•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les Gaspésiens et les Madelinots commémorent les 30 ans de la tuerie de Polytechnique

Des gens marchent avec des pancartes.

Une soixantaine de Madelinots ont marché pour souligner la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes.

Photo : La Sentin'Elle

Isabelle Larose

Des Îles-de-la-Madeleine à Saint-Ulric, les Gaspésiens et les Madelinots se mobilisent pour commémorer les 30 ans de la tuerie antiféministe survenue à l’École polytechnique de Montréal.

Plus de 60 Madelinots ont marché vendredi midi au centre-ville de Cap-aux-Meules pour honorer la mémoire des 14 femmes tuées le 6 décembre 1989.

L'événement organisé par le Regroupement des femmes La Sentin’Elle et la Maison d’aide et d’hébergement l’Accalmie visait à dénoncer tous les types de violence dont les femmes sont victimes : des abus psychologiques aux agressions sexuelles en passant par les violences économiques et verbales.

Des gens marchent avec des pancartes.

Les Madelinots ont marché entre le centre commercial Place des Îles jusqu'au centre communautaire Jos-Lebourdais à Cap-aux-Meules.

Photo : Sentin'Elle

Le 6 décembre se tient la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Soulignée officiellement pour la première fois en 1991 par le Parlement du Canada, elle commémore le meurtre de 14 jeunes femmes à l’École polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989.

(Source : Conseil du statut de la femme)

L'intervenante de La Sentin'Elle, Marie-Hélène Lapalme, soutient que le contexte d'insularité est propice à la loi du silence.

Les gens, affirme Mme Lapalme, ont tendance à ne pas vouloir se mêler de ce qui se passe de l’autre côté, chez le voisin, dans la famille. On préfère garder le silence que de dénoncer, et les victimes sont les premières touchées par cette loi du silence.

Je pense que c’est un pas nécessaire à franchir que de parler davantage de violences pour faire tomber les tabous sur cet enjeu-là.

Marie-Hélène Lapalme, intervenante à La Sentin'Elle
Des marcheurs rassemblés à l'extérieur.

Les Madelinots présents tenaient à dénoncer les violences faites aux femmes.

Photo : La Sentin'Elle

Les Madelinots sont également invités à allumer une chandelle blanche à leur fenêtre à partir de 18 h.

Le geste, explique Marie-Hélène Lapalme, a pour but de signifier à nos voisines, à nos amies ou aux passantes que, si elles ont besoin d’aide, d’un lieu sûr pour se réfugier ou que si elles ont peur pour leur sécurité, qu’elles peuvent venir cogner à notre porte.

Les étudiants et les femmes de Gaspé mobilisés

L’Association générale étudiante du Cégep de la Gaspésie et des Îles (AGECGI) du campus de Gaspé a mis en place un « photomaton féministe » afin de marquer les 30 ans de la tuerie de Polytechnique. Durant une bonne partie de la journée, les étudiants ainsi que la population en général étaient invités à se faire photographier dans l'agora du Cégep devant une série d'images qui valorisent l'égalité des sexes et qui rappellent les luttes féministes.

La responsable de la coordination de l’AGECGI, Victoria Pineda, soutient qu'il ne faut jamais cesser de lutter pour contrer les violences faites aux femmes.

C'est toujours un devoir comme association étudiante, soutient Mme Pineda, de rappeler au monde que les acquis qu'on a gagnés au cours des dernières années, des dernières décennies, sont fragiles et qu'il faut toujours garder une certaine vigilance pour ne pas retourner en arrière.

Des étudiants photographiés avec un message féministe.

Les photos prises au campus de Gaspé seront relayées sur les médias sociaux.

Photo : AGECGI

Le Regroupement des femmes de la Côte-de-Gaspé a également organisé un événement pour souligner le 30e anniversaire des événements de Polytechnique et dénoncer les violences toujours présentes.

La troupe féministe de théâtre d’intervention « Sans rideau » du Regroupement des femmes avait préparé un numéro spécialement pour l’occasion.

Commémoration à Saint-Ulric

L'organisme La Gigogne, qui vient en aide aux femmes victimes de violence conjugale dans La Matanie, organise vendredi soir une cérémonie en hommage aux victimes de la tuerie de Polytechnique.

La cérémonie s'ouvrira à 18 h à Saint-Ulric, le village d'origine de Sonia Pelletier, l'une 14 victimes tombées sous les balles de Marc Lépine.

Photo des 14 femmes victimes.

Sonia Pelletier, originaire de Saint-Ulric, fait partie des 14 femmes tuées le 6 décembre 1989.

Photo : Radio-Canada

L'hommage se tiendra d'ailleurs au parc qui a été nommé à sa mémoire cet été.

L'agente d'événement et de mobilisation de La Gigogne, Diane Desrosiers, invite toute la population à prendre part à la cérémonie afin de réfléchir aux moyens de contrer la violence dont sont toujours victimes les femmes 30 ans plus tard.

En tant que personne, famille, village, société, qu’est-ce qu’on peut faire pour contrer cette violence-là? questionne Mme Desrosiers. C’est la question qu’on veut lancer pour faire réfléchir tout le monde afin que tous refusent la violence et la dénoncent.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Société