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Une première infirmière diplômée en France à l'hôpital de Chicoutimi

Portrait de l'infirmière Mélanie Gastaut

Mélanie Gastaut est la première infirmière clinicienne française à avoir franchi avec succès toutes les étapes pour pratiquer à l'hôpital de Chicoutimi.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Priscilla Plamondon Lalancette

Au terme de démarches fastidieuses qui ont duré près d'un an, une première infirmière clinicienne diplômée de France vient d'obtenir son permis pour pratiquer à l'hôpital de Chicoutimi. En choisissant de demeurer en région, Mélanie Gastaut a pavé la voie aux futures professionnelles de l'Hexagone qui opteront pour une carrière au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Tout a débuté en décembre 2018, lorsque le conjoint de Mélanie Gastaut a été recruté par une entreprise de transport saguenéenne. Le Groupe Alfred Boivin a convaincu le mécanicien spécialisé en poids lourds d'immigrer au Saguenay lors des Journées Québec en France. Mélanie Gastaut a aussitôt contacté l'Ordre des infirmiers et infirmières du Québec (OIIQ) pour faire reconnaître ses qualifications professionnelles et obtenir son droit d'exercer dans la Belle Province.

L'infirmière sourit à une patiente en lui faisant une prise de sang.

Depuis février 2014, le diplôme d'État d'infirmier délivré par la France est reconnu par le gouvernement du Québec au même titre que le baccalauréat en sciences infirmières.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Ça a été très compliqué. Je ne pensais pas que ça allait être aussi intense. Il y avait vraiment beaucoup de papiers à remplir. Il y a aussi un coût pour cette démarche de près de 2000 $, mais ce n'est pas insurmontable.

Mélanie Gastaut, infirmière clinicienne

Le couple a déménagé de l'autre côté de l'Atlantique en février 2019. L'hôpital de Chicoutimi, qui recrutait activement, a tout de suite sauté sur l'occasion, même si les gestionnaires ne connaissaient pas encore la marche à suivre. Ils se sont inspirés du CISSS de Chaudière-Appalaches qui avait déjà accueilli des infirmières françaises.

L'infirmière marche dans un corridor avec une machine pour prendre la pression artérielle.

La Saguenéenne d'adoption a reçu son permis d'exercice de l'Ordre des infirmières du Québec en octobre 2019.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

La démarche est assez complexe, assez lourde. Mélanie était prête. Elle avait tous ses papiers en main. C'est ce qui a facilité le processus, soutient Catherine Larouche, chef de service pour les infirmières praticiennes spécialisées.

En juin, l'infirmière clinicienne, qui pratiquait depuis 7 ans sur le Vieux Continent, était embauchée. Malgré son expérience dans un hôpital français, au privé et à son propre compte dans un cabinet infirmier, elle a dû amorcer sa carrière québécoise au bas de l'échelle, avec un stage d'adaptation de 75 jours. À l'unité de soins en pneumologie, elle est devenue un exemple de persévérance.

J'ai vraiment dû tout réapprendre à zéro : le nom des médicaments, le nom des médecins, des structures, etc.

Mélanie Gastaut, infirmière clinicienne

Il y avait vraiment une fierté d'accueillir notre première infirmière française au CIUSSS. Tout le monde a mis la main à la pâte pour que ce soit une réussite.

Émilie Côté, chef de service neurologie, pneumologie, AVC

Le défi était de taille, mais la Saguenéenne d'adoption a choisi d'aller jusqu'au bout. J'ai eu une tutrice de stage qui m'a vraiment aidée, qui m'a toujours encouragée dans les moments où ce n'était pas facile, où j'allais flancher. Mais vraiment toute l'équipe m'a poussée vers le haut, explique Mélanie Gastaut.

Elle a découvert certains avantages à pratiquer au Québec, comme l'auscultation à l'aide d'un stéthoscope qui est permise pour les infirmières cliniciennes. J'ai appris à avoir une autre approche du patient et m'impliquer davantage avec mon jugement clinique, ajoute-t-elle.

L'infirmière discute du dossier d'un patient avec une collègue.

L'infirmière originaire d'Alsace s'est très bien intégrée à son nouveau milieu de travail.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Après avoir réussi son stage haut la main à la fin octobre, l'OIIQ lui a finalement délivré son permis d'exercice d'infirmière clinicienne, soit l'équivalent des infirmières possédant un baccalauréat au Québec.

Elle fait partie intégrante de l'équipe et on souhaite qu'elle reste avec nous très longtemps.

Émilie Côté, chef de service neurologie, pneumologie, AVC

Alors que les besoins en main-d'œuvre sont criants, Mélanie Gastaut fait office de pionnière au CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean. Forts du succès de son intégration, les gestionnaires espèrent maintenant recruter d'autres infirmières diplômées de France.

Mélanie a tracé le chemin pour que l'expérience se répète dans le futur.

Catherine Larouche, chef de service pour les infirmières praticiennes spécialisées

La nouvelle employée prodigue ce conseil à celles qui suivront ses traces : La montagne paraît impressionnante au début mais en fait, il faut y aller étape par étape. Si on vient ici au Québec, c'est pour commencer une nouvelle vie et il faut se donner les moyens d'y arriver. L'expérience en vaut le coup, donc il faut persévérer.

Contrairement à la majorité des infirmières françaises, qui optent pour une pratique à Montréal ou à Québec, Mélanie Gastaut entend demeurer dans la région, qui lui rappelle son Alsace natale.

Au Saguenay, c'est comme un cocon. On aime beaucoup la proximité de la nature et des commerces. Ça ressemble à ce qu'on avait en France, donc on s'est reconnu ici.

Mélanie Gastaut, infirmière clinicienne

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