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COP25 : éviter de créer une crise sociale avec la transition verte

Gros plan de Sylvain Gaudreault.

Le candidat à la chefferie du Parti québécois Sylvain Gaudreault pense qu'il faut profiter de la COP25 pour rassurer les travailleurs québécois qui se trouvent au centre de la transition énergétique.

Photo : Radio-Canada

Valérie Gamache

Le ministre québécois de l'Environnement, Benoit Charette, doit rencontrer pour la première fois son homologue fédéral, Jonathan Wilkinson, lors de la COP25 à Madrid, afin de jeter les bases de leur coopération en matière de lutte contre les changements climatiques.

Les deux ministres s'entendent déjà sur le principe qu'économie et environnement doivent aller de pair.

Sylvain Gaudreault, candidat à la chefferie du Parti québécois (PQ), mais aussi porte-parole en matière d'environnement de ce parti, participe également à la COP25. Il estime pour sa part que le ministre Charette doit profiter de cette conférence sur le climat pour rassurer les travailleurs québécois qui se trouvent au centre de la transition énergétique, et ainsi éviter une crise comme celle des gilets jaunes en France.

Les travailleurs ne doivent pas se sentir laissés sur le carreau, il faut savoir combien ça coûte pour que personne ne soit laissé de côté.

Sylvain Gaudreault, porte-parole en matière d'environnement du PQ

Le député de Jonquière demande ainsi au ministre de l'Environnement de s'engager à dresser le portrait des impacts de la transition énergétique sur les emplois au Québec.

Il pense qu'un mandat devrait être confié à la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) pour établir dans un premier temps le nombre de travailleurs qui seront concernés par la transition vers des énergies vertes. Quel secteur sera le plus affecté? Quand? Dans quel milieu?

Sans ce portrait, le Québec ne peut pas avancer, dit-il, parce que trop de questions demeurent sans réponse. Il faut savoir combien on peut investir. Il faut déterminer quelles mesures on peut prendre pour assurer la formation et la conversion des emplois, ajoute M. Gaudreault.

Des centaines de milliers de travailleurs touchés

La FTQ, la plus importante centrale syndicale québécoise, est aussi d'avis que les travailleurs doivent rapidement être mis dans le coup.

Si les travailleurs ne sont pas au cœur des décisions, ils vont se braquer et on va se retrouver avec des gilets jaunes dans les rues du Québec.

Patrick Rondeau, conseiller en environnement et en transition juste à la FTQ

La FTQ est aux premières loges des inquiétudes des travailleurs : la centrale syndicale représente 600 000 travailleurs, notamment ceux de l'un des plus grands émetteurs industriels de gaz à effet de serre (GES) du Québec, Ciment McInnis.

Nos membres qui travaillent dans une cimenterie, une raffinerie ou dans les mines sont déjà démonisés sur la place publique, dit M. Rondeau, qui participe aussi à la COP25.

La centrale syndicale évalue qu'entre 400 000 et 700 000 emplois pourraient être touchés. Cela n'équivaut évidemment pas à des pertes d'emplois, mais cela montre l'ampleur de l'impact sur le marché du travail.

Préserver les conditions de travail

Dans son mémoire déposé cet automne dans le cadre de la consultation pour le plan d'électrification et de changements climatiques (PECC) du gouvernement, la FTQ souhaite fortement que les transformations nécessaires à la transition énergétique ne se fassent pas au détriment des conditions de travail et salariales des travailleurs.

Cela ne ferait qu'aggraver la résistance et exposerait l'économie du Québec à une série de conflits de travail.

Un extrait du mémoire de la FTQ

La FTQ recommande que le gouvernement mette sur pied des programmes pour pallier la perte de revenu des travailleurs dont les emplois seront appelés à disparaître.

Même en mettant rapidement en place cette série de propositions, il est possible que des entreprises aient à fermer leurs portes. Dans ce cas précis, le gouvernement a le devoir d'accompagner les travailleurs et les travailleuses, ainsi que leur communauté, peut-on aussi lire dans le mémoire.

Le ministre de l'Environnement doit déposer son plan d'électrification et de changements climatiques au début de 2020.

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