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  • Le torchon brûle depuis des années entre défenseurs et détracteurs du foie gras

    Un groupe de canards pris sur le vif dans un champ d'herbe.

    L'élevage du canard pour fabriquer du fois gras est condamné par une partie de la population.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada
    Mis à jour le 

    Garantie d'extase gastronomique ou acte barbare qu’il faudrait bannir? Le foie gras fait l’objet d’une âpre controverse.

    Une industrie contestée par les lobbys du bien-être animal

    Après les chasseurs de phoques, au tour des producteurs de foie gras de subir les foudres de groupes de défense des animaux.

    Claudine Bourbonnais

    Le foie gras est simultanément objet de gourmandise et de condamnation. S’agit-il d’un trésor de la gastronomie ou, au contraire, un acte cruel à l’encontre d’animaux sans défense?

    Il est difficile de concilier les objectifs des amateurs et des détracteurs du foie gras.

    C’est ce qu’a constaté le journaliste Gilbert Bégin alors qu’il est allé à la plus grande ferme d’élevage de canards du Canada et l’usine de transformation en Amérique du nord.

    De cette visite, Gilbert Bégin nous a rapporté un reportage pour l’émission La semaine verte dont un extrait adapté est présenté au Téléjournal/Midi du 24 octobre 2009.

    La ferme et l’usine visitées appartiennent à l’entreprise française Rougié.

    Pour Rougié, les installations du Québec sont importantes car elles constituent dans ses plans un tremplin pour la vente de leurs foies gras en Amérique du nord.

    Mais ces ambitions sont quelque peu contrariées par un nouveau contexte sur le continent nord-américain.

    Benoît Cuchet, représentant de Rougié, concède que les ventes de foie gras ont diminué de 25% en un an aux États-Unis.

    Si la crise économique fait baisser les ventes, les pressions exercées pour bannir le foie gras par les lobbys défendant le bien-être animal y contribuent aussi pour beaucoup.

    L’état de la Californie a décidé de bannir le foie gras à partir de 2012.

    D’autres villes américaines, comme Austin au Texas et Philadelphie, ont plié face au lobby animaliste.

    Pour rassurer l’opinion publique, Rougié a opté pour quelques concessions.

    Par exemple, le diamètre des tuyaux de gavage insérés dans les œsophages des canards est diminué.

    Quant aux cages individuelles utilisées lors de l’étape du gavage, Rougié entend les remplacer par des parcs collectifs.

    De l’autre côté de l’Atlantique, l’Union européenne a ordonné d’éliminer les cages individuelles dès 2015.

    En 2009, le Québec n’avait aucune réglementation à ce sujet.

    Mais ne vous leurrez pas. Pour Rougié, ces gestes ne relèvent que de la symbolique.

    Selon l’entreprise, les plus gros tuyaux de gavage utilisés ne blessent pas les bêtes. Par ailleurs, les parcs collectifs comportent d’autres problèmes.

    Éviter la cruauté animale

    En 2006, l’émission L’épicerie avait décelé une nouvelle tendance chez les consommateurs.

    On parle ici de la philosophie animaliste qui tient compte des conditions d’élevage des animaux et qui pourfend la cruauté animale.

    Le coanimateur de L’épicerie Denis Gagné a présenté un reportage le 25 octobre 2006 qui illustre l’impact de la philosophie animaliste dans le monde de la restauration et de l’alimentation.

    Il s’est rendu à Chicago, troisième pôle gastronomique des États-Unis.

    Dans cette ville, des politiciens locaux ont banni le foie gras parce que leurs croyances religieuses leur interdisent de faire souffrir toute créature de Dieu.

    Cette décision n’a pas fait l’affaire de plusieurs restaurateurs de même que de l’Association des restaurateurs de l’état de l'Illinois où se trouve la ville de Chicago.

    Par contre, une importante bannière de la vente au détail alimentaire américaine, Whole Foods Markets, a décidé de ne proposer que des plats de foies de canards qui n’ont pas été gavés.

    C’est dans ce même esprit que Whole Foods Markets n'offre plus de homards ou de crabes vivants dans ses épiceries.

    La vente des viandes doit aussi prendre en considération le bien-être des bêtes.

    Condition essentielle pour que leurs viandes soient vendues dans les magasins de Whole Foods Markets, les porcs, les bœufs et les vaches doivent pouvoir accéder à l’extérieur les deux tiers de leurs vies.

    La conception animaliste gagne du terrain.

    Un exemple récent nous est venu du conseil municipal de New York qui, le 31 octobre 2019, a adopté un texte qui bannit le foie gras dans la métropole américaine.

    Cette interdiction sera appliquée en 2022.

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