•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Big Bird, de Sesame Street, en deuil de son marionnettiste

Big Bird assis sur un banc dans Central Park

Big Bird, le célèbre oiseau géant de l'émission « Sesame Street »

Photo : Reuters / Shannon Stapleton

Radio-Canada

Caroll Spinney, le marionnettiste qui a donné vie pendant un demi-siècle au personnage de Big Bird dans Sesame Street, est mort à 85 ans. Il s'éteint le jour même où cette célèbre émission pour enfants reçoit, à l'occasion de ses 50 ans, un prix du Kennedy Center, qui honore les grands noms de la culture américaine.

L'an dernier, Caroll Spinney avait abandonné le rôle de Big Bird qu'il tenait dans Sesame Street (dont la version française a été diffusée sous le titre de Sesame au Canada).

Il souffrait depuis un moment de dystonie, qui provoque des contractions involontaires des muscles.

Caroll Spinney appuie son visage sur sa main droite.

Le marionnettiste Caroll Spinney

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

Caroll Spinney animait la marionnette de Big Bird depuis les débuts de Sesame Street, en 1969. C'est également lui qui donnait une voix enfantine à ce personnage de grand oiseau jaune.

Big Bird m'a aidé à trouver un but.

Caroll Spinney lors de son départ en retraite, en 2018

Je suis peut-être la personne célèbre la moins connue d'Amérique, avait-il écrit dans ses mémoires publiés en 2003. C'est l'oiseau qui est célèbre.

Carroll était un artiste de génie dont la vision du monde, pleine de gentillesse et d'amour, avait contribué à définir Sesame Street depuis ses débuts, en 1969, et pendant cinq décennies, a réagi The Sesame Workshop, l'organisme à but non lucratif (OBNL) qui est derrière Sesame Street.

Une première pour une émission de télévision américaine

Lancée en novembre 1969, Sesame Street a bercé des générations entières d'enfants partout dans le monde. À l'occasion de ses 50 ans, cette émission toujours aussi populaire se voit décerner dimanche un prix remis par le prestigieux Kennedy Center.

Un honneur qui fera entrer Sesame Street au panthéon des grands artistes du pays. C'est la première fois que le Kennedy Center attribue un prix à une émission de télévision.

La recette du succès

Aux États-Unis, où Sesame Street a gagné 189 prix Emmy, on estime que ce sont plus de 86 millions d'enfants qui ont suivi les aventures de Big Bird et compagnie. L'émission a été adaptée ou diffusée dans plus de 150 pays.

Son succès peut s'expliquer en deux mots : instruction gratuite.

Sesame Street a été créée par un homme et une femme qui cherchaient à utiliser la télévision pour transmettre des valeurs éducatives de base aux jeunes enfants.

Oui, c'était amusant, mais ça visait surtout à enseigner des bouts de programme scolaire, analyse Robert Thompson, professeur en télévision et des médias à l'Université de Syracuse et spécialiste de la culture populaire américaine.

Selon lui, les créatrices et créateurs de Sesame Street ont compris comment utiliser les codes et l'esthétique sophistiquée des publicités télévisées à d'autres fins. Ils ont compris que si, en 30 secondes, on pouvait vendre du dentifrice et des sodas, on pouvait vendre des méthodes pour apprendre à compter, l'alphabet, la politesse et les bonnes manières.

Représenter la diversité à l'écran

Grâce à sa diffusion sur la chaîne publique PBS – l'une des rares à être accessible gratuitement à l'époque –, la série a pu toucher des enfants de tous les milieux, ce qui a grandement contribué à sa popularité.

Les marionnettes Bert et Ernie sont en train de chanter.

Les marionnettes Bert et Ernie dans « Sesame Street »

Photo : Associated Press / Beth A. Keiser

Sesame Street visait un public qui n'avait pas forcément les moyens pour d'autres formes de savoir, rappelle Robert Thompson. On y voyait des personnes immigrées, des personnes parlant espagnol et des gens de couleur. Cette diversité à l'écran était relativement inédite dans l'Amérique des années 1970.

Une émission qui a su traverser les époques

Aux États-Unis, plusieurs épouses de présidents se sont affichées avec Big Bird pour la bonne cause, notamment Michelle Obama pour lutter contre l'obésité.

Le succès de la série – au-delà de la nostalgie des adultes d'aujourd'hui qui l'ont regardée enfants – s'explique notamment par sa capacité à s'adapter aux problèmes des époques qu'elle a traversées : Cookie Monster a arrêté de s'empiffrer de biscuits pour ne pas encourager l'obésité enfantine, et Oscar ne vit plus dans une vieille poubelle, mais plutôt dans un bac de tri sélectif.

Jusqu'à quand l'émission pourra-t-elle exister? La question peut légitimement se poser avec le déclin de la télévision et l'essor des réseaux sociaux et d'Internet, YouTube en tête.

Mais les valeurs promues par Elmo et ses amis ne seront jamais démodées, prédit Robert Thompson.

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Télé

Arts