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Des drogues de rue de plus en plus fortes

Comprimé de méthamphétamine

La méthamphétamine fait partie des drogues de rue qui sont de plus en plus puissantes.

Photo : CBC

Catherine Bouchard

Une légère hausse des cas de surdoses s’observe d’ailleurs dans la région, selon des données obtenues par Radio-Canada. Cette situation inquiète plusieurs intervenants, dont la Dre Marie-Ève Morin, qui analyse des drogues de rue.

Au 31 mars 2019, il y a eu 276 admissions de patients pour un séjour de courte durée pour surdose dans une des principales urgences du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

Il y avait toutefois moins de cas pour l'année fiscale terminant au 31 mars 2017. Ce sont 186 admissions qui ont été enregistrées pour surdoses dans les urgences de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Une légère hausse des surdoses s'observe dans les urgences de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Une légère hausse des surdoses s'observe dans les urgences de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Photo : Radio-Canada

Des cas de surdoses peuvent aussi ne pas avoir été rapportés ou traités par les urgences.

Des drogues plus fortes

Marie-Ève Morin, médecin de famille œuvrant en dépendances et en santé mentale, est catégorique : les drogues de rue sont de plus en plus fortes. Elle a débuté, il y a trois ans, le projet Caméléon pour analyser les drogues dans les festivals. Les résultats sont sans équivoques. Les substances testées étaient à 43 % en discordance avec ce que le consommateur s’attendait à avoir acheté.

Consommez, c’est rendu comme la roulette russe. Ils savent plus sur quoi ils vont tomber.

Dre Marie-Ève Morin

Elle constate que les amphétamines, mais aussi d'autres drogues, sont fréquemment mélangées avec d’autres substances plus fortes, pour créer une dépendance.

Le speed, à la base, c’est censé être de la méthamphétamine, mais on commence à voir d’autres substances, beaucoup plus fortes.­

Plus de psychoses?

Michaël Morin, un ex-toxicomane, est familier avec le phénomène des psychoses. Il constate aussi que les drogues étaient de plus en plus fortes. J’ai consommé de 16 ans à 22 ans, indique-t-il, et je dois en avoir fait de quatre ou cinq.

Le nombre de cas de psychoses demeure toutefois stables dans les cinq dernières années dans les urgences de la région.

Le jeune homme, aujourd’hui sobre depuis un an, consommait surtout des amphétamines. Les effets stimulants de ce type de drogues présentent selon lui davantage de risques de psychoses.

Michaël Morin

Michaël Morin est sobre depuis un an. Il constate que les amphétamines étaient de plus en plus fortes.

Photo : Radio-Canada

Je connais beaucoup de gens qui ont fait des psychoses.

Michaël Morin

Au sommet de sa consommation, Michaël Morin prenait 15 comprimés d’amphétamine par jour. L’effet est si fort sur le corps qu’il en paie encore le prix.

L’amphétamine attaque les dents et les os, relate-t-il. Je me suis fait réparer 15 dents  dans la dernière année et il m’en reste encore à faire réparer, parce qu’elles étaient pourries.

Des problématiques exacerbées

La coordonnatrice au Centre d'entraide aux rayons du Soleil, du secteur Grand-Mère à Shawinigan, constate des problématiques plus exacerbées chez les consommateurs qui fréquentent l’organisme. Elle estime, elle-aussi, que les drogues sont de plus en plus fortes, particulièrement les amphétamines, communément appelées speed.

J’ai noté qu’il y a davantage de désorganisation. Des personnes qui arrivent ici qui ne connaissent pas le secteur, qui ne connaissent pas les services. [...] Ils n’ont plus de vêtements, alors on les aide, élabore Anaïs Giguère Massicotte.

Elle avance être confrontée à beaucoup plus de cas de psychoses et de délires paranoïdes. Depuis 2015, on voit une bonne augmentation à ce niveau-là.

La coordonnatrice au Centre d'entraide aux rayons du Soleil, du secteur Grand-Mère à Shawinigan, Anaïs Giguère Massicotte, en discussion avec un habitué du centre de jour.

La coordonnatrice au Centre d'entraide aux rayons du Soleil, Anaïs Giguère Massicotte, en discussion avec un habitué du centre de jour.

Photo : Radio-Canada

Des laboratoires pour plus de sécurité

Pour la docteure, rendre plus accessible l’analyse de substances fait partie de la solution.

Quand on annonce à quelqu’un qui pensait avoir de la MDMA [ecstasy] qu’il a de la MDE [NDLR : drogue stimulante de type psychédélique] , il y en a une grande partie qui se débarrasse de la substance.

Elle croit que des tests devraient être disponibles à plusieurs endroits, afin d’éviter des surdoses ou des psychoses.

Je pense que l’analyse de substance devrait être incluse dans les centres communautaires, dans les OSBL, peut-être même dans les maisons de jeunes. C'est important de dire qu'on ne les encourage pas à consommer! [...] Si on rendait l'analyse de substances disponibles aussi aux travailleurs de rue, on pourrait certainement sauver des vies , conclut la docteure.

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Mauricie et Centre du Québec

Drogues et stupéfiants