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Cinéma : Legault tente de séduire les producteurs américains

Le premier ministre du Québec s'adresse aux médias.

François Legaut

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En tournée en Californie lundi, François Legault a rencontré d'importants acteurs de l’industrie du cinéma pour les convaincre de s’installer au Québec. Il s’est dit prêt à leur accorder « de meilleurs avantages financiers ».

Le premier ministre a ainsi rencontré les patrons de Disney, Sony, Universal et Netflix. Au terme de ce marathon de rencontres de haut niveau dans les grands studios de Hollywood, il s'est montré convaincu que le nombre de tournages étrangers effectués au Québec augmentera au cours des prochaines années.

M. Legault mise notamment sur une bonification des avantages fiscaux consentis aux producteurs. À la clé : un potentiel de dépenses de centaines de millions de dollars dans cette industrie au Québec, selon lui.

Cela dit, le gouvernement veut agir sur deux fronts : en soutien aux séries et films québécois et en soutien aux productions étrangères tournées dans la province.

Il faut plus produire au Québec. Il faut plus exporter ce qu'on produit au Québec, a-t-il fait valoir, sans fournir de détails. La ministre de la Culture Nathalie Roy planche sur ce projet.

Le premier ministre aimerait bien, par exemple, voir Netflix ouvrir un bureau à Montréal, comme c'est le cas à Toronto. Netflix vient de produire son premier film québécois : Jusqu'au déclin.

Risque-t-on de voir plus souvent Brad Pitt et Bradley Cooper arpenter les rues de Montréal, en marge du tournage de leur prochain succès aux guichets? C'est du moins ce que souhaite François Legault, soucieux de procurer une certaine stabilité d'emploi et de meilleurs salaires aux techniciens québécois qui gravitent dans cette industrie en pleine expansion.

En échange, le premier ministre serait disposé à offrir aux producteurs américains de partager une partie des retombées économiques générées par une présence accrue et stable au Québec.

Des prêts pourraient même être transformés en subventions, a dit le premier ministre, vantant son approche business.

En fonction des retombées, des vraies retombées, des vrais revenus additionnels qu'on a, on est prêts à vous en retourner une partie, a lancé M. Legault aux producteurs, plaidant pour une négociation projet par projet, entreprise par entreprise avec les producteurs étrangers.

Je pense qu'on va être les premiers à développer cette approche, a-t-il ajouté, alors que la formule répandue consiste à offrir des crédits d'impôt, sans plus.

S'ils s'engagent à s'installer au Québec au moins de trois à cinq ans et de fournir un emploi à quelques centaines de personnes, les studios pourraient en ressortir gagnants.

Il a dit que la réponse des producteurs avait été très positive et qu'il s'attendait à des suites rapidement, dans l'année qui vient.

Une industrie en croissance

Selon l’Institut de la statistique du Québec, en 2017-2018, la valeur de la production étrangère et des services de production était en hausse de 30 %. Elle a atteint 718 millions de dollars pour la province, dont 400 millions pour la seule région de Montréal.

Toutefois ces chiffres demeurent bien loin des 2 milliards générés par l’industrie du cinéma à Toronto et les 3,5 milliards à Vancouver.

L’initiative de M. Legault est vue d’un bon œil par certains acteurs de l’industrie du cinéma.

Je crois que c'est tout à fait approprié de le faire à ce moment-ci.

Pierre Moreau, PDG Bureau du cinéma et de la télévision du Québec

L’aide supplémentaire que le gouvernement veut accorder aux productions étrangère ne plaît pas à tout le monde, notamment à Hélène Messier, PDG de l’Association québécoise de la production médiatique.

Il y a cinq ans, fait-elle remarquer, le gouvernement payait deux fois plus de crédits d'impôt pour la production nationale que ce qu’il payait pour la production étrangère. Maintenant, on est rendu dans un rapport de force tout à fait inverse.

On est dans une situation où la production nationale, surtout celle de langue française, est extrêmement fragilisée.

Hélène Messier, PDG de l’Association québécoise de la production médiatique

Le milieu du cinéma craint qu'en courtisant les propriétaires de studios américains, le gouvernement du Québec ne relègue au second plan la production québécoise.

Sur la question de la pénurie de la main-d’œuvre, notamment dans le domaine des effets visuels, Pierre Moreau se montre optimiste.

Je pense que plus il y aura de volume, plus on va former la main-d’œuvre qui va être qualifiée et tout le monde va trouver son compte, dit M. Moreau.

Avec les informations de La Presse canadienne et de Maxime Bertrand

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