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Un quartier de Winnipeg aux prises avec le trafic du cuivre

Un homme au milieu d'arbres et devant un feu dans la neige.

Au milieu du parc Fort Douglas, les trafiquants allument des feux pour séparer le cuivre du plastique qui l'entoure.

Photo :  CBC / Jeff Stapleton

Radio-Canada

Les habitants du quartier de South Point Douglas, au nord-est du centre-ville de Winnipeg, se plaignent des feux illégaux provoqués par des trafiquants de cuivre. Dans le parc Fort Douglas, sur les bords de la rivière Rouge, ces derniers tentent ainsi de séparer le plastique des bobines de cuivres du métal.

Les habitants du quartier sont habitués, malgré eux, aux panaches de fumée noire et à l’odeur âcre du plastique brûlé. Derrière eux, les trafiquants de cuivre laissent les restes de leurs méfaits : une terre roussie par le feu et du plastique fondu.

Jeff Monk habite dans le quartier. Il dit avoir vu des personnes transporter des bobines entières de câbles. Il a même vu une personne descendre d'un taxi et en vider le coffre qui contenait une grande quantité de fils.

Le Winnipégois souffre d'un cancer et s’inquiète des effets des émanations de ces feux sur sa santé, mais aussi sur celle des gens qui les allument.

La fumée flotte jusque dans le quartier. Si on est dans son jardin, l’odeur est horrible. Alors, on peut imaginer ce qui arrive aux personnes qui sont en train de brûler ces choses. Elles sont en train de se tuer.

Jeff Monk, habitant de South Point Douglas

Jeff Monk a noté une augmentation des feux illégaux cet été et regrette que rien ne soit fait pour dissuader les responsables. Il précise que les pompiers réagissent rapidement pour éteindre les feux, mais que, sans l’intervention de la police, tout cela est assez inutile.

Jeff Monk accroupi dans un parc enneigé devant les restes d'un feu.

Jeff Monk fait une chimiothérapie pour traiter un lymphome et craint que les feux n'aient des conséquences sur sa guérison.

Photo :  CBC / Jeff Stapleton

Méthamphétamine et cuivre font bon ménage

Ce problème persiste depuis des années déjà, mais s’est encore accentué ces derniers temps. Selon la police de Winnipeg, c’est le trafic de méthamphétamine qui nourrit celui du cuivre. Elle affirme que certains câbles sont récupérés ou volés, puis vendus afin d’acheter de la drogue.

Beaucoup de ces matériaux proviennent de vols. Au départ, les câbles sont recouverts de plastique et [les trafiquants] veulent se débarrasser de ce plastique.

Jay Murray, porte-parole de la police de Winnipeg

Jordan Van Sewell, qui est un artiste visuel vivant à South Point Douglas, fait le même constat. Il pense aussi que le fait d’être sans-abri et la consommation de drogue nourrissent ce trafic.

Pour les trafiquants, le calcul est simple. Le cuivre isolé (encore entouré de plastique) se vend à environ 2,50 $ le kilogramme. Le prix du kilogramme de cuivre propre vaut plus du double de ce prix.

Une personne à vélo traînant un chariot plein de câbles au milieu d'un parc enneigé.

Les vendeurs de cuivre ont beaucoup plus intérêt à vendre le métal sans plastique.

Photo :  CBC / Jeff Stapleton

Quelles solutions?

Une des propositions de la Ville est d’obliger les entreprises de recyclage de métaux à suivre une procédure similaire aux acheteurs d’or et aux prêteurs sur gages. Ces boutiques sont tenues de demander l’identité des personnes venant leur vendre un bien et doivent ensuite garder des copies des pièces d’identité.

L’entreprise Western Scrap Metals, dans le quartier de North Point Douglas, affirme avoir déjà mis en place un système d’identification de ses vendeurs.

La conseillère municipale de Point Douglas, Vivian Santos, rappelle toutefois que le problème ne sera pas résolu à court terme.

C’est une question très très difficile. Je sais que les gens veulent des actions immédiates, mais je n’ai pas de solution.

Vivian Santos, conseillère municipale de Point Douglas

Elle pense que le réaménagement de Point Douglas, qui comporte à la fois des maisons résidentielles et des commerces industriels, pourrait faire diminuer les tensions autour de ce problème.

Avec les informations de Bartley Kives

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