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France : la grève dure dans les transports, nouvelle épreuve de force en vue

Une affiche indiquant "suite à un mouvement social, votre gare est fermée".

La forte majorité des trains sont immobilisés vendredi.

Photo : AFP / Philippe Lopez

Agence France-Presse

La mobilisation en France sur une réforme des retraites s'installe dans la durée pour tenter de faire plier le gouvernement et promet un week-end de difficultés dans les transports avant une nouvelle épreuve de force mardi et la présentation de la réforme le lendemain.

On a frappé un grand coup, généré une dynamique, s'est réjoui le numéro un du syndicat Force Ouvrière, Yves Veyrier, avant la réunion intersyndicale, qui a appelé à une nouvelle mobilisation mardi prochain.

Jeudi, les manifestations ont davantage mobilisé que lors des premières journées des mouvements sociaux sur les retraites de 1995, 2003 et 2010.

À l'origine de la colère : le système universel de retraite censé remplacer à partir de 2025 les 42 régimes de retraite existants (général, des fonctionnaires, privés, spéciaux, autonomes, complémentaires).

Une pancarte, dans une manifestation, indiquant "la retraite avant l'arthrite".

Les manifestants s'opposent notamment à une augmentation de l'âge légal de la retraite.

Photo : AFP / Alain Jocard

L'exécutif français promet un dispositif plus juste, quand les opposants redoutent une précarisation des retraités.

Enseignants, cheminots, pompiers, fonctionnaires... Avec plus de 800 000 personnes dans la rue et certains secteurs d'activité au ralenti voire à l'arrêt comme les raffineries, les syndicats opposés à la réforme ont repris des couleurs.

La retraite est un sujet éminemment sensible en France. Les opposants les plus virulents espèrent faire durer le mouvement et mettre le pays à l'arrêt comme en décembre 1995. La mobilisation d'alors, notamment contre une réforme des retraites, avait paralysé les transports en commun durant trois semaines et forcé le gouvernement de l'époque à reculer.

Pour le président Emmanuel Macron, qui a fait de la transformation de la France la raison d'être de son quinquennat, les jours à venir s'annoncent déterminants.

L'exécutif joue gros en effet dans un contexte social déjà tendu, avec la mobilisation depuis plus d'un an dans le pays du mouvement inédit des gilets jaunes, mais aussi des mécontentements exacerbés dans les hôpitaux, parmi les étudiants, les cheminots, les policiers, les sapeurs-pompiers, les enseignants, les agriculteurs.

La Gare du Nord, à Paris.

Le rail, c’est l’un des moyens de pression les plus visibles des grévistes français. Sans transport ferroviaire, de gros bouchons paralysent les routes.

Photo : AFP / Joel Saget

Or cette grève apporte dans les rues son lot de crispations et de difficultés, notamment chez les usagers des transports en commun de la région parisienne.

Le premier ministre Édouard Philippe a promis qu'il livrerait mercredi l'intégralité du projet du gouvernement. Il a aussi pris soin de dire qu'il n'était pas dans une logique de confrontation.

Mais y aura-t-il matière à éteindre l'incendie?

Le calendrier est bouleversé, mais rien ne change dans l'objectif du gouvernement : casser notre régime de retraite solidaire pour le remplacer par un système individualisé où chacune et chacun sera perdant, a regretté la Confédération générale du travail [NDLR; une centrale syndicale nationale].

Les usagers vont continuer à avoir beaucoup de peine à se déplacer, même si aucun problème n'était signalé samedi matin sur les routes en région parisienne.

La grève s'est poursuivie vendredi dans les transports en commun et le week-end, à moins de trois semaines de Noël, s'annonce toujours très perturbé. Samedi matin, la compagnie ferroviaire nationale SNCF confirmait ses prévisions de circulation de 15 % des trains de banlieue et d'un train à grande vitesse (TGV) sur six alors que la RATP (transports parisiens) confirmait elle aussi la fermeture de neuf lignes de métro.

Des manifestants

250 rassemblements et défilés ont réuni entre 1,4 et 1,5 million de personnes dans le pays jeudi, selon le syndicat.

Photo : AFP / Thomas Samson

Et lundi, cinquième journée de grève, ne s'annonce pas plus rose dans les transports publics. La SNCF a même recommandé aux voyageurs en région parisienne d'éviter les trains de banlieue ce jour-là, l'affluence attendue pouvant rendre les gares dangereuses.

Samedi après-midi, la manifestation contre le chômage et la précarité, organisée chaque premier samedi de décembre, pourrait avoir une tonalité particulière, en résonance avec la mobilisation sur les retraites.

Des gilets jaunes, qui ont apporté leur soutien à la contestation, doivent également défiler à Paris.

Le gouvernement a plusieurs foyers à éteindre, et pas seulement sur les régimes spéciaux, pour lesquels Édouard Philippe a promis des transitions progressives vers le futur système.

Il doit notamment répondre aux inquiétudes des enseignants, qui craignent que leurs pensions de retraite baissent avec les nouvelles règles de calcul.

Dans le transport aérien, la journée de samedi devrait être plus calme que celles de jeudi et vendredi : seuls des retards et perturbations sont à prévoir, selon des prévisions de la Direction générale de l'aviation civile.

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