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Le gouvernement français maintient le cap malgré le rugissement de la rue

Les manifestants tiennent des drapeaux et pancartes, dont l'une porte la mention « décapitalisme ».

Des milliers de travailleurs marchaient dans les rues de Nantes mardi.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Agence France-Presse

Les opposants à une réforme des retraites manifestaient mardi dans toute la France, où la grève se poursuit notamment dans les transports, déterminés à faire reculer le gouvernement qui s’apprête à présenter mercredi ce projet controversé.

Les journées de mardi et mercredi s’annoncent cruciales pour l’exécutif, qui n’entend pas faire marche arrière sur cette réforme, promesse de campagne du président Emmanuel Macron avant son élection en 2017, et qui semble même prêt au bras de fer.

Le premier ministre Édouard Philippe a déclaré mardi devant les députés du parti présidentiel La République en marche qu’il n’y a pas d’annonces magiques qui puissent faire cesser les manifestations.

Ce n’est pas parce que je fais un discours [mercredi midi] que les manifestations vont cesser. Ce discours va même susciter de nouvelles questions. Et c’est normal. Il y aura des questions et il y aura des débats dans l’hémicycle sur des sujets légitimes.

Édouard Philippe, premier ministre de la France, lors d’une réunion
Les deux hommes se serrent la main en souriant.

Édouard Philippe et Emmanuel Macron (Archives)

Photo : Getty Images / LOIC VENANCE/AFP

Chacun autour de la table sait ce qu’est une réforme indispensable à son pays et ce que la mener implique, a de son côté plaidé Emmanuel Macron dans la nuit de lundi à mardi.

Je n’ai pas senti une grande inquiétude, a assuré celui, qui tout juste élu, déclarait en août 2017 : La France n’est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n’ont pas réussi, car les Français détestent les réformes.

De fait, pour l’heure, la majorité des Français déclarent soutenir la grève, redoutant une précarisation des retraités après la réforme.

Ses opposants veulent amener le gouvernement à renoncer à mettre en place un système universel par points censé remplacer les 42 régimes existants, et être plus juste et équilibré financièrement.

M. Mélenchon parmi des protestataires.

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, parti de l'opposition, a participé à une manifestation à Paris, mardi.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Le transport collectif désorganisé

Mardi, les transports publics restaient très perturbés, pour le sixième jour de suite, tout comme une partie des écoles. Sept des huit raffineries du pays étaient bloquées, selon les syndicats.

Pour une pression maximale à la veille des annonces, des manifestants se rassemblaient partout en France, semblant toutefois moins nombreux que jeudi dernier, qui a vu plus de 800 000 protestataires défiler dans les rues, selon le ministère de l’Intérieur (1,5 million selon le syndicat CGT).

En région parisienne, la débrouillardise restait de mise – covoiturage, vélos et trottinettes en libre-service… – comme la patience, alors que neuf lignes de métro demeuraient closes dans la capitale, où seul un quart des bus circulaient.

Les rares trains de banlieue étaient, eux, pris d’assaut.

La veille, une scène filmée à la gare du Nord, montrant des usagers à bout de nerfs s’empoigner pour tenter de monter dans un train, a fait le tour des réseaux sociaux.

Or, la grève, entamée jeudi dernier, a été votée au moins jusqu’à mercredi, parfois jusqu’à vendredi.

Des milliers de personnes marchent dans la rue.

Des syndiqués de la CGT manifestaient à Marseille mardi.

Photo : Reuters / Jean-Paul Pelissier

Avec un quart des cheminots en grève (plus des trois quarts des conducteurs), le transport ferroviaire n’était guère plus fourni – 20 % des TGV prévus seulement –, tandis que le trafic aérien était aussi partiellement amputé notamment du fait d’une grève des contrôleurs du ciel (25 % des vols intérieurs Air France et 10 % des moyen-courriers annulés).

J’ai pris un bus pour aller travailler au lieu du train, comme depuis plusieurs jours. Ça me fait 30 minutes de trajet en plus, explique Marie-Cécile Durand, employée de bureau, qui habite en banlieue de Bordeaux.

Pour Frédéric Sève de la CFDT, seul syndicat favorable à un régime universel, l’essentiel va se jouer mercredi avec les annonces du premier ministre, auxquelles tout le monde est suspendu.

Le quotidien Les Echos de mardi croit savoir que le chef du gouvernement offrira un compromis en décalant la réforme à la génération née en 1973, voire en 1975.

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