erreurs trop courantes

Pat Croskerry, professeur en médecine des urgences à l'Université Dalhousie, de Halifax, estime qu'en Amérique du Nord 10 à 15 % des diagnostics comportent des erreurs plus ou moins graves.

Les médecins des urgences hospitalières sont les plus à risque de faire une erreur, selon lui, parce qu'ils sont surchargés de travail, stressés et fatigués.

Dans ma carrière de médecin urgentiste, je me suis parfois demandé comment on avait fait pour ne pas se tromper.

Pat Croskerry, professeur en médecine des urgences

Les régies de la santé dont dépendent les deux hôpitaux visités par Karel Pekarek présentent leurs condoléances à la famille, mais ne souhaitent pas commenter le cas du patient pour des raisons de confidentialité.

La régie de la santé Vancouver Coastal Health déclare qu'elle s'attend à ce que les meilleurs soins soient dispensés aux patients. La régie de la santé Fraser Health, qui supervise l'Hôpital Royal Columbian, indique pour sa part qu'une enquête interne est en cours.

La famille de Karel Pekarek reconnaît que si le bon diagnostic avait été posé en juin, cela n'aurait peut-être pas permis de le sauver, mais lui aurait évité une souffrance inutile.

Mon père a eu une belle vie, dit sa fille. J'aurais seulement aimé qu'elle ne se termine pas dans une telle douleur.

D'après les informations de Rhianna Schmunk

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