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Fusillade en Floride : le tireur a agi seul, selon le FBI

L'entrée principale de la base militaire de Pensacola, dont la clôture de sécurité est fermée.

Un étudiant saoudien a ouvert le feu à l'intérieur d'une classe de la base militaire de Pensacola, en Floride.

Photo : Getty Images / Josh Brasted

Radio-Canada

Le FBI croit que l’auteur de la fusillade survenue vendredi sur une base navale de Pensacola, en Floride, a agi seul.

La directrice du bureau du FBI à Jacksonville, Rachel Rojas, a indiqué au cours d’une conférence de presse dimanche que son organisation menait l’enquête sur la présomption qu'il s'agissait d'un acte de terrorisme.

Elle a insisté sur le fait que cela permettait aux enquêteurs d'utiliser les outils spéciaux qui leur sont offerts dans les affaires de terrorisme.

Nous travaillons très fort pour découvrir son mobile et je vous demanderais de faire preuve de patience pour que nous puissions faire les choses comme il faut, a-t-elle déclaré.

Rachel Rojas a mentionné au passage que 80 agents spéciaux du FBI, 100 employés de soutien et des dizaines d'autres enquêteurs provenant de la Marine et de nombreux organismes fédéraux travaillaient dans ce dossier.

Le tireur n’aurait pas de liens avec des groupes terroristes, ont déclaré deux sources à la chaîne CNN.

Mohammed Alshamrani, 21 ans, sous-lieutenant dans l'armée de l'air saoudienne, a ouvert le feu avec une arme de poing dans une salle de cours de la base de Pensacola, faisant trois morts et huit blessés, avant d'être abattu par la police.

L’assaillant aurait publié sur Twitter avant son attaque des messages hostiles envers les États-Unis.

Mme Rojas a dit que l’arme utilisée par le tireur – un pistolet Glock 9 mm pouvant être jumelé à un chargeur contenant 33 cartouches – a été achetée dans un commerce de la Floride.

En vertu de la réglementation américaine, il est légal pour un étranger vivant aux États-Unis avec un visa de non-immigrant d'acheter une arme à feu si certaines conditions sont remplies.

L’assaillant aurait obtenu un permis de chasse et il aurait acheté le pistolet plus tôt cette année, selon une source du réseau CNN.

Mme Rojas a souligné que les étudiants saoudiens qui étaient proches du tireur au moment de la tragédie coopèrent avec les enquêteurs. Ses camarades saoudiens sont questionnés par des enquêteurs américains et ils sont limités à la base sur ordre de l'armée saoudienne.

Le programme d'entraînement remis en question

Par ailleurs, le programme d'entraînement des militaires saoudiens sur le sol américain était remis en cause dimanche aux États-Unis.

Chose rare en ces temps de destitution, dans une Amérique politiquement divisée comme jamais, élus républicains et démocrates s'accordaient sur un point au surlendemain de la fusillade : les échanges militaires entre Washington et Riyad doivent être examinés de près.

Des centaines de militaires saoudiens suivent chaque année des formations au sein des forces armées américaines, illustration des liens forts qui unissent les deux pays alliés.

Ce programme « doit être suspendu » tant que la lumière n'aura pas complètement été faite sur les événements en Floride, a notamment estimé dimanche matin sur Fox News le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président Donald Trump.

L'Arabie saoudite est un allié, mais il y a ici quelque chose de fondamentalement mauvais. Nous devons ralentir ce programme et le réévaluer, a insisté Lindsey Graham.

Un autre républicain, Matt Gaetz, élu de Floride, État où a eu lieu l'attaque, a lui aussi appelé dimanche, sur la chaîne ABC, à « mettre le programme en pause ».

Nous ne devrions pas accueillir de nouveaux étudiants saoudiens tant que n'avons pas absolument confiance en notre processus de contrôle, a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de « surveiller leurs activités afin de s'assurer qu'il n'y a pas de radicalisation ».

Le secrétaire américain de la Défense, Mark Esper, a indiqué dimanche sur Fox News qu'il avait demandé « un examen des procédures de contrôle des ressortissants étrangers venant [en formation] aux États-Unis », tout en défendant l'utilité de ce type de programme.

Nous disposons de quelque chose que n'ont pas nos adversaires potentiels, comme la Russie et la Chine, a-t-il souligné. À savoir un système élaboré d'alliances et de partenariats. La possibilité de faire venir ici des étudiants étrangers pour s'entraîner avec nous, pour comprendre la culture américaine, nous est très importante afin de construire ces relations au long cours qui contribuent à notre sécurité.

Donald Trump critiqué

L'opposition démocrate a dénoncé de son côté la politique du gouvernement Trump vis-à-vis de l'Arabie saoudite, l'accusant de faire passer ses intérêts économiques et militaires avant le respect des droits de la personne.

La relation que nous entretenons est inacceptable, a jugé dimanche sur ABC le candidat à la Maison-Blanche Cory Booker, évoquant notamment les avions américains qui ravitaillent leurs avions militaires pour aller lâcher sur le Yémen des bombes faites aux États-Unis.

Adam Schiff, président démocrate de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, a appelé dimanche sur CBS l'Arabie saoudite à mener « une enquête complète » sur la fusillade en Floride.

Et je préférerais que le président des États-Unis, plutôt que de parler au nom du gouvernement saoudien, lui demande des réponses, a-t-il ajouté.

Avec les informations de Agence France-Presse, CNN, et Reuters

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