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François Legault en virée californienne, d’Hollywood à la Silicon Valley

M. Legault regarde vers le haut.

François Legault, premier ministre et député de L’Assomption, à l’Assemblée nationale, à Québec, en juin 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Mathieu Dion

Après une session parlementaire houleuse, le premier ministre François Legault se tiendra loin de Québec cette semaine. Il se rendra dès dimanche en Californie le temps d’une mission économique de quatre jours au cours de laquelle il multipliera les rencontres dans l'espoir d'attirer des investisseurs.

Le voyage culminera mercredi à Sacramento avec la rencontre du gouverneur démocrate de l’État, Gavin Newsom. À l’agenda : bourse du carbone et échanges commerciaux. Le Québec est lié depuis 2014 à la Californie dans un système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre, où les entreprises plus polluantes rachètent des crédits de carbone des moins polluantes.

Le département américain de la Justice a cependant intenté une poursuite en octobre contre la Californie en raison de cette entente internationale. L’administration Trump, dans un bras de fer avec l’État pour ses résolutions proécologiques, estime que l’accord est illégal puisque, selon elle, « le pouvoir de conclure de telles ententes est réservé au gouvernement fédéral ».

François Legault voudra envoyer le signal fort qu’il appuie ce marché. Ses proches collaborateurs insistent pour que l’environnement soit la thématique principale à retenir de cette escapade. En début d’année, le plan de lutte contre les changements climatiques du gouvernement caquiste sera enfin dévoilé. Dans son bilan de fin de session, le premier ministre a évoqué une « grosse année » à venir en environnement.

Legault fera son cinéma à Los Angeles

Mais d’abord, dimanche, une rencontre dite « de courtoisie » est prévue à Los Angeles. En coulisses, on la compare à celle qu’avait eue François Legault avec l’écrivain Dany Laferrière à Paris au début de l’année. Certains parieront donc, sans aucun doute, sur une personnalité québécoise de renom présente dans la région.

D’ailleurs, l’industrie de la production cinématographique et télévisuelle ainsi que celle des plateformes de diffusion en continu sera au cœur des activités prévues lundi. De grands joueurs et studios de production, tels que Netflix et Disney+, se trouvent dans cette région. Le gouvernement y voit une occasion en or de « positionner le Québec aux yeux de ces entreprises » du Golden State, que ce soit pour les encourager à investir dans la province ou à diffuser davantage de contenu québécois.

Le Québec accueille chaque année de nombreux tournages américains, en plus de contribuer à de nombreuses productions avec ses studios d’animation.

Cap sur la Silicon Valley

Dans son livre Cap sur un Québec gagnant – Le Projet Saint-Laurent, publié en 2013, François Legault rêvait de créer le long du fleuve… une Silicon Valley du Québec. Mardi, inspiré par ses écrits, il sera de passage à San Francisco et sillonnera la fameuse vallée californienne en quête de partenariats et d’investissements d’entreprises en nouvelles technologies et en capital de risque.

De « gros noms » seraient au programme.

Son ouvrage, nous rappelle-t-on, insiste sur l’importance d’un meilleur maillage entre les universités et les entreprises privées qui mènent ultimement à une société et un entrepreneuriat plus innovants.

Ce sont en ce sens plus de 700 millions de dollars qui ont été injectés par le budget de mars sur cinq ans pour favoriser des projets innovants et accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle.

Dans ce contexte, la Californie est « extrêmement stratégique », selon Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. « Elle a un caractère particulier, ajoute-t-il, elle a une base économique en créativité qui se marie bien avec la nôtre. »

Susciter l’intérêt

Contrairement à la mission commerciale de l’ancien premier ministre Philippe Couillard en Israël en 2017, qui misait aussi sur le secteur innovant, François Legault ne sera pas accompagné d’une imposante délégation de gens d’affaires. Michel Leblanc pense toutefois que la présence d’entrepreneurs québécois permet de « saisir des occasions » qui n’auraient pu avoir lieu autrement.

« L’objectif est davantage d’attirer des investissements chez nous », explique-t-on dans l’entourage du premier ministre. A priori, la mission ne vise donc pas à développer les exportations des entreprises québécoises. Pour le moment, il ne faudrait pas non plus s’attendre à des annonces. Il s’agirait davantage de « labourer le terrain ».

Quant aux retombées, ça prend plusieurs mois, parfois plusieurs années dans les plus gros projets, mais souvent on peut remarquer que le point de départ d’une discussion a lieu dans une mission.

Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

M. Legault orientera selon toutes vraisemblances sa mission en fonction de sa nouvelle vision affairiste des relations internationales du Québec, présentée en novembre. Sa politique internationale, Le Québec : fier et en affaires, doit permettre de doubler les investissements étrangers privés d’ici cinq ans.

La Californie, 8e partenaire commercial du Québec aux États-Unis

Le potentiel d’affaires demeure encore important au sein de cet État américain plus populeux que le Canada tout entier, et dont le territoire s’insère plus de 3,5 fois dans celui du Québec. Selon les plus récentes données à ce jour, nos échanges commerciaux avec la Californie s’établissaient en 2017 à 3,6 milliards, soit un bond de 16 % par rapport à l’année précédente.

Ces échanges représentent en revanche seulement 4 % du commerce québécois avec nos voisins du sud.

Mathieu Dion est correspondant parlementaire à Québec

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