•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Éoliennes : « Bathurst a eu peur des opposants », selon Naveco Power

Plusieurs résidents de la région d'Anse-Bleue ont exprimé leur colère, lundi, devant l'hôtel de Ville de Bathurst.

Plusieurs résidents de la région d'Anse-Bleue ont exprimé leur colère, lundi, devant l'hôtel de Ville de Bathurst.

Photo : Radio-Canada / René Landry

René Landry

Si la Ville de Bathurst s'est retirée du projet de parc éolien à Anse-Bleue, c'est parce qu'elle a été « effrayée par les opposants », selon Amit Virmani, PDG de Naveco Power.

Lundi, en réunion extraordinaire, les élus de Bathurst ont retiré leur demande de prêt d'un peu plus de 20 millions de dollars à la province, qui devait permettre à cette municipalité d'être le principal partenaire financier du projet de parc éolien à Anse-Bleue.

Le conseil municipal considère que l'aventure du parc éolien est devenue beaucoup moins alléchante, au fil du temps, au plan financier.

Paolo Fongemie, maire de Bathurst

Paolo Fongemie, maire de Bathurst

Photo : Radio-Canada / François Lejeune

L'ex-partenaire de Bathurst, l'entreprise Naveco Power, de Fredericton, doit maintenant se trouver un nouvel allié pour réaliser le projet. Le projet est toujours rentable, assure le PDG de Naveco Power, Amit Virmani.

Bathurst n'aurait pas travaillé trois ans sur ce projet si ce n'était pas rentable. Je suis certain qu'ils ont été effrayés par les opposants.

Amit Virmani, PDG de Naveco Power

Les mauvaises informations ont effrayé Bathurst plus qu'autre chose. Il y a quelques semaines, le maire disait que c'était un bon projet. Et que même si les choses tournaient mal, Bathurst ne perdrait pas d'argent. C'est toujours le cas.

Amit Virmani, PDG de l'entreprise Naveco Power de Fredericton

Amit Virmani, PDG de l'entreprise Naveco Power de Fredericton

Photo : Naveco Power

Amit Virmani admet qu'il a été à la fois surpris et déçu par la décision de la Ville de Bathurst.

Il indique que Naveco avait soumis trois propositions à Énergie Nouveau-Brunswick pour le site d'Anse-Bleue. Outre Bathurst, l'une d'elles avait le Village de Bertrand comme partenaire, puis, une autre, une coopérative. Énergie Nouveau-Brunswick a choisi le projet qui incluait la Ville de Bathurst comme partenaire principal.

On va vérifier s'il y a toujours un intérêt chez les deux autres, fait savoir le PDG de Naveco. Il y a un conseil de bande des Premières nations et quelques autres communautés qui sont intéressées. Nous souhaitons tenir des rencontres et des discussions.

Sinon, on a entendu que d'autres sont intéressés au Nouveau-Brunswick et veulent que ce projet réussisse

Amit Virmani, PDG de Naveco Power

Quels bénéfices pour Anse-Bleue?

Puisqu'il s'agit d'un projet à vocation communautaire, à quelles sortes de bénéfices les résidents d'Anse-Bleue, Village-des-Poirier, Dugas et des environs seraient-ils en droit de s'attendre?

On attendait d'avoir des nouvelles de la demande de prêt de Bathurst avant de se compromettre, affirme Amit Virmani. C'est pour cette raison qu'on ne parlait pas des bénéfices communautaires. On ne pouvait pas le faire avant de savoir exactement combien de fonds seraient injectés.

Des opposants d'Anse-Bleue ont tenu à assister en direct au retrait officiel de la Ville de Bathurst, lundi soir.

Des opposants d'Anse-Bleue ont tenu à assister, en direct, au retrait officiel de la Ville de Bathurst, lundi soir.

