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Fin du lock-out à l'usine Paccar : les employés acceptent la 3e offre patronale

Le reportage de Valérie-Micaela Bain

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les 1400 employés de l'usine de camions Paccar de Sainte-Thérèse, en lock-out depuis le 1er décembre, ont accepté dimanche matin la plus récente offre présentée par leur employeur.

Environ 1000 des 1400 travailleurs ont participé à l'assemblée générale, où ils se sont prononcés à 86 % en faveur de la proposition.

Le lock-out décrété le 1er décembre prend fin immédiatement et les employés devraient reprendre le travail dès ce soir.

Les deux premières offres avaient été rejetées par les syndiqués, la première dans une proportion de 61 % deux jours avant le début du lock-out, la deuxième à 80 % le 2 décembre.

La plus récente offre patronale prévoit une hausse du plafond de l’assurance invalidité, qui sera désormais indexé en fonction du salaire, et d'importantes augmentations salariales de 3 % par année sur 5 ans.

Des progrès marginaux ont aussi été réalisés sur le principal point de litige, c'est-à-dire la disparité de traitement du régime de retraite pour les employés embauchés après 2009, qui recevront des rentes moins élevées que les employés plus anciens. Environ les deux tiers des travailleurs de l'entreprise, soit près de 1000 employés, ont été embauchés au cours des dix dernières années.

L’objectif que le syndicat avait en tout début de négociation était d’éliminer ce régime de disparité de traitement, puisqu’au Québec maintenant, depuis juin 2018, [...] on a légiféré pour interdire ce type de régime. La faiblesse de cette loi-là, c’est qu’elle n’a pas couvert le passé, expliquait Martin Lambert, représentant national du syndicat Unifor.

Ce système à deux vitesses restera en place, mais l’écart entre les rentes que peuvent toucher les deux catégories d’employés a été réduit dans la dernière offre.

Le directeur provincial de la centrale syndicale estime que le syndicat ne pouvait pas obtenir plus sur ce front.

Je crois que la bataille va se transférer du côté de l'Assemblée nationale. Le premier ministre a promis, en campagne électorale, de régler cette question de disparité. On a un problème sur toutes les tables de négociations. [...] L'illégalité de ces régimes-là, il faut que ce soit corrigé et je pense que c'est au gouvernement de le corriger. On ne va pas mettre en jeu des emplois, 1400 emplois, pour faire une bataille que le gouvernement va faire.

Renaud Gagné, directeur québécois d'Unifor

L'adoption de telles modalités pour les régimes de retraite est illégale depuis juin 2018, mais la loi ne s'applique pas aux régimes de retraite antérieurs à cette date.

Malgré l’importante majorité des votes en faveur de l’entente, il y avait peu de sourires au sortir de l'assemblée générale. Si certains travailleurs se disaient satisfaits, d’autres semblaient plutôt résignés. Il faut vivre avec, a lancé un travailleur en franchissant la porte. On l’accepte de travers, mais on y va pareil, on n’est pas satisfait à 100 %, mais c’est mieux que rien, ont aussi commenté des employés à propos de leur nouveau contrat de travail.

Selon M. Gagné, les syndiqués étaient surtout à court d'options. On ne peut pas dire à 100 % que c’était de la négociation de mauvaise foi, mais quand tu [dis] aux gens : "Si vous ne prenez pas ça, on déménage aux États-Unis", ça reste en travers de la gorge des travailleurs et des travailleuses.

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Grand Montréal

Syndicalisme