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Cri du cœur pour davantage de préposés aux bénéficiaires

Sylvie Séguin est à bout de souffle. Depuis six mois, ses recherches pour obtenir les services à domicile d'un préposé aux bénéficiaires sont infructueuses.

Sylvie Séguin est à bout de souffle. Depuis six mois, ses recherches pour obtenir les services à domicile d'un préposé aux bénéficiaires sont infructueuses.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La pénurie de main-d'oeuvre nuit à la vie des personnes handicapées maintenues à domicile. Une résidente de Trois-Rivières, Sylvie Séguin, est atteinte d'une maladie dégénérative. Elle recherche depuis six mois un préposé aux bénéficiaires à domicile. Une situation jamais vue en vingt ans, selon elle.

J'ai besoin d'aide pour vivre. On ne veut pas d'aide à mourir-là, souligne Mme Séguin.

Elle est à bout de force. Depuis six mois, ses recherches pour obtenir les services à domicile d'un préposé aux bénéficiaires sont infructueuses. C'est sa conjointe, Martine, qui s'occupe d'elle et de son fils.

Du temps de qualité avec ma famille, on n'en a presque plus, parce qu'on est toujours en train de chercher du personnel, relate-t-elle.

Le chèque emploi-service qui lui permet d'avoir des soins a été bonifié au cours des derniers mois. Le salaire horaire est passé de 12,95 $ de l'heure à 14,25 $. Mais ça n'a rien changé à la situation de Sylvie. Un manque de services qui décourage plusieurs bénéficiaires avec qui elle communique.

J'ai une amie qui est à Rimouski, elle dit :  Écoute, moi, je n'attendrai pas après le gouvernement. Si ça ne change pas, je ne demanderai pas l'aide à mourir, je vais m'organiser moi-même." Elle est prête à s'enlever la vie, parce qu'elle ne veut pas aller en CHSLD. [...] Il y a beaucoup de détresse.

Le Regroupement des aidants naturels du Québec joint sa voix à celle de Sylvie pour que le programme d'aide soit mieux organisé.

Il y a beaucoup d'épuisement aussi chez les proches aidants. Nous ce qu'on dit c'est que ce programme-là, la gestion de ce programme-là est très lourde et qu'il faudrait réviser évidemment pour simplifier et adapter à la réalité des gens,indique la présidente, Johanne Audet.

En plus d'un taux horaire qui frôle le salaire minimum, les conditions sont précaires pour les préposés aux bénéficiaires à domicile.

Dans les coopératives d'aide de soins à domicile, les gens entrent à 16 $ de l'heure. Donc, il y a quand même un écart important. Il faut comprendre, quand on est préposé pour un programme comme le chèque emploi-service. On est très tributaire de l'état de santé de la personne qu'on soutient. C'est-à-dire que si elle est hospitalisée, on perd notre travail, souligne Mme Audet.

Une situation qui fait beaucoup de perdants.

C'est décourageant un peu. J'espère que Mme McCann [NDLR : Danielle McCann, la ministre de la Santé], j'espère que vous allez écouter mon message et accepter de me rencontrer, conclut, visiblement émue, Sylvie Séguin. 

D’après un reportage de Pascale Langlois

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