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Des environnementalistes plaident pour une utilisation réduite des sels de déglaçage

Un tracteur charge un camion de sel pour épandage sur les routes en hiver.

Le sel utilisé pour dégivrer les routes et les stationnements contribue à la hausse du taux de sodium dans les lacs et les rivières (archives).

Photo : Alliance du bassin versant du Grand Sudbury

Radio-Canada

Chaque année, l'épandage d'environ 130 000 tonnes de sels sur les routes de Toronto engendre des effets néfastes pour les cours d'eau et les animaux d’eau douce.

La Ville de Toronto dit être consciente des impacts environnementaux de l'utilisation des sels de voirie, mais elle priorise la sécurité des résidents.

Arrière d'une déneigeuse qui épand du sel et qui pousse la neige sur le bord de la route.

Les sels de déglaçage épandus sur les routes se déposent dans la neige et ruissellent jusque dans les cours d'eau lors de la fonte printanière.

Photo : Radio-Canada

Toronto a déjà utilisé plus de sels de voirie cette année qu'à la même période l'année dernière à la suite des tempêtes de neige qui se sont abattues plus tôt que prévu sur la ville.

À elle seule, la tempête du 11 novembre a nécessité 10 000 tonnes de sels sur les routes et les trottoirs de la Ville Reine.

Impact sur notre écosystème

Selon une évaluation scientifique d'Environnement Canada, les sels de voirie, en concentrations suffisantes, représentent un risque pour la faune, la flore et le milieu aquatique puisque le sel, qui ne disparaît pas après la fonte de la glace, peut s'écouler dans un fossé et finir dans un lac ou une rivière.

La quantité de sel dans l'eau peut nuire à certains organismes, comme les amphibiens et les moules d'eau douce.

Tout comme les humains, qui sont habitués à respirer l'air d'un certain mélange de gaz et qui ont de la difficulté à respirer lorsque la composition de l'air ambiant change, les organismes d'eau douce peuvent subir des dommages lorsque la quantité de sel dans leur eau augmente, explique Patricia Gillis, chercheuse à Environnement et Changement climatique Canada.

Ces plantes et animaux peuvent ne plus pouvoir vivre dans cette eau.

Patricia Gillis, chercheuse

Elizabeth Hendriks, vice-présidente du programme Eau douce pour le Fonds mondial pour la nature, souligne aussi la gravité de la surutilisation de sels de voirie.

Une femme se tient sur une plage enneigée.

Elizabeth Hendriks est vice-présidente du programme Eau douce pour le Fonds mondial pour la nature.

Photo : Radio-Canada

En hiver, certaines zones de nos rivières sont aussi salées que les océans, affirme-t-elle. Nous devons réduire la quantité de sel que nous utilisons sur nos routes, aires de stationnement et zones privées. Nous créons des mers saisonnières alors que nous devrions simplement utiliser moins de sel.

Pas de changement en vue à Toronto

Pour l'instant, Toronto ne cherche pas de solution plus écologique. Selon Eric Holmes, un porte-parole de la Ville, la sécurité des usagers de la route passe avant tout : Le sel demeure le moyen le plus rentable et le plus efficace pour déneiger et déglacer les routes, mais nous comprenons que certaines conséquences environnementales en découlent.

Photo d'Eric Holmes.

Eric Holmes est le porte-parole des Services de transport de la Ville de Toronto.

Photo : Ville de Toronto

En attendant, en accord avec son Plan de gestion du sel, la Ville de Toronto entrepose le sel non utilisé pour pouvoir le réutiliser, et de nombreux camions sont également dotés d’un système de contrôle d'épandage, afin de répartir le sel sur les routes de façon plus efficace, en gaspillant moins.

La Ville utilise aussi de la saumure, un mélange de sel et d’eau répandu en prétraitement avant les épisodes neigeux.

La Ville a la responsabilité pendant l'hiver d'assurer la sécurité des gens, mais elle a aussi une responsabilité envers l'environnement, affirme Eric Holmes. Le plan de la ville date cependant de 2002 et commence à dater, reconnaît-il.

Une saleuse sur une route en hiver.

Les sels de déglaçage utilisés sur nos routes pourraient avoir des impacts sur les lacs et sur les organismes qui les habitent.

Photo : Radio-Canada

Selon Angela Murphy, directrice de la recherche et des partenariats à Ryerson Urban Water, la saumure est en effet un bon moyen d'utiliser moins de sel.

L'Université de Ryerson a lancé un projet-pilote l'an dernier de prétraitement de quatre endroits du campus avec de la saumure, ce qui a permis d'utiliser six tonnes de sel en moins.

Une femme en entrevue avec une journaliste.

Angela Murphy est la directrice de la recherche et des partenariats à Ryerson Urban Water.

Photo : Radio-Canada

Le résultat : 4 tonnes de chlorure de sodium en moins, et 2,5 tonnes de chlorure en moins allant dans l’eau douce. Il n’y a pas eu d’augmentation de responsabilité civile, pas d’augmentation de plaintes, ajoute-t-elle.

L'université est en train d'étudier ses modèles de prédiction pour voir si la Ville de Toronto, Metrolinx et la Commission de transport de Toronto pourraient utiliser de la saumure en remplacement des sels de voirie sur leurs stationnements et le long des voies de tramway.

Avec les informations de Myriam Eddahia

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