•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

SNC-Lavalin : Sami Bebawi a été poussé par l'appât du gain, plaide la Couronne

Un homme en complet entouré d'un avocat et d'un policier.

Sami Bebawi entre en cour en février dernier.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La Presse canadienne

Résumant six semaines de témoignages au procès d'un ancien cadre de SNC-Lavalin accusé de fraude et de corruption, une procureure a déclaré lundi aux jurés que cette affaire d'envergure internationale était le fruit de la cupidité humaine.

Le sort de Sami Bebawi sera entre les mains du jury peu après que les procureurs fédéraux auront terminé de présenter leurs plaidoiries finales. La défense devrait plaider sa cause mardi.

Sami Bebawi, âgé de 73 ans, est jugé pour cinq accusations de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d'un agent public étranger. L'acte d'accusation initial indiquait huit chefs d'accusation, mais Sami Bebawi n'est jugé que pour cinq d'entre eux. Il a plaidé non coupable.

La poursuite soutient que SNC-Lavalin a transféré environ 113 millions de dollars à des sociétés fictives utilisées pour payer les gens qui aidaient la firme de génie montréalaise à recueillir de l'argent et à obtenir de lucratifs contrats en Libye depuis la fin des années 1990.

La Couronne prétend que Sami Bebawi a empoché 26 millions de dollars dans ce processus.

Les pots-de-vin visaient à ce que le géant montréalais du génie décroche d'importants contrats pour des travaux en Libye à l'époque de la dictature de Mouammar Kadhafi.

Le procès s'est penché sur les interactions avec le fils du dictateur, Saadi, qui a pu faciliter les relations commerciales dans ce pays. L'un des échanges de bons procédés avec le jeune Kadhafi a pris la forme d'un yacht de luxe de construction américaine - le Hokulani - acquis pour la coquette somme de 25 millions de dollars après que l'entreprise eut obtenu un contrat majeur.

« La fin justifie les moyens »

La procureure Anne-Marie Manoukian a dit aux jurés que cette affaire est celle de l'obtention de lucratifs contrats pour SNC-Lavalin dans ce qu'elle estime être la reproduction en Libye d'un « modèle d'affaires » qui a été employé dans l'Algérie voisine.

La fin justifiait les moyens, a-t-elle lancé, rappelant ainsi ce qu'avait mentionné le témoin vedette du ministère public, Riadh Ben Aissa, un autre ancien cadre de SNC-Lavalin.

Après avoir renoncé à appeler des témoins à la barre - y compris l'accusé -, les avocats de Sami Bebawi devraient présenter leurs plaidoiries finales. Me Manoukian a suggéré que la défense pourrait essayer de faire valoir que les actes présumés se seraient produits à l'insu de l'accusé.

Elle s'est alors interrogée à voix haute sur la raison pour laquelle Sami Bebawi avait reçu de nombreux courriels au sujet du stratagème, ajoutant que des témoins ont déclaré qu'il était au courant des transactions.

Riadh Ben Aissa, l'ancien subordonné de Sami Bebawi chez SNC-Lavalin, a déclaré que l'accusé lui avait dit qu'il était inacceptable d'avoir perdu des contrats en Libye et qu'il devait corriger la situation par tous les moyens.

Les jurés ont également entendu parler d'un pot-de-vin offert à Riadh Ben Aissa pour qu'il modifie son témoignage afin de corroborer celui de Sami Bebawi prétendument dans le but d'aider ce dernier à éviter les accusations.

Selon Me Manoukian, cela démontre l'attitude d'un homme qui, comme en 1999, estime que la fin justifie les moyens.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.

Procès et poursuites

Justice et faits divers