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La mort d’un 4e étudiant en 2019 ébranle l’Université d’Ottawa

Un panneau routier indique la direction vers le campus principal de l'Université d'Ottawa.

Quatre étudiants de l'Université d'Ottawa sont morts jusqu'à maintenant en 2019, confirme l'établissement d'enseignement.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Radio-Canada

Des étudiants demandent à l’Université d’Ottawa des actions concrètes après le suicide d’un de leurs collègues la semaine dernière. C’est la quatrième mort d'un étudiant à survenir cette année, a confirmé l'établissement d'enseignement.

À la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, la tristesse se fait sentir après le suicide survenu dans les derniers jours. Ce qui est unique avec programme de médecine, c’est que nous sommes comme une famille tissée serrée, a souligné la vice-doyenne Melissa Forgie lundi. Ça a profondément ébranlé notre Faculté.

Melissa Forgie en entrevue à la caméra devant un rideau.

Melissa Forgie, vice-doyenne de la Faculté de médecine de l'Université d'Ottawa

Photo : Radio-Canada

Vendredi, les étudiants ont reçu un bref courriel de la part du recteur, Jacques Frémont (Nouvelle fenêtre). J’encourage les membres de la population étudiante, du corps professoral et du personnel qui ont besoin de soutien en ces moments difficiles à communiquer avec l’un des services ci-dessous, pouvait-on notamment y lire.

Le ton du message a choqué Maxime Lê, un étudiant à la maîtrise en communication. Les courriels non personnalisés, très froids, c’est vraiment choquant et c’est frustrant comme étudiant de voir la personne comme un simple numéro, une simple statistique, a lancé le jeune homme.

Si l’Université nous dit de prendre soin de nous-mêmes, ça veut dire qu’elle ne va pas s’occuper de nous. Ça m’a vraiment choqué et c’est pour ça que je prends la parole aujourd’hui.

Maxime Lê, étudiant à la maîtrise en communication à l’Université d’Ottawa

Il faut améliorer l’accès aux ressources en santé mentale, croient des étudiants

Dans une déclaration écrite, la maison d’enseignement a affirmé, lundi, qu’elle a à cœur le bien-être et la santé de ses étudiants et de son personnel et veille à ce qu’ils aient accès aux services dont ils ont besoin.

L’Université a également indiqué qu’elle a ajouté huit ressources de première ligne à son Service d’appui au succès scolaire (SASS). Le SASS offre notamment des services d’entraide par les pairs, une clinique sans rendez-vous et une plateforme de thérapie en ligne.

Même s’il y a des ressources qui sont là, les ressources sont chroniquement sous-financées, a fait valoir M. Lê. Ce qui mène à une pénurie de main-d’œuvre pour aider les gens et ce qui mène à ce que les gens n’ont pas l’aide dont ils ont besoin [assez rapidement].

Maxime Lê en entrevue devant une fenêtre.

Maxime Lê, un étudiant de l'Université d'Ottawa, est particulièrement choqué par le ton de la direction par rapport au suicide d'un étudiant.

Photo : CBC/Matthew Kupfer

Le Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa partage lui aussi les revendications de Maxime Lê. On est des étudiants, on paye déjà cher pour aller à l’Université, puis là, il faut payer cher si on veut de l’aide tout de suite, il faut aller au privé, a martelé la commissaire aux affaires francophones du Syndicat, Natasha Lyne Roy.

L’Université d'Ottawa, de son côté, ne juge pas que les délais d’attente pour accéder à ses services d’aide psychologiques sont trop importants.

Au sein de notre service de counselling à l’Université d’Ottawa, ça ne prend pas des mois. On a un drop in, même journée, un étudiant en situation de crise peut être vu par un de nos conseillers professionnels, a rétorqué Michel Guilbault, vice-recteur associé aux services aux étudiants.

Avec une vingtaine d’intervenants pour plus de 40 000 étudiants, il peut cependant être difficile de répondre à tous les besoins. Il y a une situation très alarmante auprès des jeunes de notre société, on n’est pas [immunisés contre] ces réalités-là, a reconnu M. Guilbault.

Le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes de 15 à 29 ans.

Besoin d'aide pour vous ou un proche?

  • TAO Tel-Aide : 819 775-3223 (Gatineau) ou 613 741-6433 (Ottawa)
  • Ligne de crise en santé mentale d'Ottawa : 613 722-6914
  • Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (277-3553).
  • Sur le web : comment parler du suicide (Nouvelle fenêtre)

Avec les informations de Yasmine Mehdi

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Santé mentale