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Dopage russe : des sanctions plus symboliques que concrètes, selon Alex Harvey

Johannes Hoesflot Klaebo, Alexander Bolshunov, Alex Harvey

Alex Harvey (au centre) avait pris sa revanche sur le Russe Alexander Bolshunov (à droite) lors des finales de la Coupe du Monde, à Québec, en mars 2019.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Guillaume Piedboeuf

Les sanctions historiques contre la Russie imposées par l’Agence mondiale antidopage sont plus symboliques que pratiques, estime Alex Harvey. « J’ai de la misère à voir comment il va y avoir de vraies conséquences sur le terrain autre qu’une petite victoire politique. »

Le retraité du ski de fond était loin de crier victoire, lundi matin, quelques heures après l’annonce de l’exclusion de la Russie des deux prochains Jeux olympiques.

Quand on lit ça sur papier, c’est bien beau, mais je trouve que ça ressemble étrangement à ce qu’on avait vu pour les Jeux de PyeongChang. La Russie est bannie, mais les athlètes peuvent continuer à compétitionner et tout le monde sait que ce sont des athlètes russes même s’ils ne représentent pas le pays.

En Corée du Sud, les hockeyeurs russes avaient eux-mêmes entonné leur hymne national après leur victoire et tous les médaillés du pays ont été reçus en héros par la suite par le président Vladimir Poutine, rappelle Alex Harvey.

Certes, les athlètes russes qui désirent participer aux Jeux olympiques devront prouver leur innocence en étant testés par des pays indépendants, mais Harvey réplique que le documentaire Icarus a bien démontré que les Russes sont toujours un pas en avant des institutions antidopages.

Pour des mesures plus « draconiennes »

Tant que la population russe n’aura pas compris qu’il y a un réel problème systémique avec les athlètes et le gouvernement russes, les changements ne viendront pas, poursuit l’Olympien de Saint-Ferréol-les-Neiges.

« Pour vraiment lancer un message que c’est inacceptable, ça prend des mesures draconiennes et je n’ai pas l’impression que c’est le cas en ce moment. »

Si les athlètes peuvent continuer d’aller aux Olympiques, ce n'est pas un assez gros choc pour provoquer un vrai changement.

Alex Harvey

Ce dernier assure pourtant qu’il ne se torture pas avec sa fameuse 4e position à l’épreuve de 50 km des Jeux de PyeongChang, où deux skieurs russes l’avaient devancé. C'est plutôt pour l'intégrité du sport que le retraité continue de dénoncer publiquement le dopage russe.

Honnêtement, je ne pense pas que ma vie serait bien différente aujourd’hui si j’avais gagné une médaille en février 2018.

L'athlète canadien Charles Philibert-Thiboutot aux Jeux olympiques d'été de Rio

L'athlète canadien Charles Philibert-Thiboutot aux Jeux olympiques d'été de Rio

Photo : Reuters / Dylan Martinez

Philibert-Thiboutot satisfait

Lui aussi très vocal dans la lutte contre le dopage, l’Olympien Charles Philibert-Thiboutot ne partage pas l’avis d’Alex Harvey. Le coureur de Québec s’est dit satisfait, lundi, des sanctions annoncées contre la Russie.

Je ne suis pas surpris et je pense que c’est la bonne chose à faire.

Pour Philibert-Thiboutot, punir tous les athlètes russes aurait été la mauvaise solution parce que ce ne sont pas eux le problème.

C’est le système russe qui est corrompu jusqu’aux racines. En bannissant la Russie, on essaie de s’attaquer aux entités comme le gouvernement, les services secrets et l’Agence antidopage russe qui, dans les cinq dernières années, s’est fait donner des instructions pour réintégrer le monde du sport et a ri dans la face de la communauté internationale en continuant sa tricherie.

Le spécialiste du 1500 m estime que certains athlètes russes sont propres, particulièrement ceux qui s’entraînent à l’extérieur du pays, et qu’ils ne doivent pas écoper pour leur partie.

Laurent Dubreuil (à gauche), 2e au classement général du 500 m en 2015, derrière le Russe Pavel Kulizhnikov (au centre)

Laurent Dubreuil (à gauche), 2e au classement général du 500 m en 2015, derrière le Russe Pavel Kulizhnikov (au centre).

Photo : PC/AP / Jens Meyer

Un ménage qui s'impose

Des propos qui trouvent écho chez Robert Dubreuil, président de la Fédération de patinage de vitesse du Québec, qui croit que les athlètes russes sont eux mêmes victimes du système russe. Désormais, ils sont, de facto, tous soupçonnés de dopage.

Mais un ménage s’impose, sinon c’est le sport qui risque de perdre toute crédibilité, poursuit celui dont le fils Laurent, un patineur olympique de Lévis, a souvent été battu sur le circuit de la Coupe du Monde par le Russe Pavel Kulizhnikov, suspendu à deux reprises pour dopage.

Robert Dubreuil n’est toutefois pas convaincu que les mesures annoncées lundi suffiront. Il faudra voir comment elles seront appliquées.

L’opinion publique russe, je ne pense pas qu’elle a évolué, et je pense que le politique se sert de ça aussi.

Reste à voir maintenant si les sanctions auront un impact sur la présence des Russes sur le circuit de la Coupe du Monde, cet hiver. Il semble peu probable qu’ils se voient refuser le droit de représenter leur pays en Coupe du Monde, mais les équipes russes pourraient décider de boycotter les compétitions.

En patinage de vitesse, on va voir à la prochaine Coupe du Monde lorsque les paires vont être tirées si les Russes sont encore là.

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