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L’isolement et la solitude néfastes pour la santé

Un adolescent appuyé contre une clôture.

Malgré leur présence sur les réseaux sociaux, de plus en plus de jeunes n'ont pas de relations en face à face.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Un Canadien sur cinq se sent seul. Et lorsque cette solitude se mue en isolement social non voulu, les répercussions sur la santé peuvent être très préoccupantes, selon des médecins.

Le sujet fait l’objet d’un sommet, qui a pour nom Social Summit: From Isolation to Connection, dans la grande région d’Edmonton, lundi et mardi. L’un des intervenants, Richard Lewanczuck, travaille auprès de Services de santé Alberta. Selon lui, les facteurs sociaux contribuent à environ 80 % de la santé d’un individu. Il insiste donc sur le rôle prépondérant de la communauté sur cette dernière.

Nous essayons d’aider les gens à comprendre que la santé est conditionnée par la situation sociale et communautaire d’un individu, plus que par la profusion du nombre de médecins et d'hôpitaux.

Richard Lewanczuck, Services de santé Alberta

En réalisant une étude sur la région d’Edmonton récemment, l'équipe du Dr Lewanczuck a découvert que l’isolement, contrairement aux maladies, était le facteur de risque principal pouvant conduire une personne âgée à l'hôpital. AInsi, selon les statistiques, une personne âgée sur quatre dit qu’elle n’a pas d’amis proches et qu’elle n’a personne sur qui compter si elle venait à tomber malade.

Il existe bel et bien un lien biologique entre l'appartenance sociale et la santé, selon le Dr Lewanczuck. Cela peut se traduire par un impact sur les systèmes immunitaire et hormonal. Le cerveau peut lui aussi être touché : des personnes qui ont un fort sentiment d’appartenance sociale ont moins de risques de souffrir de dépression ou d’anxiété.

L’isolement peut causer autant de dégâts que fumer la moitié d’un paquet de cigarettes par jour.

Richard Lewanczuck, Services de santé Alberta

La solitude chez les jeunes aussi

Une tendance se dessine actuellement : une proportion plus importante de jeunes personnes disent se sentir seules, comparativement aux personnes âgées.

Selon le Dr Lewanczuck, les jeunes qui sont les plus touchés sont ceux qui utilisent beaucoup la communication numérique, notamment à travers les médias sociaux. Ces jeunes n’ont pas de relation en face en face.

Skye a 15 ans et plus de 1000 abonnés sur Instagram. Pourtant, elle dit avoir très peu d'interactions sociales dans la vie, préférant lire ses messages. Elle avoue généralement passer du temps à la bibliothèque de son école pour discuter, lire, faire ses devoirs et, parfois, jouer avec son téléphone.

Quant à Hayden, qui va dans une école différente, il avoue que sa sociabilité est liée à sa présence sur les réseaux sociaux :C’est en général là que j’ai l'habitude de parler avec des gens.

Alors, faut-il voir l’isolement social comme la nouvelle épidémie du 21e siècle? C’est un peu paradoxal selon le Dr Lewanczuck, car les jeunes reconnaissent que les médias sociaux les empêchent d'avoir de vraies relations en face à face, et cela ne leur plaît pas. En revanche, ils ne veulent pas arrêter de les utiliser par peur de se sentir isolés. Ce qui laisse apparaître un autre problème : Ne pas aimer faire quelque chose, mais se sentir forcé de le faire est la définition de la dépendance, conclut le Dr Lewanczuck.

Avec les informations de Nafi Alibert

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