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Des jeunes défavorisés dans les rangs de la police pour renouer le dialogue

Des jeunes assis avec un polo bleu écoute un homme qui parle devant un pupitre.

C'était jour de cérémonie de remise des diplômes les jeunes qui ont participé à un programme de la police de Toronto permettant aux adolescents de quartiers défavorisés de travailler avec eux pour mieux comprendre leur quotidien.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La police de Toronto tente de renouer le dialogue avec les jeunes des quartiers défavorisés en déconstruisant les préjugés dont ils font l'objet dans le cadre d’un programme invitant les jeunes à travailler dans leurs différents services de police.

Le fossé entre les membres de la communauté et les agents de police est vraiment grand, donc c’est vraiment important de s’y attaquer, constate Shana Abraham, une jeune Torontoise de 15 ans.

Selon elle, renouer les relations entre la police et les communautés est essentiel pour réduire les risques associés à la violence armée, particulièrement virulente depuis 2010.

Il y a beaucoup d'informations erronées qui circulent, en particulier dans les communautés qui ont beaucoup de violence liée aux gangs de rue et aux armes à feu.

Shana Abraham, une jeune Torontoise de 15 ans

La plupart des fusillades perpétrées à Toronto sont liées aux gangs de rue selon la police et la majorité des victimes sont des jeunes.

Shana Abraham parle dans une entrevue.

Shana Abraham fait partie d’une soixantaine de jeunes de 14 à 18 ans qui ont rejoint les rangs de la police pendant plus de 4 mois pour mieux comprendre les réalités des policiers.

Photo : Radio-Canada

Shana Abraham fait partie d’une soixantaine de jeunes de 14 à 18 ans qui ont rejoint les rangs de la police pendant plus de 4 mois pour mieux comprendre les réalités des policiers qui veulent montrer un autre visage que celui de l’autorité. Ils ont participé à la cérémonie de remise de leur diplôme samedi pour souligner leur participation au programme qui s’est déroulé cet automne.

Ça nous donne une opportunité de voir que les policiers ne sont pas juste les figures autoritaires, ils sont de vraies personnes avec de vraies vies, avec des valeurs et des ambitions, a rapporté une autre participante, Elizabeth Gefferies, 17 ans, qui habite dans le nord de Toronto.

Une jeune femme noire avec un polo bleu indiquant en anglais «Youth in Policing».

« Je voulais voir comment les policiers parlent avec les communautés et les choses qu'ils font avec les communautés pour améliorer les relations les membres de la communauté», explique Elizabeth Gefferies, concernant ses motivations à participer au programme.

Photo : Radio-Canada

Le programme Les jeunes dans les services policiers leur a permis de comprendre le fonctionnement des différentes unités de police, leurs réalités et leurs défis, au quotidien.

Les adolescents ont notamment participé à la vérification des équipements, à des visites dans les communautés lors d'événements, à des activités de sensibilisation à la diversité et l'inclusion ou encore à la formation en sécurité routière.

Déconstruire les préjugés

À force d'entendre du mal d'eux, je pensais qu'ils devaient vraiment passer leur temps avec leurs donuts et leur café et ne rien faire de la journée... Ce qui est loin d'être le cas, assure désormais Shana Abraham.

Car pour bon nombre d'entre eux, l'image de la police est loin d'être reluisante.

Je viens d'un quartier où la police n’a pas une très bonne réputation, explique Janarbie Ramento, 16 ans. Le programme a changé ma perception, car j'ai découvert leur volonté d'aider.

Janarbie Ramento parle en entrevue dans une salle devant un mur bleu.

Janarbie Ramento dit avoir intégré le programme après qu'un ami lui ait confié l'impact positif que cela a eu sur lui.

Photo : Radio-Canada

Renouer le dialogue

Le rapprochement entre les jeunes et la police est toute la raison d'être de ce programme, qui a commencé l'année suivant l'été 2005, marqué par la violence armée dans la Ville Reine (Summer of the Gun). De 13 quartiers prioritaires participants, il est passé à une quarantaine présentement.

Ils nous demandent pourquoi on fait certaines choses, comme les arrestations ou les recherches d'individus, explique Peter Yuen, chef adjoint de la Police de Toronto

On ouvre des portes, on ouvre le dialogue pour, on l’espère, établir un lien de confiance.

Peter Yuen, chef adjoint de la Police de Toronto

Il y a des perceptions de chaque côté et notre espoir est que les jeunes ramènent des expériences plus positives de la police auprès de leurs proches, confie M. Yuen.

Un policier en uniforme formel dans une salle.

«Les jeunes peuvent revenir et dire à leurs amis que ce n'est pas comme une série télévisée », explique Peter Yuen, le chef adjoint de la Police de Toronto.

Photo : Radio-Canada

Le programme permet aussi de valoriser les jeunes et leur faire prendre conscience de leur apport dans la société.

J'ai aussi beaucoup appris sur moi, de ce que je suis capable d’accomplir, conclu Janarbie Ramento.

Avec les informations de Camille Feireisen

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