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Encourager les femmes à devenir ingénieures

Une femme portant un casque protecteur et un gilet voyant se trouve sur un site en construction. Elle tient également une tablette dans ses mains et porte des lunettes.

Le pourcentage de nouvelles ingénieures au Canada s'élevait à 18,1 % à la fin de l'année 2018.

Photo : iStock

Radio-Canada

Trente ans après la tuerie de Polytechnique, les femmes ne représentent que 15 % des effectifs au sein de la profession d'ingénieur au Québec. Souhaitant faire augmenter ce pourcentage, Ingénieur Canada, qui regroupe tous les ordres professionnels d'ingénieurs du pays, a lancé l'initiative 30 en 30.

La campagne 30 en 30 a pour objectif de faire passer à 30 % la proportion de nouvelles ingénieures en 2030 au Canada.

Ce pourcentage s'élevait à 18,1 % à la fin de l'année 2018.

Parmi les organisations participant à cette initiative, il y a notamment l'Ordre des ingénieurs du Québec. Ce dernier a recruté 300 ambassadrices qui donneront des conférences dans des écoles afin de démystifier la profession d'ingénieur et de la faire connaître.

Ménélika Békolo, ingénieure en génie électrique chez Hydro-Québec, est l'une de ces ambassadrices. Elle a choisi de travailler en génie par curiosité. J'ai toujours été fascinée par l'électricité, d'où ça vient, comment ça se passe, indique-t-elle.

Ménélika Békolo est assise à son bureau. Devant elle sont posés des écrans d'ordinateur et un ordinateur portable.

Ménélika Békolo, une ingénieure en génie électrique chez Hydro-Québec, donne des conférences dans les écoles afin de démystifier la profession d'ingénieur et de la faire connaître.

Photo : Courtoisie / Ménélika Békolo

Elle estime que beaucoup de préjugés existent concernant le génie.

Beaucoup de gens pensent encore qu'un ingénieur, c'est un homme blanc qui est vieux. Et ça, il faut casser cette image-là, parce qu'à cause de cette image, beaucoup n'essaient même pas et ne pensent même pas au génie, soutient-elle.

Mon premier message, c'est qu'il y a une place pour tout le monde en génie, que tu sois une femme, un homme, premier de classe et même dernier de classe [...] Le message aussi, c'est qu'on a un impact social. Les ingénieurs sont dans des branches que vous ne pouvez pas soupçonner.

Ménélika Békolo, ingénieure en génie électrique chez Hydro-Québec

La présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec, Kathy Baig, estime de son côté que les jeunes filles boudent le génie en raison du manque de modèles féminins, mais aussi parce qu'elles préfèrent les métiers où elles ont l'impression d'améliorer les choses sur le plan humain.

Les jeunes filles ont une attirance pour les professions où il y a le côté humain, une relation d'aide, un impact. Et puis, elles ont de la difficulté à voir ça dans le métier d'ingénieur, dit-elle.

Sandra Gwozdz, porte-parole de l’initiative 30 en 30, est du même avis. Les filles ont beaucoup tendance à aller chercher des métiers où elles vont faire la différence, qui vont sauver le monde, affirme-t-elle. C'est là qu'il faut communiquer comment ce métier-là peut changer le monde.

Le reportage complet de Marie-France Bélanger est diffusé à l'émission « L'heure du monde ».

Plus de futures ingénieures dans certains secteurs

La proportion de femmes s'inscrivant en génie varie selon les disciplines, souligne Eve Langelier, titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie au Québec à l'Université de Sherbrooke.

Si on regarde en génie informatique, génie mécanique, génie électrique, on est autour de 10 %. Si on regarde en génie biotechnologique, génie biomédical, on monte à environ 40 %, explique-t-elle.

Mme Langelier ajoute que les chiffres n'ont pas beaucoup changé au cours des dernières années, selon elle, mais que le bien-être des ingénieures s'est amélioré. Il y a une étude récente qui a été faite [...] et on a noté que les femmes aiment les tâches qu'on leur donne et qu'elles se sentent respectées, indique-t-elle.

Les photos des 14 victimes de Polytechnique dans des cadres posés sur une table avec une rangée de chandelles blanches.

Le 6 décembre 2019 marque le 30e anniversaire de la tuerie de l'École polytechnique de Montréal, où un tireur a fait irruption dans l'établissement, ciblant délibérément des femmes dans un domaine essentiellement masculin.

Photo : Radio-Canada / Patrick Foucault

Hommage et ambition

L’initiative 30 en 30 est très ambitieuse, mais nécessaire, pense par ailleurs Eve Langelier. Elle donne un coup de barre pour engager les universités à faire des actions.

Sandra Gwozdz, qui est aussi une survivante de la tuerie de Polytechnique, voit également cette campagne comme une façon de saluer la mémoire des victimes qui étaient sur le bord de devenir des ingénieures.

La campagne de séduction ne fait que commencer. Au Québec, des ambassadrices visiteront plus de 200 écoles au cours de la prochaine année.

D'après le reportage de Marie-France Bélanger

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