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Sommet sur le transport ferroviaire : des attentes tant économiques qu'environnementales

Des trains alignés à la gare de triage de Brampton en Ontario.

Un gare de triage du CN (archives)

Photo : Reuters / Mark Blinch

Alors que s’ouvre ce matin à Drumondville le sommet sur le transport ferroviaire organisé par le ministère des Transports du Québec, des élus de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec espèrent voir Québec adopter des mesures claires, tant sur le transport des marchandises que des personnes, pour favoriser le développement économique des communautés grâce au rail.

Depuis le rachat en 2015 de la cour de transbordement de Matagami, héritage des grands projets hydroélectriques de la Baie-James, le maire René Dubé jubile devant le potentiel de développement économique qu’autorise cet outil remis au goût du jour.

Toutes les turbines qui montaient à la Baie-James passaient par cet équipement-là. À cette heure, ils travaillent au remplacement des turbines, tout passe, rentre par le chemin de fer ici et est acheminé par transports aux centrales.

Une affiche indique Cour de transbordement Matagami avec des logos d'entreprises.

La cour de transbordement de Matagami

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Un potentiel extraordinaire, estime-t-il. La différence, c’est le just-in-time, livraison à temps, dans le sens où tu remplis ton camion et tu sais qu’il va pouvoir être déchargé à la minière à l’heure prévue. Ça a un coût, des retombées, des économies énormes pour les gens de l’industrie.

Un homme pose dans son bureau.

Le maire de Matagami, René Dubé

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Des gains en efficacité, mais aussi en argent

Pour la minière Newmont, les économies d’échelle se chiffrent effectivement en centaines de milliers de dollars. Le coordonnateur des chaînes d’approvisionnement de la mine Éléonore, Benoît Bégin, considère aussi comme un gain le fait de pouvoir entreposer des intrants comme la chaux ou le ciment utilisé pour le remblai.

Le plus gros avantage aussi, en plus d’avoir le produit à proximité, il y avait opportunité de donner à des transporteurs régionaux le transport, mais aussi étant donnée la capacité portante de la route de la Baie-James, dans le temps de dégel, où on a un impact d’environ 25 % par voyage, donc beaucoup plus de voyages, ça nous a permis des économies de plus de 200 000 $ par année, évalue M. Bégin, précisant que ce levier est utilisé depuis 2016. C’est des très beaux gains pour nous autres.

C’est un gain pour nous autres et ça encourage le développement régional auquel on croit beaucoup, donc c’est un gain pour les deux parties.

Benoît Bégin, coordonnateur des chaînes d’approvisionnement de la mine Éléonore

On utilise aussi depuis quelques semaines un bel espace d’entreposage qu’ils ont réhabilité. On était rendu [à pleine capacité de nos entrepôts ici], on a un produit qu’on doit garder longtemps, longtemps, ça s’accumule toujours. Donc, on a fait une entente avec la Ville de Matagami pour cet espace-là et on est en train de transférer, poursuit-il.

Étendre le modèle à d’autres régions?

Conscient d’être la porte d’entrée de l’Abitibi-Témiscamingue par le rail, le maire de Senneterre et président du comité ferroviaire de l’UMQ, Jean-Maurice Matte, suit le projet avec attention. Il aimerait aussi doter sa ville d’une cour de transbordement. Selon lui, chaque région administrative devrait d’ailleurs être dotée d’une telle infrastructure.

Il y a beaucoup de matériel qui entre et qui sort de la région et Senneterre se trouve à être la porte d’entrée de la région au niveau du ferroviaire et c’est le meilleur endroit à notre sens à nous pour installer un centre de transbordement qui pourrait permettre d’acheminer plus de matériel dans la région par le ferroviaire, mais également de sortir plus de matériel par le ferroviaire, fait-il valoir, citant par exemple la volonté de Tourbières Lambert de s’établir dans le secteur pour desservir les marchés éloignés.

Une cour de transbordement pour toutes sortes de matériels qui entrent et qui sortent de la région, nos ressources naturelles, serait très souhaitable pour la région.

Jean-Maurice Matte, maire de Senneterre et président du comité ferroviaire de l’UMQ

Des gains environnementaux

M. Matte estime cependant que c’est un projet hors de portée sans l’appui du gouvernement.

Une fois que le gouvernement aura vraiment affirmé sa volonté de mettre en place une stratégie ferroviaire pour le Québec avec des mesures pour mieux transporter la marchandise, les personnes — c’est ce qu’on pense qu’il va annoncer —, on va faire en sorte, pour la région, pour l’Abitibi-Témiscamingue, pour Senneterre, de développer un centre de transbordement efficace, dit-il.

Jean-Maurice Matte présente un projet aux journalistes.

Jean-Maurice Matte, maire de Senneterre (archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Il est d’ailleurs d’avis que c’est la voie à prendre d’un point de vue environnemental.

Comprenons-nous bien, je ne veux pas qu’on abolisse le routier, c’est vraiment nécessaire, mais c’est d’avoir une meilleure synergie entre les deux modes de transport et avoir un mode de transport de la marchandise qui est beaucoup moins dommageable pour l’environnement en termes de GES, fait-il valoir, précisant que l’UMQ doit publier début 2020 une étude sur les coûts sociaux et environnementaux du transport routier et l’évaluation des gains à faire avec le ferroviaire.

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