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Jusqu’à 4 ans d’attente pour soigner une cataracte

Un ophtalmologiste pratique une chirurgie de la cataracte.

Photo : iStock

Marie-Pier Bouchard
Mis à jour le 

Un total de 6534 personnes attendent un rendez-vous en ophtalmologie dans Chaudière-Appalaches. Pour les cas moins urgents, comme un problème de la cataracte, certains pourraient patienter quatre ans avant de se faire opérer.

La situation est particulièrement préoccupante à Lévis où plus de la moitié des patients qui souffrent de la cataracte n’arrivent pas à voir un ophtalmologiste dans le délai recommandé d’un an, selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches.

Ailleurs sur le territoire du CISSS, dans la majorité des cas, le délai d’un an est respecté.

Respect du délai de consultation pour un problème de la cataracte

  • Lévis : 47 % des cas
  • Thetford : 70 % des cas
  • Beauce : 73 % des cas
  • Montmagny : 100 % des cas

Source : CISSS de Chaudière-Appalaches

Ce n’est pas acceptable du tout, s’indigne Lucie Jean. À 63 ans, cette résidente de Lévis est atteinte du trouble de la cataracte et elle doit subir une opération chirurgicale.

Dirigée en ophtalmologie par son optométriste en septembre, Mme Jean a récemment appris qu’elle pourrait devoir attendre quatre ans avant de se faire opérer.

Dépassée, sidérée, mettez tous les qualificatifs que vous voulez, ce n’est pas acceptable du tout.

Lucie Jean
Une femme devant un hôpital

Lucie Jean doit subir une intervention chirurgicale de la cataracte.

Photo : Radio-Canada / Éric Careau

Mme Jean craint que son état et celui d’autres patients ne se détériorent. Mais le CISSS de Chaudière-Appalaches assure que tous les cas urgents sont pris en charge rapidement.

De manière générale, la cataracte se retrouve au dernier niveau sur l'échelle de priorité des cas en ophtalmologie, à moins qu'elle ne soit jumelée à un autre problème de santé plus grave.

Manque de médecins et de locaux

Avec le vieillissement de la population, les cas de glaucome et de cataracte augmentent. Le CISSS de Chaudière-Appalaches estime donc que 13 ophtalmologistes pour desservir l'ensemble du territoire, c'est devenu insuffisant.

L’organisation réclame d'ailleurs l’ouverture de deux nouveaux postes d’ici 2025 au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Ce qui est long, c’est d’avoir le rendez-vous avec le spécialiste. Une fois qu’on le voit, pour l’attente de la chirurgie, c’est vraiment moins pire. Le problème c'est que la demande est énorme. Le nombre n’est pas suffisant pour répondre à la demande, explique la docteure Monique St-Pierre, directrice des services professionnels aux CISSS de Chaudière-Appalaches.

Dre St-Pierre parle aussi d’un manque de locaux pour la clinique externe et d’un accès difficile au bloc opératoire pour les ophtalmologistes.

Sollicitées par plusieurs médecins de différentes spécialités, les disponibilités des salles d’opération sont de plus en plus limitées, explique-t-elle.

Une salle d’opération complètement consacrée aux ophtalmologistes est une des solutions envisagées à moyen terme pour tenter de diminuer l’attente. Un projet qui pourrait se concrétiser d’ici deux ans, selon Dre St-Pierre.

Un délai inacceptable

J’ai été très surpris par le délai d’attente qui est énorme. On sait qu’il y a de l‘attente pour être vu en ophtalmologie, mais trois à quatre ans c’est vraiment inacceptable, affirme le Dr Salim Lahoud, président de l’Association des médecins ophtalmologistes du Québec.

Depuis qu’il a été informé de la situation, il dit être en contact avec l’équipe et surveiller le tout de près.

Parmi les solutions à court terme pour alléger la liste d’attente, le Dr Lahoud propose une collaboration avec des cliniques privées qui pourraient rendre leurs salles d’opérations accessibles pour certaines opérations chirurgicales.

Un homme portant une chemise blanche et un veston bleu

Dr Salim Lahoud, président de l’Association des médecins ophtalmologistes du Québec

Photo : Radio-Canada

Dans certaines régions, ils ont fait affaire avec des cliniques où les activités chirurgicales de l'hôpital ont été déplacées vers ces cliniques. Le patient ne paie pas, ce n'est pas un système privé, mais ça permet d'augmenter le nombre de chirurgies , explique-t-il.

De l'autre côté des ponts, au Centre universitaire d’ophtalmologie (CUO) du CHU de Québec, la liste d'attente pour une consultation en vue d'une opération de la cataracte a fondu au cours de la dernière année. Le nombre de patients en attente est passé de 4084 en septembre 2018 à 2533 actuellement.

Les patients dirigés en ophtalmologie pour un problème de cataracte attendent en moyenne 353 jours pour une consultation, ce qui correspond au délai recommandé.

Depuis octobre 2018, les ophtalmologistes du CHU de Québec peuvent compter sur une sixième salle d'opération.

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