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Une première ville canadienne impose des caméras sur tous les autobus scolaires

Une caméra sur un autobus scolaire.

Bus patrouille dit être en pourparlers avec au moins six villes et consortiums de transport scolaire en Ontario pour leur offrir la technologie.

Photo : BusPatrouille

Caroline Bourdua

Les 19 autobus scolaires qui circulent dans la Ville de Mattawa seront désormais dotés de caméras pour capter des images des automobilistes qui poursuivent leur route lorsque l'autobus est immobilisé et que ses feux clignotent.

Selon l’entente conclue lundi entre le conseil municipal et Bus patrouille, le programme gratuit fait de cette ville du Nord-Est de l’Ontario la première à bénéficier des services de l'organisme.

Le fait que Mattawa soit la première ville à se joindre à ce programme de surveillance prend une signification particulière parce qu'il y a une vingtaine d’années, c’est dans cette communauté que le petit Adam Ranger a été happé mortellement par un camionneur qui ne s’était pas immobilisé aux feux clignotants de l’autobus scolaire.

Un homme à côté d’une caméra vidéo installée sur un autobus scolaire.

La compagnie de Jean Soulière participe activement à la campagne Souvenons-nous d’Adam, ce jeune garçon de 5 ans tué le 11 février 2000 par un camion qui ne s’était pas arrêté aux feux clignotants de l’autobus scolaire.

Photo : Jean Soulière

C’est à travers la technologie des caméras vidéo et de l’intelligence artificielle que nous sommes capables d’identifier les véhicules qui dépassent illégalement les autobus scolaires, explique Jean Soulière, le PDG de Bus patrouille.

Les vidéos sont ensuite transmises aux chauffeurs d’autobus qui portent plainte.

Les policiers peuvent les utiliser comme élément de preuve pour inculper un conducteur fautif devant les tribunaux.

Technologie abordable

Des autobus scolaires sont déjà dotés de caméras, mais pour une raison de coûts, certains projets pilotes n’ont pu se poursuivre.

La technologie, comme celle utilisée par Bus patrouille, n’était pas disponible.

Elle l’est devenue plus tard, mais elle n’était pas abordable dans des régions comme Mattawa.

Une petite fille se dirige vers son autobus scolaire en pleine tempête de neige.

Bus patrouille souhaite implanter sa technologie partout au Canada.

Photo : The Associated Press / Robert Kirkham

M. Soulière offre tout à fait gratuitement la technologie de Bus patrouille aux municipalités et aux entreprises d’autobus scolaires.

Maintenant, avec les systèmes infonuagiques notamment, nous avons les capacités technologiques pour régler les problèmes partout sur la planète, dit-il. Comme entreprise, nous avons pris la décision de nous concentrer sur la sécurité et non l’argent. Ce n’est pas une question de volume de trafic qui détermine où l’on va implanter le système et qui pourra l’utiliser.

M. Soulière indique que le programme Bus patrouille est financé par les contraventions.

95 % des personnes qui voient la vidéo paient la contravention directement sur la plateforme de Bus patrouille, et les sommes perçues sont redirigées vers les municipalités.

Jean Soulière, PDG, Bus patrouille

Aucune somme ne sera réclamée aux villes, aux écoles et consortiums de transport scolaire, dit M. Soulière. On serait prêt à déployer sur les 50 000 autobus scolaires au Canada et de payer ce déploiement pour que nos enfants se sentent en sécurité quand ils vont à l’école.

Il explique que, dans les essais ontariens, la technologie a enregistré près d’une contravention par autobus par jour.

Alors, si l’on regarde 16 000 autobus scolaires en Ontario, on imagine d’abord l’envergure du problème, et la seule façon de changer le comportement de conducteurs, c’est de frapper leur poche avec une contravention de 400 $.

Jean Soulière

Le gouvernement ontarien n’a pas voulu rendre obligatoire l’installation de caméras de surveillance sur les autobus scolaires. Mais il a modifié la loi pour faciliter l’admission de vidéos en cour et en n’obligeant pas les conducteurs d’autobus à venir témoigner.

Prochaines ententes

Selon Robert Soulière, 2020 sera une année marquante, car il semble que plusieurs municipalités et consortiums de transport scolaire soient sur le point de signer des ententes similaires à celle de Mattawa.

C’est beaucoup plus qu’émettre une contravention, dit M. Soulière.

Le programme, qui existe aux États-Unis, a permis aux villes d’agir de façon proactive, en modifiant par exemple certains trajets en raison d'une circulation trop dense, de la visibilité des autobus scolaires à certains carrefours ou encore du nombre d’enfants qui traversent la rue à un même endroit.

Après cinq années de travail, au moins six municipalités et régions sont en pourparlers avec Bus patrouille : Sudbury, North Bay, et les régions de Peel, de Dufferin, de Durham et de Hamilton.

C’est un partenariat public-privé entre Bus patrouille, les villes, les consortiums de transport scolaire, les conseils scolaires et les services policiers, conclut M. Soulière.

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