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Plus de bilingues, mais un recul du français en Saskatchewan

Affichette de bureau qui indique un service dans les deux langues officielles.

La population de francophones diminue en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Mis à jour le 

La proportion de personnes parlant le français comme première langue officielle a baissé de 12,7 % en Saskatchewan ces 15 dernières années, annonce Statistique Canada. L’agence fédérale estime aussi que le taux de bilinguisme « atteint de nouveaux sommets » avec une augmentation de 5,1 % durant la même période.

En 2016, 14 440 Saskatchewanais déclaraient avoir le français comme première langue officielle. Cela représentait 1,3 % de la population provinciale, contre 1,7 % en 2001. En chiffres absolus, la province a donc perdu 2110 francophones en 15 ans, soit environ 140 personnes par an en moyenne.

Toujours en 2016, le taux de bilingues français-anglais atteignait 4,7 %. Statistique Canada estime qu'il s'agit principalement d'anglophones ayant appris le français. De plus, 51 890 personnes déclaraient pouvoir tenir une conversation en français uniquement ou en combinaison avec une autre langue, en 2016.

Rectificatifs :

Une version précédente du texte indiquait que l'augmentation du taux de bilinguisme en Saskatchewan était de 4,8 % alors qu'il est plutôt de 5,1 %. Cette version disait également que 51 360 personnes déclaraient pouvoir tenir une conversation en français uniquement ou en combinaison avec une autre langue, en 2016. Il s'agit plutôt de 51 890 personnes.

Courbes de 2001 à 2016. Légère augmentation des catégories «surtout le français» et «français parlé à égalité avec une autre langue les plus souvent». Baisse du « français comme langue unique» et augmentation du «français comme langue secondaire, en plus de la langue principale».
Source : Statistique Canada

Le français comme langue unique dans les foyers regresse, alors que le nombre de familles ayant le français comme langue secondaire augmente.

Photo : Radio-Canada

Le français a aussi progressé dans les foyers, mais surtout comme langue secondaire, en cohabitation avec une langue principale. Le nombre de foyers qui parlent uniquement le français a quant à lui légèrement reculé depuis 2016.

Des données remises en question

L’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) doute que ces résultats soient un reflet fidèle de la réalité des francophones de la province. Son président, Denis Simard, soutient que la communauté fransaskoise se porte bien.

Il y a de belles tendances, mais on croit que les chiffres sont encore pas mal inexacts.

Denis Simard, président, Assemblée communautaire fransaskoise

Julien Gaudet, directeur général de l’Association jeunesse fransaskoise, le rejoint dans cette analyse. Il estime notamment que les jeunes qui vivent dans un milieu anglophone souffrent d’insécurité linguistique, et qu’ils ne veulent pas toujours déclarer le français comme étant leur langue maternelle.

Rectificatif :

Dans une version précédente de ce texte, le nom du directeur de l'Association jeunesse fransaskoise était donné comme étant Laurent Gaudet plutôt que Julien Gaudet.

La méthodologie employée par Statistique Canada trouve cependant son soutien auprès de Michael Poplyansky, professeur adjoint à La Cité universitaire francophone.

On voit une augmentation dans le nombre de Canadiens qui peuvent s'exprimer dans les deux langues. On le voit en Saskatchewan actuellement.

Michael Poplyansky, professeur adjoint, La Cité universitaire francophone

L’éducation pour raviver le français en Saskatchewan?

L’afflux d’immigrants francophones n’est pas suffisant pour pallier la perte des francophones de souche, selon Michael Poplyansky. Il a constaté pendant des ateliers sur l'offre active en santé que les étudiants les plus motivés étaient ceux qui étaient originaires de l’Afrique francophone. On voyait que, pour eux, la langue c'était quelque chose d'existentiel, parce que leur anglais n'était pas encore à niveau, raconte-t-il.

Depuis quelques années, les classes d’immersion suscitent aussi un engouement pour l’apprentissage du français, relève Julien Gaudet.

Monsieur Poplyansky relativise cependant. Selon lui, certains parents placent leurs enfants dans ces écoles, car elles ont la réputation d’offrir un enseignement de qualité, et non pas pour que leurs enfants apprennent le français.

Avec les informations de Karel Houde-Hébert et Thilelli Chouikrat

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