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Colis des fêtes : Postes Canada submergée

L'augmentation des commandes passées en ligne se répercute sur les délais de livraison.

Un camion de Postes Canada et un camion de livraison de la compagnie UPS.

Postes Canada connaît des retards de livraison en raison du nombre important de colis à transporter.

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Romain Schué

Il vaut mieux ne pas être trop impatient avant de recevoir le colis que l'on voudra offrir dans les prochaines semaines, à l'occasion des fêtes de fin d'année.

Depuis la fin du mois de novembre, Postes Canada doit traiter un grand volume de colis, indique par courriel Sylvie Lapointe, porte-parole de la société fédérale.

Face à ces besoins, Postes Canada a commencé la livraison les fins de semaine dès le 9 novembre dans les grandes villes canadiennes.

Mais malgré cette action et l'embauche de personnel saisonnier additionnel, des retards sont à prévoir, reconnaît l'entreprise, qui a d'ailleurs publié un tel avertissement sur son site Internet.

Par rapport à la même période l'an passé, il y a une hausse de 35 % dans tout le pays. C'est incroyable, assure Nancy Beauchamp, directrice nationale de la région de Montréal du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP).

À Montréal, au centre de traitement Léo-Blanchette, situé dans l'arrondissement de Saint-Laurent, près de 180 camions seraient actuellement remplis de colis, en attente de livraison.

Depuis novembre, les employés qui traitent les colis et ceux qui font les livraisons font du temps supplémentaire. Ça peut faire des journées de 12 heures, résume Nancy Beauchamp, en évoquant une problématique de main-d'oeuvre et de grosses charges de travail.

S'il y a des retards, ce n'est pas parce que les gens ne veulent pas faire les livraisons. C'est une question de volume et de capacité.

Nancy Beauchamp, directrice nationale de la région de Montréal du STTP

Environ 70 facteurs ou factrices supplémentaires ont d'ailleurs été embauchés pour répondre aux besoins de la métropole, précise Alain Robitaille, président de la sélection locale de Montréal du STTP.

Selon ce dernier, Postes Canada doit aussi gérer les colis qui ne peuvent pas être livrés par des transporteurs similaires comme Purolator ou UPS.

Lorsque vous faites affaire avec Amazon, ce dernier va choisir le système de livraison qu’il va utiliser pour la livraison. Quand certains compétiteurs n’ont pas assez d’espaces pour faire le travail, ça bifurque vers Postes Canada, reprend-il.

Un bout d'emballage en carton avec un grand logo d'Amazon imprimé dessus.

Le géant du commerce en ligne Amazon est le principal client de Postes Canada, selon Nancy Beauchamp, du STTP.

Photo : Reuters

Plus d'un million de colis livrés par jour

Entre la mi-novembre et la mi-janvier, Postes Canada prévoit livrer plus de 1,4 million de colis par jour à travers le pays. En tout, cela représente près de 80 millions de colis livrés durant cette période.

Ce chiffre est en hausse constante ces dernières années. Déjà, entre 2017 et 2018, le volume total de colis avait augmenté de près de 22 %.

Alors que les Canadiens achètent en ligne plus que jamais, seul le père Noël livre plus de colis que nous.

Sylvie Lapointe, porte-parole de Postes Canada.

Chaque année, c'est de plus en plus. Maintenant, avoir des journées avec plus d'un million de colis livrés, dans toute l'année, c'est presque devenu commun, ajoute Nancy Beauchamp, tout en soulignant les bonnes conditions météorologiques.

On a de la chance, il n'y a pas eu de tempêtes de neige. Sinon, il y aurait encore d'autres enjeux, spécifie-t-elle.

Prévoir

Si vous voulez envoyer un colis standard et qu'il arrive à destination avant Noël, Postes Canada recommande de le faire avant le 11 décembre.

Panneau du centre de tri de Saint-Laurent.

Des dizaines de camions attendent au centre de tri de Postes Canada situé dans l'arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal.

Photo : Radio-Canada

Des conséquences pour les commerçants

Les clients d'Amazon - qui ouvrira en 2020 un centre d'expédition à Montréal - et des autres plateformes numériques ne sont pas les seules personnes touchées par ces retards.

Des commerces locaux, qui font appel à ces sites en ligne pour commercialiser leurs produits, doivent eux aussi faire face à cette situation.

Propriétaire de l'Atelier Unik-Art à L'Isle-Verte, Sébastien Toussaint doit régulièrement répondre à des acheteurs mécontents. Selon ses propres estimations, au moins un quart de ses clients doivent attendre parfois plus de 20 jours ou un mois avant de recevoir leur colis.

Normalement, au Québec, c'est livré entre deux ou trois jours, déplore cet artisan ébéniste, qui utilise la plateforme Etsy pour mettre en vente ses objets en bois.

Depuis septembre, détaille-t-il, ces retards viennent à répétition et peuvent nuire à ses activités, notamment lorsqu'ils sont dénoncés sur Internet.

Le client, évidemment, n’est pas content et avec raison. Moi non plus. Ça donne le sentiment pour certains clients que la faute vient de l'expéditeur, et ça peut occasionner des problèmes, juge-t-il.

Cette situation, promet-on du côté des postiers, devrait se résorber dans les prochains jours. Malgré le volume grandissant des colis, on va tout faire pour livrer à temps, assure Alain Robitaille, président de la sélection locale de Montréal du STTP.

Avec la collaboration d'Éric Plouffe et Olivier Bachand

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