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Le ministère des Forêts se veut rassurant concernant l’approvisionnement en bois

Du bois d'oeuvre

Du bois d'oeuvre (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Thomas Deshaies

Alors que certains acteurs de l’industrie forestière avaient fait savoir leurs inquiétudes quant à l’approvisionnement en bois des scieries lors du congrès de l’Association forestière de l’Abitibi-Témiscamingue (AFAT), le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) estime qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

La pénurie de bois est à nos portes, avait déclaré le professeur à l’Université Laval Luc Bouthillier en marge du congrès de l’AFAT. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a plus de forêt, mais de bois qui correspond aux attentes des industriels.

Le directeur régional de la gestion des forêts du MFFP, Imed Bouzid, se veut quant à lui rassurant. Ça fait une trentaine d’années que je suis en région, puis à mon arrivée, j’entendais déjà ce discours, à savoir qu’on coupe trop de bois, qu’on va manquer de bois, que le bois ne répond pas aux besoins des usines, puis 30 années plus tard, on a encore le même discours, affirme-t-il. L’expérience que j’ai eue ici dans les 30 dernières années nous permet de confirmer qu’on ne manque pas de bois et de rassurer ceux qui sont un peu sceptiques.

On va mettre cela au clair en partant, il n’est pas question pour nous de dire qu’on a une pénurie de bois.

Imed Bouzid, directeur régional de la gestion des forêts au MFFP

M. Bouzid admet cependant que les volumes récoltés par les industries peuvent parfois être jugés, par certains, comme insuffisants. Effectivement, il peut y avoir des volumes de bois qu’on récolte à chaque année qui ne fait pas la satisfaction de notre industrie forestière, constate-t-il.

Il précise cependant que le ministère s’efforce de répondre « aux besoins de l’industrie forestière » dans l’établissement de sa planification, notamment grâce aux tables opérationnelles qui permettent aux deux parties de discuter des enjeux. Le ministère va notamment déterminer des volumes de bois plus proches et plus éloignés des usines pour atteindre un certain équilibre. Parce que l’industrie ne veut pas nécessairement payer pour des volumes dont les coûts de transport sont exorbitants, explique-t-il.

On doit faire une planification qui tient compte d’un paquet de paramètres économiques avec les industries, des paramètres sociaux, que ce soit socialement acceptable, conclut M. Bouzid.

Le Forestier en chef abonde dans le même sens

Le Forestier en chef du Québec, Louis Pelletier, qui a pour mandat de calculer la possibilité forestière tout en assurant la préservation de la ressource sur un horizon de 150 ans, martèle que les chiffres sont sans équivoque.

Nos calculs sont basés sur la science avec des principes rigoureux, souligne-t-il. Avec le calcul de possibilité qui est en vigueur, la pérennité de la ressource est assurée.

Le Forestier en chef estime que la moitié des possibilités forestières au Québec sont jugées sans contraintes, c’est-à-dire que la récolte pourra théoriquement se faire plus facilement sans qu’il y ait par exemple un défi au niveau des dénivelés ou des enjeux de conciliation des usages.

L’Action boréale juge qu’il y a surexploitation

Le président de l’Action boréale, Henri Jacob, estime quant à lui qu’il y a « surexploitation » des forêts en Abitibi-Témiscamingue depuis plusieurs années. On a simplement fait de la récolte et très peu d’aménagement forestier. On a commencé à en faire, mais les résultats vont être dans 50 ans, 60 ans, croit-il.

Si on se promène en forêt, on a l’impression que oui, il y a beaucoup de forêt, mais ce qu’on ne voit pas, c’est que la forêt n’est pas prête à être récoltée.

Henri Jacob, président de l’Action boréale

De son point de vue, les calculs des possibilités forestières ne prennent pas suffisamment en considération les habitats fauniques. C’est la diversité biologique qui fait en sorte que les forêts sont en santé, souligne-t-il.

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Abitibi–Témiscamingue

Industrie forestière