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Pas de places en milieux de garde pour les bébés de l’Estrie

Mylène Tremblay n'a toujours pas trouvé de place en milieu de garde pour son petit Laurent.

Photo : Radio-Canada

Fanny Lachance-Paquette
Mis à jour le 

La maman du petit Laurent, Mylène Tremblay, termine son congé de maternité et retourne au travail en janvier prochain. Alors qu’elle a entamé les démarches pour trouver une garderie ou un service de garde pour son bébé deux semaines après avoir appris être enceinte, elle ne lui a toujours pas déniché de place.

La nouvelle maman a tout essayé. Dès les premiers jours de sa grossesse, elle s’est inscrite au guichet unique de la place 0-5 auprès d’une quinzaine de centres de la petite enfance (CPE). Voyant qu’elle se trouvait beaucoup trop loin sur les listes d’attente, elle a entamé des démarches auprès de services de garde subventionnés et privés. Après plus de 120 appels, aucun service de garde n’est apte à accueillir son poupon. Ses demandes d’aide sur les réseaux sociaux ont aussi été vaines.

C’est tout ce qu’on souhaite pour nos enfants, qu’ils soient biens et trouver la perle rare. Mais présentement on n’a même pas d’options.

Mylène Tremblay, maman à la recherche d’un milieu de garde pour son enfant

Elle n’est pas seule dans cette situation. Sur un groupe Facebook portant sur les places disponibles en garderie à Sherbrooke, certains parents désespérés vont même jusqu’à s’informer de la marche à suivre pour ouvrir leur propre service de garde en milieu familial, à défaut de trouver un endroit pour leur bambin.

Capture d'écran d'un groupe Facebook

Dans divers groupes Facebook, plusieurs parents lancent des appels à l'aide pour trouver une place en garderie pour leur enfant.

Photo : Facebook / place disponible en garderie sherbrooke

Selon le ministère de la Famille, en ce moment au Québec, 42 000 enfants sont sur la liste d’attente pour obtenir une place en garderie. L’Estrie est particulièrement touchée par le manque de places.

Les responsables de garde désertent

L’Alliance des intervenantes en milieu familial de l’Estrie reçoit des appels toutes les semaines de parents qui n’arrivent pas à placer leur enfant. Les places pour poupons sont particulièrement difficiles à obtenir puisque les éducatrices en milieu familial ne peuvent pas garder plus de deux poupons à la fois. De plus, les places se libèrent majoritairement en septembre, lorsque des enfants quittent les services de garde pour entrer à l’école, ce qui coïncide rarement avec la fin du congé de maternité des parents.

Mais le problème en est d’abord un de pénurie de main-d'oeuvre. La présidente de l’Alliance des intervenantes en milieu familial de l’Estrie, Marlène Carbonneau, soutient recevoir des appels toutes les semaines d’intervenantes qui décident de fermer définitivement leur service de garde. Il y a toujours plus d’exigences, mais le salaire demeure le même. Il n’y a pas de reconnaissance de la profession , explique la présidente.

Parmi les solutions proposées par les intervenantes en milieu familial, celle d’obtenir une spécialisation pour poupons. Dans les CPE, le ratio est d’une éducatrice pour cinq poupons. L’Alliance des intervenantes en milieu familial propose d’avoir une éducatrice pour quatre poupons plutôt que deux.

Les élus bien au fait de la situation

Se trouvant dans une impasse, Mylène Tremblay a même écrit aux députés de sa région. La députée de Sherbrooke, Christine Labrie, est aussi porte-parole de Québec solidaire pour la famille. Elle se dit extrêmement préoccupée par le manque actuel de places en CPE et en service de garde.

Elle reçoit fréquemment des messages de parents désespérés. Des messages paniqués de parents qui reçoivent des pressions pour retourner au travail. Parfois ils ont déjà prolongé de quelques mois leur congé en poursuivant leurs recherches. C’est problématique de voir que des femmes, principalement, ne sont pas en mesure de retourner sur le marché du travail décrit-elle.

À la suggestion de la députée solidaire, Mylène Tremblay a aussi envoyé une lettre au ministre de la Famille, Mathieu Lacombe. Elle est toujours en attente de réponse de sa part.

En entrevue à Radio-Canada, le ministre Lacombe assure être bien au fait de la situation. Il considère s’être retrouvé au lendemain des élections avec l’héritage des libéraux qui avaient complètement freiné le développement des places pendant des années. Depuis, la CAQ a donné le feu vert à de nombreux projets qui mèneront à la création de près de 600 places en Estrie d’ici 2022.

Il n’y a pas de solution miracle. [...] On va régler le problème à moyen, long terme.

Mathieu Lacombe, ministre québécois de la Famille

Un défi important pour le ministre est d’intéresser les jeunes à étudier en technique d’éducation à l’enfance. Les inscriptions ont baissé de 41 % dans les cégeps offrant la formation depuis 2014. Il reconnaît aussi que les conditions de travail actuelles des éducatrices sont ardues. Il proposera des plans pour affronter ces problèmes au cours des prochains mois.

Pour ce qui est de la proposition de l’Alliance d’augmenter le ratio de poupons par responsable de garde, le ministre ne s’avance pas: On est ouvert aux bonnes idées. Il ne faut pas non plus compromettre la santé et la sécurité des enfants uniquement parce qu’il y a un besoin.

À court terme, une partie de la solution est entre les mains de la communauté selon le ministre Lacombe. Il invite les personnes prêtes à ouvrir un service de garde en milieu familial à se manifester, soulignant que près de 500 places subventionnées pourraient être octroyées dans les prochaines semaines.Mais faut que des gens lèvent la main, ça c’est clair conclut-il.

Le ministre Lacombe sera de passage à Magog mardi prochain pour une annonce sur le recrutement de personnel qualifié au sein des centres de la petite enfance.

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