Photo : Radio-Canada / François Lejeune

Naveco doit en principe tenir une réunion publique d'information à Anse-Bleue, en janvier. L'entreprise pourra-t-elle alors en dire davantage sur les possibles redevances à la communauté? Je pourrai le faire jusqu'à un certain point, avance le PDG de Naveco.

On ne veut pas tout promettre et ensuite offrir peu.

Amit Virmani, PDG de Naveco Power

J'essaie d'être différent des autres entrepreneurs. Certains vont dans des communautés et promettent des chiffres exacts de ce qu'ils vont donner à la communauté, puis doivent ensuite réduire le montant parce qu'ils ne peuvent réaliser les rêves et les ambitions. On tente d'attendre et de savoir exactement ce qui peut être offert.

La bataille de l'opinion publique

Un regroupement d'opposants au parc éolien, à Anse-Bleue, affirme que 85 % de la population de cette région s'oppose au projet, pétition à l'appui.

Amit Virmani, lui, affirme qu'une poignée d'opposants au projet répand de fausses informations. Ainsi, il croit pouvoir remporter la bataille pour la faveur de l'opinion publique.

C'est dommage qu'un petit groupe de personnes qui n'aiment pas le changement aient été capables de faire tellement de bruit et de rendre difficile un projet vert et écologique d'être construit.

Amit Virmani, PDG de Naveco Powe

Il y avait de l'intérêt, en 2017, même de la part de Grande-Anse et d'autres communautés. De mauvaises informations circulent, par exemple, au sujet du bruit ou de la distance des éoliennes. Ou encore que nos turbines sont remplies d'huile, ce qui n'est pas le cas.

On achète des turbines plus dispendieuses qui ne nécessitent pas de changements d'huile. On vérifie toutes les propriétés pour trouver toutes les terres humides dont le gouvernement ignore l'existence. Les terres qui seront utilisées sont déjà coupées à blanc.

Le projet de parc éolien Chaleur Ventus suscite la controverse depuis plusieurs semaines.

Le projet de parc éolien Chaleur Ventus suscite la controverse depuis plusieurs semaines.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Il indique que la maison la plus proche d'une éolienne serait à 550 mètres de distance.

Il reconnaît, cependant, que les éoliennes seraient plus imposantes que celles qui se trouvent à Lamèque. Mais, ça signifie qu'il y en a moins et qu'elles sont plus efficaces. Naveco envisage de faire construire ses éoliennes par l'entreprise allemande Enercon.

Amit Virmani ne croit pas qu'il sera en mesure de faire changer d'avis ceux qui sont les plus farouchement opposés au parc éolien.

Plusieurs millions de dollars

Des projets d'une telle envergure, qui nécessitent plusieurs millions de dollars, sont parfois financés par de très grandes institutions financières à l'échelle mondiale. En plus d'un partenaire solide, Naveco va devoir être appuyée à ce chapitre.

Amit Virmani indique que son entreprise fait affaire avec UNI Coopération financière, à Fredericton et à Grande-Anse pour les opérations quotidiennes. Il n'exclut pas une éventuelle collaboration avec l'institution acadienne pour financer le projet d'Anse-Bleue.

L'enseigne d'UNI Coopération financière sur l'édifice.

Le siège social d'UNI Coopération financière est à Caraquet, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

C'est peut-être un peu gros pour eux, dit-il. Mais, ils ont montré de l'intérêt. C'est une banque. Si le prix est bon, faisons affaire avec des entreprises du Nouveau-Brunswick le plus possible. Je ne les exclus certainement pas.

Le fondateur de Naveco Power s'est fait prier pendant plusieurs semaines avant de finalement accorder une entrevue au sujet du projet à Anse-Bleue. Il a accepté de parler, le lendemain même que la Ville de Bathurst a annoncé qu'elle retirait ses billes.

Amit Virmani assure, en conclusion, qu'on n'a aucun intérêt à proposer un parc éolien dont nous ne serions pas nous-mêmes à l'aise de vivre tout près.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouveau-Brunswick

Énergies renouvelables