•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les champions de l'ombre de la Coupe du monde de ski alpin de Lake Louise

Julie Lemieux, bénévole depuis 15 ans, met son expérience de la compétition au service de la sécurité des champions.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Vincent Bonnay

Lake Louise accueille la Coupe du monde de ski alpin depuis les années 80 et l'événement est devenu l’un des grands rendez-vous du ski mondial. Sur ses pentes s'élancent les plus grands champions. Leurs exploits sont diffusés sur les télévisions du monde entier pour près de 174 millions de téléspectateurs. Mais sous le soleil de Lake Louise, hors du champ des caméras, une armée de plus de 400 bénévoles travaille dans l’ombre. Sans eux, pas de Coupe du monde en Alberta.


Les bénévoles, les chiens de traîneau

Un manteau de bénévole avec le logo des chiens de traîneau.

Faire partie de la meute des chiens de traîneau est un honneur. Il faut passer les sélections et un entretien avec l'organisation pour porter le fameux manteau bleu.

Photo : Radio-Canada

Ils se sont baptisés les Sled Dogs, les chiens de traîneau.

L'origine du nom remonte aux Jeux olympiques de 1988. Une poignée de bénévoles vient aider l’organisation qui fait alors face à des conditions météorologiques difficiles.

Les bénévoles se sont relayés 24 heures sur 24, des jours durant, pour que la piste soit prête. Ils ont travaillé comme des chiens, raconte-t-on.

Les chiens de traîneau sont résistants, durs au mal et c’est la force du groupe qui les fait avancer. Le nom était trouvé.

Après les Jeux olympiques, les chiens de traîneau ont été adoptés par les organisateurs de la Coupe du monde de ski alpin à Lake Louise. La meute a grandi et ils étaient 430 cette année.

Leurs rôles sont multiples. Dans les couloirs de l'hôtel, en station pour gérer la logistique ou sur les pistes, ils sont partout. Pas d'âge non plus pour être de l’équipe, le doyen en 2019 avait 83 ans.


Un travail titanesque

Des filets vus depuis le haut de la piste de descente à Lake Louise.

Filet de type A, type B ou autres, tous sont complémentaires pour protéger les skieurs en cas de chute.

Photo : Radio-Canada

Préparer les 3120 mètres de piste nécessite plus de 34 000 heures de travail.

Plus de 100 allers-retours d’hélicoptères sont nécessaires pour déposer le matériel au sommet. Ensuite, ce sont plus de 35 kilomètres de différents types de filets de protection qui doivent être installés le long du parcours. Les bénévoles s’arment de patience pour les attacher nœud après nœud.

Lorsqu’il neige, tous ces filets doivent être rehaussés pour ne pas être ensevelis et donc inefficaces.

Le tracé de la course traversant un parc national, les plus grandes précautions doivent être prises pour ne pas laisser de traces du passage de la compétition. Aucun poteau de fixation des filets, aucune plateforme, aucune installation n'est permanente et tout est à reconstruire chaque année.

Une fois les premiers filets installés, certains sont ouverts la nuit pour permettre le passage des animaux. Chaque matin des bénévoles descendent le long du parcours pour vérifier qu’aucun animal n’est pris dans les installations et relèvent leurs traces.


Une piste de glace

Alain Monge et un autre bénévole arrose la piste de descente.

La neige est gorgée d'eau pour que les dameuses puissent en faire une piste de glace.

Photo : Radio-Canada

Pour s’assurer que les conditions de pistes soient parfaitement équitables entre le premier et le dernier skieur, ces derniers ne skient pas sur de la neige, mais sur de la glace, plus résistante.

Une autre mission pour les bénévoles qui arrosent la surface avec beaucoup d'eau, sur toute la longueur du tracé, mètre par mètre.

Tout doit être parfait, car à 130 kilomètres-heure, le moindre détail compte. Les Slippers sont des skieurs aguerris qui passent sur les trajectoires pour en chasser la neige. Et les bénévoles veillent jusqu'au dernier instant, le top départ.

Ils sont des centaines à venir donner de leur temps pour aider à l’organisation de cette épreuve de Coupe du monde. Certains viennent de la vallée, de la province, d’autres viennent d’ailleurs au Canada, voire de plus loin encore. En échange d’au moins cinq jours de leur temps, ils sont nourris, logés et peuvent ainsi vivre ce grand rendez-vous au plus près des champions.

Tous viennent ici poussés par leur passion, mais leurs histoires sont toutes différentes et les rencontres deviennent des amitiés qui durent.


Julie Lemieux : de championne à bénévole

Julie Lemieux est sur la piste de descente de la Coupe du monde de Lake Louise.

Julie Lemieux, bénévole depuis 15 ans, met son expérience de la compétition au service de la sécurité des champions.

Photo : Radio-Canada

Cela fait 15 ans que Julie Lemieux est bénévole pour la Coupe du monde de Lake Louise. Cette piste, elle la connaît bien puisqu’elle l’a descendue à toute vitesse lorsqu’elle faisait de la compétition. Mais le 24 février 1990, à 17 ans, la jeune championne voit ses rêves se briser sur une chute, une seule. Elle termine sa course dans les arbres qui bordent la section baptisée Gun Barel, très peu protégée à l’époque.

Je pense toujours aux jeunes skieurs. Je veux qu’on n’en perde aucun.

Julie Lemieux, bénévole

Elle n'a pas raccroché les skis pour autant et cela a forgé son engagement. Elle s’est impliquée à différents niveaux pour renforcer la sécurité des épreuves. En tant que bénévole, son regard cherche à repérer la moindre faille et chaque fois qu’elle passe par cette section, elle vient voir son arbre.


Alain Monge : un globe-trotteur du bénévolat

Alain Monge est sur la piste de descente de Lake Louise.

Alain Monge profite de sa retraite pour poursuivre sa passion et voyager de Coupe du monde en Jeux olympiques.

Photo : Radio-Canada

Sa première piqûre, comme il l’appelle, c’était en 1992 aux Jeux olympiques d’Albertville, en France. Alain Monge découvre le bénévolat et depuis, ça ne l’a jamais quitté : Piqûre de rappel chaque année, dit-il. Une ou deux fois par an, l’ancien président d’un club de ski du Sud de la France voyage pour vivre ces grands moments de sport autrement. Turin, Sotchi, Pyeongchang et des étapes de Coupe du monde, il se rend partout où son aide peut être utile. Arriver au dernier moment, très peu pour lui.

Si l’on veut vraiment vivre l'événement et en être au coeur, il faut participer aux stades préparatoires. Si l'on vient uniquement pour le spectacle à la fin, ça me paraît un peu moins riche.

Alain Monge, bénévole

Il vient chercher la convivialité entre bénévoles et à Lake Louise, il n’est pas déçu.

La meute des chiens de traîneau cherche toujours à s’agrandir. Cette année, elle accueillait 25 nouveaux bénévoles.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Alberta

Ski alpin