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Conflit en Ukraine : les divergences persistent entre Poutine et Zelensky

Volodymyr Zelenskiy, Angela Merkel, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine

Volodymyr Zelenskiy, Angela Merkel, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse après la fin du sommet à Paris

Photo : Reuters / Charles Platiau

Radio-Canada
Mis à jour le 

La première rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky s’est achevée sans un accord politique.

Les divergences entre les deux hommes sont restées en l’état.

Toutefois, les deux présidents ont convenu d’une série de mesures pour relancer le processus de paix en Ukraine. Ils se sont donné rendez-vous dans quatre mois pour tenter de trouver une issue à la crise.

Pour moi, je le dis honnêtement, le résultat de cette rencontre, c'est très peu : je voudrais résoudre un plus grand nombre de problèmes, a résumé Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse commune à l'issue de ce sommet sous les auspices du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel.

De son côté, M. Poutine s'est montré plus optimiste, saluant un pas important vers une désescalade et sans doute un dégel. La Russie va faire tout ce qui dépend d'elle pour que le conflit soit terminé, a-t-il affirmé.

Les quatre dirigeants sont tombés d'accord sur un point après trois ans de paralysie dans le processus de paix : Le fait que nous soyons côte à côte est en soi un résultat important, a assuré Emmanuel Macron.

Il a qualifié de blessure ouverte au cœur du continent européen, cette guerre entre Kiev et les séparatistes prorusses qui a fait plus de 13 000 morts dans le Donbass, bastion industriel de l'Est ukrainien, et un million de déplacés depuis 2014.

Nous avons encore beaucoup de travail à réaliser, mais j'ai l'impression qu'il y a de la bonne volonté pour résoudre des questions difficiles, a estimé la chancelière allemande Angela Merkel.

Les présidents russe et ukrainien se sont entendus pour la consolidation du cessez-le-feu, d’un nouvel échange de tous les prisonniers restants d'ici la fin de décembre et d'un nouveau retrait de combattants de trois zones d'ici la fin de mars prochain.

Des divergences de fond

Le président ukrainien n'a pas pu obtenir les concessions qu'il demandait pour l'organisation d'élections locales dans le Donbass. Kiev craint qu'elles ne se fassent aux conditions des séparatistes et ne soient pas libres et transparentes.

M. Zelensky réclame notamment le démantèlement préalable de tous les groupes armés illégaux - comprendre les séparatistes prorusses et leurs parrains russes - et le retour sous contrôle ukrainien de la frontière entre cette région de l'est de l'Ukraine et la Russie.

Nous avons des divergences complètes sur la frontière, a-t-il martelé. Moscou réclame de son côté l'application des accords de Minsk qui prévoient le retour de la frontière sous contrôle ukrainien après les élections seulement.

Les quatre dirigeants ont convenu de faire plancher leurs chefs de la diplomatie sur les conditions politiques et sécuritaires en vue des élections et de se retrouver pour un nouveau sommet d'ici quatre mois.

Les combats se poursuivent

Le conflit dans le Donbass, bastion industriel de l’Est ukrainien, oppose l’armée ukrainienne à des séparatistes prorusses, qui ont pris les armes après l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie.

Les rebelles sont réputés pour avoir une aide militaire de Moscou. Kremlin nie que ce soit le cas, en affirmant jouer simplement un rôle politico-humanitaire pour protéger la population locale russophone.

Les combats ont fortement baissé en intensité depuis les accords de Minsk, mais pas moins de 80 000 combattants continuent de se faire face de part et d’autre d’une ligne de front qui s’étire sur plus de 450 kilomètres.

Le conflit continue cependant de faire des victimes tous les mois, que ce soit lors d’accrochages ou en raison de mines posées par les combattants.

Une équipe de Radio-Canada s'est d'ailleurs rendue dans le Donbass récemment pour y discuter avec des civils de la situation dans la seule zone de guerre d’Europe.

Les quatre femmes avec leur manteau d'hiver dans une grande pièce avec des lits et des effets personnels.

En banlieue de Donetsk, sous contrôle des séparatistes prorusses, Ludmila, Vera, Galina et Lina partagent un vieil abri nucléaire depuis 2014 pour se protéger des bombardements.

Photo : Radio-Canada / Alex Sergeev

Un espoir suscité par des gestes de détente

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Zelensky, qui a fait du règlement du conflit le thème clé de sa campagne électorale, une certaine détente avec la Russie se fait sentir.

Les deux pays se sont échangé 35 prisonniers en septembre, la Russie a rendu trois navires de guerre ukrainiens qu’elle avait saisis et des combattants ont reculé dans trois petits secteurs de la ligne de front.

Ces quelques progrès sont cependant loin de ce qui avait été convenu à Minsk. Outre un cessez-le-feu, l’accord prévoyait :

  • la création d'une zone démilitarisée d'au moins 50 km de large de part et d'autre de la ligne de front, et le retrait des armes à 70, voire à 140 km de la ligne de front, selon leur calibre;
  • la reprise du contrôle de la frontière avec la Russie par l'Ukraine, en échange des réformes constitutionnelles accordant plus de pouvoirs aux Républiques populaires autoproclamées de Donetsk et Lougansk, dans le Donbass;
  • l’octroi à ces territoires prorusses du pouvoir de former leur propre corps de police, un droit à l'autodétermination en matière de langue et le droit de commercer librement avec la Russie.
Un homme tient une affiche présentant Vladimir Poutine en Hitler au milieu d'une foule.

Environ 5000 manifestants se sont réunis dimanche à Kiev, pour intimer au président Zelensky de ne pas « capituler » face à la Russie de Vladimir Poutine.

Photo : Getty Images / AFP/SERGEI SUPINSKY

En vertu de cet accord, l’Ukraine aurait normalement dû reprendre le contrôle de sa frontière est après la tenue de nouvelles élections locales dans les régions de Donetsk et de Lougansk. Ces élections n’ont cependant jamais eu lieu, et l’Ukraine n’a toujours pas repris le contrôle de sa frontière.

Le président Zelensky est sous pression dans son pays, où la crainte qu’il fasse trop de concessions est bien présente. Environ 5000 manifestants se sont réunis dimanche à Kiev, à l’appel de l’ex-président Porochenko, pour le sommer de ne pas capituler face à la Russie de Vladimir Poutine.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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