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Jason Kenney défend la volonté de l'Alberta de vendre son pétrole à l'international

Entretien avec Jason Kenney

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À la veille de sa rencontre avec Justin Trudeau à Ottawa, Jason Kenney a plaidé, en entrevue avec Patrice Roy, pour une nouvelle entente fédérale sur les compétences des provinces et des modifications au programme de stabilisation fiscale. C’est d’ailleurs deux demandes qu’il compte formuler au premier ministre canadien.

Dans une entrevue accordée lundi sur les ondes de RDI, M. Kenney a en outre soutenu que sa demande d'accès aux marchés internationaux s’inscrit dans les compétences des provinces.

Nous voulons une entente juste dans la fédération, un respect de la Constitution et le champ de compétence des provinces. Et la capacité à vendre nos ressources naturelles aux marchés internationaux.

Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

Selon lui, le projet de loi C-69, portant sur l’évaluation environnementale des projets énergétiques, est une ingérence totale dans les compétences des provinces.

Nous vivons depuis cinq ans une crise économique, de chômage inacceptable pour une province qui a contribué avec plus de 600 milliards de dollars au reste de la fédération depuis 1960, a soutenu M. Kenney.

M. Kenney réclame entre autres des modifications au programme de stabilisation fiscale, qui offre un appui financier aux provinces dont les revenus accusent une baisse dramatique d’une année à l’autre, et qui a reçu le soutien de Québec.

Il estime également que l’Alberta devrait moins contribuer au système fédéral de péréquation.

Les Albertains contribuent à environ 20 milliards de dollars dans le système des transferts fédéraux. Nous avons vu une chute énorme de nos revenus ces cinq dernières années. Nous voulons une baisse, peut-être 10 %, de notre contribution au reste du Canada, a-t-il indiqué.

En ce qui concerne le projet controversé de Trans Mountain, M. Kenney veut avoir l’assurance que le gouvernement fédéral ira jusqu’au bout du projet. Il reste beaucoup d’opposition, des militants vont essayer d’arrêter la construction de cet oléoduc même s’il a reçu l’approbation de toutes les cours et de toutes les agences gouvernementales. Il faut s’assurer du côté du gouvernement fédéral que le projet [soit] terminé, a-t-il souligné.

Avez-vous besoin d’un autre pipeline qui passerait par l’est du pays? lui a demandé Patrice Roy. Ça serait une décision du secteur privé, ce n’est pas le gouvernement qui va le pousser, a répondu M. Kenney, disant néanmoins souhaiter que le Québec et le Canada atlantique soient des partenaires de la prospérité.

D'après le premier ministre albertain, le Québec et les provinces maritimes ont profité énormément des transferts du système fédéral provenant du secteur énergétique de l’Alberta et de la Saskatchewan.

Selon lui, ces provinces achètent le pétrole saoudien de l’OPEP à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick […]. Je crois qu’il serait préférable pour les droits de la personne, pour l’environnement, pour la fiscalité et l’économie du Canada de remplacer le pétrole de l’OPEP par le pétrole canadien, a-t-il soutenu.

Le chef des conservateurs albertains fait ainsi écho aux propos tenus par le chef des conservateurs fédéraux Andrew Scheer, qui, en campagne, a dit à plusieurs reprises que le Québec s’approvisionne en pétrole en Arabie saoudite. Ce qui est faux, a démontré Radio-Canada, puisqu'une très large part du pétrole consommé au Québec provient du Canada et des États-Unis.

Le Québec reçoit 13 milliards en péréquation. Malheureusement, le Québec refuse de développer ses ressources comme le gaz naturel, ce qui réduit ses capacités fiscales, mais il profite du développement des mêmes ressources dans l’ouest du Canada, a ajouté M. Kenney.

J’aimerais être un allié du Québec. Historiquement, le Québec et l’Alberta étaient ensemble pour défendre les provinces. J’espère être un partenaire de prospérité. Je ne cherche pas la chicane, je cherche un terrain commun avec le gouvernement du Québec.

Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

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