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Contrôle des armes à feu : des militants appellent à une plus forte mobilisation du public

Photo de personnes tenant des pancartes disant « pas d'arme » et montrant une arme sur un cercueil.

Une manifestation contre les armes à feu à Toronto en avril 2019 (photo d'archives).

Photo : Radio-Canada / Camille Feireisen

Camille Feireisen

Des militants pour un meilleur contrôle des armes à feu au Canada ont rencontré une cinquantaine de membres du public lors d’une table-ronde dimanche soir dans le nord-est de Toronto pour proposer des pistes de solutions face à l'augmentation de fusillades.

Cette rencontre survient alors que la métropole fait face à un nombre record de fusillades, à plus de 450, depuis le début de l'année.

Ce thème était abordé dans le cadre des table-rondes Soul Table organisé par l'Église communautaire du Parc Lawrence et traitant de différentes thématiques comme la justice sociale, l'environnement et toutes sortes de sujets qui touchent et interpellent les Torontois. Elles sont organisées chaque dimanche et sont ouvertes au public.

Danielle Jolicœur est venue parce qu’elle voulait en apprendre plus sur ce qu’elle pouvait faire face à la violence armée dans sa ville.

C'est vrai que dernièrement à chaque jour on se réveille et on entend qu'il y a eu des victimes de coups de feu. Et ce qu'on a pu entendre ce soir c'est que cela peut arriver n'importe où et à n'importe qui.

Danielle Jolicœur
Une femme en entrevue.

Danielle Jolicoeur, résidente de Toronto, souhaite s'informer sur les outils à sa disposition pour être plus active dans la lutte contre les armes à feu.

Photo : Radio-Canada

Son mari, Jamie Harper, était intéressé par le thème de la soirée. Il estime que chaque Torontois est finalement témoin chaque jour d'une fusillade malgré lui, notamment en lisant les journaux ou regardant les nouvelles.

Je pense que cela nous rappelle que nous pouvons tous nous impliquer pour faire quelque chose, [qu'il existe] des organisations que nous pouvons rejoindre, [que nous pouvons nous] investir en politique et faire entendre notre voix davantage, notamment à travers des pétitions.

Jamie Harper

Danielle Jolicœur abonde dans ce sens : il est possible de faire plus, comme de signer des pétitions demandant un meilleur contrôle des armes à feu.

Mais elle dit regretter également qu'après le massacre de Polytechnique, malgré une plus forte mobilisation pas grand chose est arrivé et les gens se découragent.

Toronto, toujours une ville sécuritaire?

Toronto reste-t-elle l’une des villes les plus sécuritaires d’Amérique du Nord, comme le répètent le maire John Tory et le chef de la police Mark Saunders après chaque fusillade?

Oui, la ville demeure sécuritaire, mais nous pouvons en faire plus et arrêter de nous comparer aux États-Unis et demander une interdiction des armes de poing, soutient Wendy Cukier, directrice de l’Institut sur la diversité de l’Université Ryerson et de la Coalition du contrôle des armes à feu à Toronto.

Selon elle, les propriétaires des armes à feu légales ne représentent que 8 % de la population, pourtant leur poids de persuasion sur l'interdiction des armes à feu est important, par rapport au peu de gens qui se mobilisent.

Les gens disent qu'ils veulent plus de contrôle des armes à feu, mais lors de consultations, on voit plus souvent les lobbys pro-armes de mobiliser, dit-elle.

Il n'y a pas de solution simple, il faut aller à la cause de ce problème : celui des gangs de rue, des problèmes de santé mentale. Mais on sait que tant que ces armes seront disponibles, chaque tentative de suicide ou agression avec une arme à feu risque de faire plus de morts.

Wendy Cukier
Une femme en entrevue.

Wendy Cukier, directrice de l’Institut sur la diversité de l’Université Ryerson et de la Coalition du contrôle des armes à feu à Toronto.

Photo : Radio-Canada

Interdiction de certaines armes

Lors du discours du Trône, le gouvernement Trudeau a annoncé son intention de bannir les armes d'assaut de type militaire au cours de la prochaine année.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a ajouté qu’il est en train d’élaborer une liste des marques d’armes qui seront prohibées.

Le gouvernement fédéral doit agir rapidement afin d'interdire par décret les armes d'assaut militaires et les fusils, et afin d'adopter une approche unifiée afin d'interdire la prolifération, assure la Dre Najma Ahmed, directrice de l'unité de traumatologie à l'hôpital St Michael's et membre active de la Coalition de Médecins canadiens pour la protection contre les armes à feu.

Une femme en entrevue dans un couloir.

Dre Najma Ahmed, directrice de l'unité de traumatologie à l'hôpital St Michael's.

Photo : Radio-Canada

Ces armes sont responsables de près de 60 % des crimes par armes à feu, selon les données de la police de Toronto.

C'est une année dévastatrice en termes de violence armée partout au Canada, encore plus à Toronto pour les médecins qui voient de plus en plus de victimes blessées par ces armes.

Dre Najma Ahmed

Elle souligne que la violence armée a augmenté de 42 % entre 2015 et 2017 et que les années 2018 et 2019 ont été pires que précédemment.

De son côté, le chef de police de Toronto, Mark Saunders, dit appuyer une initiative visant à réduire le nombre d'armes illégales dans les rues de la métropole.

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Toronto

Armes à feu