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Irak : l'ayatollah Al-Sistani ne veut pas d'un premier ministre sous influence

Des manifestants irakiens sur la place Tahrir  à Bagdad, le 6 décembre 2019

Les contestataires du régime en place réclament une refonte complète du système politique actuel.

Photo : Getty Images / AHMAD AL-RUBAYE

Reuters

Le grand ayatollah Ali Al-Sistani, plus haut dignitaire chiite d'Irak, a exhorté vendredi les dirigeants irakiens à choisir un nouveau premier ministre indépendamment de toute ingérence étrangère, allusion à peine voilée à l'Iran.

L'Irak est le théâtre d'un vaste mouvement de contestation depuis le mois d'octobre, dont la répression a coûté la vie à plus de 400 manifestants.

Huit personnes ont encore perdu la vie et plus de vingt autres ont été blessées vendredi par des tirs d'hommes armés près de la place Tahrir à Bagdad, le principal lieu de regroupement des manifestants dans la capitale irakienne, a-t-on appris de sources policière et médicale.

Le poste de premier ministre est vacant depuis la démission d'Adel Abdel Mahdi annoncée le 29 novembre, dans la foulée d'un appel en ce sens lancé par le même Ali Al-Sistani.

Nous espérons qu'un nouveau chef de gouvernement et son équipe seront désignés avant la date butoir voulue par la Constitution, soit le 16 décembre, a déclaré un porte-parole du grand ayatollah lors du sermon du vendredi, à Kerbala.

La nomination doit également se faire sans ingérence étrangère, a-t-il ajouté.

Les puissances étrangères

Depuis le renversement de Saddam Hussein, en 2003, l'Iran et les États-Unis jouent tous deux un rôle de puissances tutélaires en Irak, à la population majoritairement chiite, mais, dans les faits, ce sont le plus souvent des alliés de Téhéran qui occupent des positions de pouvoir.

Les déclarations de l'ayatollah interviennent alors qu'un haut responsable iranien, le commandant de la force d'élite Al-Qods des Gardiens de la révolution, Qassem Soleimani, se serait trouvé cette semaine à Bagdad pour rallier des soutiens à un nouveau gouvernement favorable aux intérêts de Téhéran.

Les contestataires réclament une refonte complète du système politique actuel, suspecté d'être miné par la corruption et de garder sa population dans la pauvreté.

Ils accusent les élites irakiennes de servir les intérêts de puissances étrangères, en particulier l'Iran, alors que le pays est frappé par un chômage de masse.

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