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Toronto ne financera pas les services d'emploi de La Passerelle-I.D.É. l'an prochain

L’Ontario a déjà sabré le financement de l’organisme franco-torontois, qui est visé par des allégations de mauvaise gestion de fonds publics.

Deux personnes.

Le maire de Toronto John Tory et la directrice de La Passerelle-I.D.É. Léonie Tchatat

Photo : Radio-Canada

Natasha MacDonald-Dupuis

L’organisme à but non lucratif La Passerelle-I.D.É., qui est voué à l’accueil de nouveaux arrivants francophones à Toronto, subit une autre perte de revenus dans la foulée d’allégations de mauvaise gestion de fonds publics à son endroit.

La Ville de Toronto, qui a versé plus d’un demi-million de dollars à La Passerelle-I.D.É. depuis cinq ans pour ses programmes d’aide à l’emploi, a décidé de ne pas renouveler ce financement pour l’année prochaine.

La soumission de La Passerelle-I.D.É. ne répondait pas aux exigences, de sorte qu’elle a été disqualifiée du processus d’appel d’offres.

Natasha Hinds Fitzsimmons, porte-parole de la Ville de Toronto

Sur 90 organismes soumissionnaires, 6 ont été disqualifiés, dont La Passerelle I.D.É. Le comité des appels d’offres a choisi de financer un autre organisme francophone : le Centre francophone du Grand Toronto. La porte-parole de la Ville n’a pas donné plus de détails.

Toronto finançait en partie le programme Tremplin Emploi de La Passerelle-I.D.É., dont les résultats auraient été gonflés, selon une enquête de Radio-Canada publiée en mai.

Cette décision de la Ville risque de fragiliser davantage la santé financière de l’organisme. La Passerelle-I.D.É. a déjà perdu plus d’un million de dollars en subventions provinciales en juin et a dû rembourser 105 000 $ à l’Ontario le mois dernier.

Les subventions provinciales et municipales représentaient 56 % du budget de fonctionnement de La Passerelle-I.D.É. pour l’exercice financier 2018-2019.

Léonie Tchatat, qui a fondé et qui dirige La Passerelle-I.D.É. depuis plus de 20 ans, n’a pas répondu à notre demande d’entrevue.

Après publication de cet article, La Passerelle-I.D.É. a réagit sur Facebook en disant que son «  financement régulier n'a pas été interrompu  ». Selon la ville, La Passerelle-I.D.É. continue en effet de recevoir du financement pour des ateliers de cuisine communautaires. En 2019, l'organisme a reçu un peu plus de 5000 $ pour ce programme.

Audits fédéraux

De leur côté, les bailleurs de fonds fédéraux disent avoir terminé leurs propres audits, mais n’ont pas annoncé de nouvelles mesures pour l’instant.

Le ministère de la Sécurité publique avait lancé le sien à la suite d’une enquête du Toronto Star qui soutient que La Passerelle-I.D.É. aurait créé un programme « fictif » pour aider les prostituées et indiquait prendre ces allégations très au sérieux.

Des représentants ministériels évaluent actuellement les résultats de cet audit, a indiqué lundi la porte-parole Karine Martel.

Léonie Tchatat, son mari Guy Taffo et La Passerelle-I.D.É. ont intenté une poursuite pour diffamation contre le Star relativement à cette enquête.

La ministre Mélanie Jolie en compagnie de la directrice de l'organisme Passerelle-IDE Léonie Tchatat et du directeur artistique du TFT Joël Beddows.

Mélanie Joly, alors ministre du Patrimoine, en compagnie de Léonie Tchatat en 2017.

Photo : Radio-Canada / Katherine Brulotte

Pour sa part, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a suspendu officiellement son entente de financement avec La Passerelle-I.D.É. le mois dernier à la suite de son audit.

Selon Ottawa, l’organisme de Léonie Tchatat aurait fait des dépenses inadmissibles avec du financement destiné à la prévention du VIH auprès des immigrants francophones et le projet n’aurait pas répondu aux attentes.

Santé publique Canada lui avait accordé jusqu’à la fin novembre pour prouver sa capacité de corriger ces écarts, sans quoi l'agence pourrait exiger un remboursement. Contactée mardi par Radio-Canada, une porte-parole de l'ASPC n'a pas été en mesure d'offrir une mise à jour du dossier.

Radio-Canada révélait d’ailleurs récemment que l’application iSanté de La Passerelle-I.D.É., lancée en 2016 grâce à ces fonds fédéraux, comprend du contenu promotionnel qui n’a rien à voir avec le VIH.

Autres audits

En novembre, la Fondation Trillium de l’Ontario disait attendre des informations supplémentaires de la part de la province avant de conclure son propre audit. Ce processus est toujours en cours, a indiqué mardi sa porte-parole Marzena Gersho.

La Fondation Trillium, qui est financée par le gouvernement de l’Ontario, a versé plus de 2,1 millions de dollars à La Passerelle-I.D.É. depuis 20 ans pour l'aide à l'emploi, mais aussi pour de l’équipement et l’aménagement de bureaux.

Une dame devant un ordinateur.

La directrice de La Passerelle-I.D.É., Léonie Tchatat

Photo : Radio-Canada

Le mois dernier, Centraide Toronto disait pour sa part effectuer des vérifications additionnelles sur son entente de financement avec La Passerelle-I.D.É., à la lumière de l’audit fédéral sur le financement des projets de prévention du VIH.

Cet article et son titre ont été mis à jour pour préciser qu'un autre financement d’un peu plus de 5000 $ octroyé à la Passerelle-I.D.É. par la Ville de Toronto n'est pas concerné par cette annonce

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