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Campement près de la station Bayview : la CCN lance un ultimatum

Des feuilles de papier agrafées sur un arbre près d'une tente autour de laquelle sont éparpillés des déchets.

La CCN a distribué ses avis d'éviction écrits au campement, dimanche.

Photo : Radio-Canada / Boris Proulx

Radio-Canada
Mis à jour le 

La Commission de la capitale nationale (CCN) a remis, dimanche, un ultimatum écrit aux occupants du campement de fortune à proximité de la station Bayview, au centre-ville d'Ottawa. Elle les somme de quitter les lieux d’ici lundi et évoque la possibilité de faire appel aux policiers pour faire respecter l'avis.

Cet avis signifie que toute personne qui fait du camping doit cesser de le faire, et que toutes les tentes, y compris toute structure non autorisée, doivent être démantelées, peut-on lire dans l'avis de l’agence fédérale.

Après aujourd’hui, la CCN ou un agent de la paix pourraient prendre les dispositions pour assurer le respect du présent avis, écrit aussi la Commission.

La CCN a indiqué que les autorités craignent pour la sécurité des occupants de l’endroit, puisque le terrain est difficile d’accès pour les premiers répondants et que certaines tentes sont chauffées par des systèmes au propane.

Des tentes et une panoplie d'objets près de plusieurs détritus carbonisés.

Un incendie a ravagé une tente à la fin du mois de novembre (archives).

Photo : Radio-Canada

Selon la Commission, cette réalité est devenue particulièrement apparente lors d'un incendie survenu le 24 novembre dernier dans l'une des tentes.

La menace d’un démantèlement plane sur les campeurs depuis plusieurs jours. Il y a une semaine, la Ville d’Ottawa avait lancé aux occupants des lieux un avis verbal d’intrusion. Le 2 décembre, la CCN avait demandé aux campeurs de quitter le site aussitôt que des options permanentes leur auraient été proposées.

La rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le logement convenable, l'Ottavienne Leilani Farha, s'est portée à la défense des habitants du campement de fortune dès la fin de semaine précédente. Selon elle, une telle éviction forcée est une violation du droit international humanitaire.

Ces personnes ont piqué leurs tentes là pour une raison particulière : pour rester dans la communauté dans laquelle elles habitaient avant d’être jetées à la rue après un incendie, a rappelé Mme Farha. [La CCN] ne leur a rien offert pour leur permettre de vivre là dans leur communauté. Ils ne leur ont pas fourni de toilettes, de tentes durables pour les hivers canadiens, de sacs de couchage, d’eau potable, de douches, de service de ramassage de déchets. Bref, il n’y a certainement pas eu les efforts nécessaires pour laisser intacte cette communauté.

La dizaine d'occupants ont érigé leur campement en avril après qu'un incendie eut ravagé la maison de chambres où ils résidaient.

En quête de solutions

La CCN a également noté dans son communiqué que, depuis mercredi, la Ville a pu évaluer les besoins de tous les occupants du campement et a assigné à chacun d'entre eux un gestionnaire de cas pour se reloger.

Des travailleurs des services sociaux d'Ottawa pourront aider les campeurs à déplacer leurs effets personnels au lieu d’hébergement temporaire qui leur est offert, sans toutefois préciser de quel type d'hébergement il s'agit.

Un homme sort d'une tente installée sur un terrain situé à côté de la station du train léger Bayview, à Ottawa.

Justin Bolger ne pense pas que d'aller dans un logement temporaire à Vanier soit une bonne idée (archives).

Photo : Laura Osman/CBC

Il y a quelques jours, l'un des occupants du terrain, Justin Bolger, avait noté que la Ville avait offert aux résidents des chambres temporaires à Vanier. Cette solution était cependant loin de convenir, car il serait difficile pour les campeurs de s'exiler loin de leur communauté, selon M. Bolger.

Qui plus est, il a noté que l'accessibilité de la drogue dans ce quartier pourrait nuire au processus de réhabilitation dans lequel lui et certaines de ses connaissances du campement sont engagés.

Ce n'est pas acceptable que les gouvernements disent aux gens quelles solutions ils doivent accepter. C'est aux gens eux-mêmes d'avoir les conversations avec le gouvernement municipal et les autorités pour déterminer ensemble les solutions, avait souligné quant à lui Alex Neve, secrétaire général d'Amnistie internationale au Canada, la semaine dernière.

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