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De New York à Kiev, mais où s'en va Rudy Giuliani?

Avant de devenir l’un des acteurs clés de l’enquête en destitution de Donald Trump, il a été l’un des maires les plus populaires de New York.

Il a les bras croisés.

Rudy Giuliani

Photo : Reuters / Leah Millis

Raphaël Bouvier-Auclair

La semaine dernière, Rudy Giuliani a causé la surprise en révélant qu’il était de retour à Kiev, en Ukraine, pour faire la lumière sur la corruption dont il accuse les démocrates et l’ancien vice-président Joe Biden.

Au même moment, à Washington, le Congrès, en pleine enquête en destitution de Donald Trump, s’intéressait justement à la campagne menée par certains proches du président pour encourager le gouvernement ukrainien à déclencher des enquêtes, notamment sur le fils de Joe Biden.

De par ses déplacements et ses rencontres avec des personnalités ukrainiennes, Rudy Giuliani s’est imposé. Son nom est revenu à plus de 500 reprises dans le rapport d’enquête présenté par les démocrates.

Avant que cette affaire ukrainienne monopolise l’attention médiatique et politique, il était surtout, dans le souvenir de nombreux Américains, le maire s’étant démarqué pour avoir géré la crise qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001.

Le politicien avait même reçu le surnom d’America’s mayor, le maire des États-Unis.

Il a réussi à unir les New-Yorkais comme jamais auparavant, se souvient Elisabeth Bumiller, chef de bureau du New York Times à Washington.

Il porte un masque pour le protéger des émanations.

Rudy Giuliani dans les rues de New York, après les attentats du 11 septembre

Photo : Associated Press / ROBERT F. BUKATY

La journaliste, qui a couvert le premier mandat de Giuliani à la tête de la métropole américaine, ne s’étonne pas nécessairement de l’attitude du personnage très médiatisé qui se porte aujourd’hui à la défense du président Trump sur toutes les tribunes.

Ça surprend beaucoup de gens, mais pas moi, déclare-t-elle.

L’ancien maire n’a pas toujours eu la réputation d’être une figure rassembleuse. Avant les attentats, ses mandats à la tête de New York, de 1993 à 2001, ont été marqués par des échanges parfois acrimonieux avec certains politiciens et citoyens.

C’était un combattant. Quand on le critiquait, il répliquait. Il n’évitait jamais une bagarre en public, les conflits semblaient lui donner de l’énergie.

Elisabeth Bumiller, cheffe de bureau du New York Times à Washington

« J’en ai marre de défendre ce Rudy que je ne reconnais plus »

D’autres personnes qui ont collaboré avec le maire de New York affirment ne plus reconnaître l’homme qu’ils ont côtoyé il y a 20 ou 30 ans.

C’est le cas de son ancien attaché de presse, qui l’a accompagné dans sa première campagne électorale à la mairie, au début des années 90.

Ken Frydman explique qu’à l’époque, Rudy Giuliani, ancien procureur qui faisait du respect de la loi et de la justice une priorité, avait des standards éthiques très élevés.

Le politicien refusait par exemple que certains citoyens se prennent en photo avec lui, de peur qu’il y ait apparence de conflits d’intérêts. Sous sa gouverne, la criminalité a fortement baissé à New York. 

Selon l’ancien attaché de presse, devenu consultant en communications, il s’agit d’un contraste avec le personnage médiatique actuel, dont des associés ont été accusés d'avoir enfreint des lois électorales et qui, selon plusieurs médias, fait lui-même l’objet d’une enquête des autorités fédérales pour ses activités de lobbying à l’étranger, notamment en Ukraine.

Rudy Giuliani et Lev Parnas posent assis à une table.

L'avocat du président Trump, Rudy Giuliani, photographié en compagnie de l'homme d'affaires ukrainien Lev Parnas au Trump Hotel à Washington.

Photo : Reuters / ARAM ROSTON

J’en ai marre de défendre ce Rudy que je ne reconnais plus devant des gens qui ne savent pas qui était le Rudy que je connaissais dans les années 90. Ce Rudy-là avait nettoyé la ville et l’avait rendue plus sécuritaire. Mais personne ne veut plus en entendre parler.

Ken Frydman, ancien attaché de presse de Rudy Giuliani

Si l’avocat personnel du président répète que le but de sa campagne en Ukraine est uniquement de combattre la corruption, son ancien attaché de presse lui reproche de vouloir rester pertinent et garder une proximité avec le président des États-Unis.

Il est du mauvais côté de l’histoire et c’est décevant, ajoute Michael Steele, ancien président du Parti républicain de 2009 à 2011, qui a collaboré avec Rudy Giuliani. L’ancien maire de New York a déjà caressé des ambitions nationales au sein du parti, avec des courses infructueuses au Sénat en 2000 et à la présidence en 2008. 

Michael Steele se demande ce qui adviendra de Giuliani quand le président Trump, un ami de longue date auquel il s’est étroitement associé, ne sera plus à la Maison-Blanche.

Ils se serrent la main sur une scène.

Rudy Giuliani et Donald Trump travaillent ensemble depuis plusieurs années.

Photo : Reuters / Mike Segar

Elisabeth Bumiller, du New York Times, souligne à tout le moins la possibilité que l’ancien maire doive expliquer ses récentes activités aux autorités judiciaires du Southern District de New York, dont il a été un procureur vedette dans les années 80.

C’est assez ironique qu’il fasse l’objet d’une enquête par ce même bureau qu’il a déjà dirigé, conclut-elle. 

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