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Tarifs d'électricité : des hausses annuelles de 2 % dès 2021

Un compteur intelligent d'Hydro-Québec (archives).

Le premier ministre François Legault a indiqué que la hausse tarifaire, qui était de 0,9 % en 2019, allait dès 2021 bondir à 2 % ou même plus, en fonction de l'inflation.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Le gouvernement Legault confirme de façon limpide que les tarifs d'électricité augmenteront à la suite de l'adoption du projet de loi sous bâillon samedi.

Le projet de loi 34 – la réponse du gouvernement au problème des trop-perçus d'Hydro-Québec – était pourtant censé rembourser aux Québécois 1,5 milliard de dollars.

Vendredi, le premier ministre François Legault a plutôt indiqué que la hausse tarifaire, qui était de 0,9 % en 2019, allait dès 2021 bondir à 2 % ou même plus, en fonction de l'inflation.

La proposition est très claire : un gel des tarifs l'année prochaine, puis 2 % par année par la suite. Je pense que c'est très raisonnable, a-t-il déclaré en Chambre.

Monsieur le Président, ce que les Québécois souhaitent, c'est de la prévisibilité. C'est bon pour les consommateurs, c'est bon pour les entreprises, de la prévisibilité, a-t-il ajouté.

De toute façon, a plaidé M. Legault, le Québécois moyen a déjà bénéficié d'une remise d'environ 1000 $ depuis l'élection de la Coalition avenir Québec (CAQ).

On a augmenté les allocations familiales, on a réduit les taxes scolaires, on a réduit les tarifs de garderie, puis je pense que les Québécois sont très contents.

Le premier ministre François Legault

Le gouvernement caquiste prend donc le contrôle des tarifs d'électricité, en soustrayant Hydro-Québec à un examen annuel de la part de la Régie de l'énergie.

Au cours des quatre dernières années, les hausses de tarifs se sont situées en deçà de l'inflation, passant de 0,7 % en 2016, à 0,7 % en 2017, à 0,3 % en 2018 et à 0,9 % en 2019.

Selon l'opposition libérale, le projet de loi 34 n'est pas un cadeau. Son chef intérimaire, Pierre Arcand, a parlé vendredi d'un mauvais deal, décochant ainsi une flèche à l'endroit de François Legault qui se targue souvent d'être un deal maker.

Les Québécois ne verront jamais la couleur de leur argent sur le 1,5 milliard de dollars, a poursuivi le porte-parole libéral en matière d'énergie, Saul Polo. Il s'agit plutôt d'une façon d'aller piger encore plus dans les poches des Québécois.

Amendements déposés samedi

Le projet de loi 34 remettrait 500 millions de dollars aux clients d'Hydro-Québec, gèlerait les tarifs d'électricité en 2020 pour ensuite les arrimer à l'inflation dès 2021. Il affaiblirait la Régie de l'énergie en lui enlevant des pouvoirs.

Des associations de consommateurs, de grands industriels, des PME, des experts, les trois partis d'opposition ainsi que quatre ex-ministres ont descendu le projet de loi en flammes dans les derniers mois.

En outre, le réseau FADOQ a fait parvenir un communiqué vendredi dans lequel il déplore que les aînés soient ainsi bâillonnés.

Ceux qui vendent leur maison pour aller habiter dans une résidence privée pour aînés avec l'électricité incluse dans le loyer ne pourront profiter ni de la remise de 500 millions de dollars ni du gel des tarifs en 2020, a illustré sa présidente, Gisèle Tassé-Goodman.

Alors que plus de 35 % des personnes de 65 ans et plus vivent avec moins de 20 000 $ par année, il est évident que toute hausse de tarif aura des impacts importants sur cette tranche de la population, a-t-elle déclaré.

Le ministre de l'Énergie, Jonatan Julien, a toujours refusé de changer le cœur du projet de loi, mais il a annoncé vendredi qu'il présentera samedi une série d'amendements dont on ignore la teneur.

Ce sera un troisième bâillon en six mois pour le gouvernement de la CAQ. En juin dernier, il avait adopté à toute vapeur le projet de loi 21 sur la laïcité de l'État et le projet de loi 9 en immigration.

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