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  • En 1969, la Loi sur l’aide sociale est adoptée au Québec

    Chèque d'aide sociale.

    Chèque d'aide sociale.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 12 décembre 1969, l’Assemblée législative du Québec adopte la Loi sur l’aide sociale. Cette loi vise à soutenir les populations nécessiteuses de notre société.

    Un troublant reportage

    J’ai vu ce mur délabré comme il doit en exister des milliers d’autres et cette chambre où cohabitent enfants et parents. 11 personnes habitent entre ces murs désolés. La mère, une jeune femme, règne sur cette maison et tente de lui donner une âme.

    Raymond Charrette, 1960

    Premier plan, 17 avril 1960

    Le 17 avril 1960, l’émission Premier plan qu’anime Raymond Charrette nous fait voir un reportage extrêmement troublant sur la pauvreté au Québec. 

    Un extrait de ce reportage nous présente une famille qui compte 11 personnes. La mère nous explique comment se passe son quotidien. On comprend par ses confidences qu’elle peine à nourrir toute sa maisonnée, que les conditions d’habitation sont insatisfaisantes et stressantes et qu’elle n’arrive pas à joindre les deux bouts.

    Le plus surprenant peut-être est que son mari travaille. Mais son salaire est loin de suffire pour combler tous les besoins. L’extrait se termine par une brève entrevue avec le père, qui est complètement découragé.

    Passer de la charité à un droit

    C’est pour combattre cette pauvreté et cette misère morale que le gouvernement du Québec met en application en 1969 la Loi sur l’aide sociale, qui trouve son origine dans les travaux d’un comité d’étude sur l’assistance sociale dirigé par le juge J. Émile Boucher.

    Dans ses conclusions, le magistrat rejette la notion de l’aide fondée sur des motifs dits « charitables et moraux  » pour l’ancrer sur des principes de justice et de droit. Concrètement, le rapport du comité Boucher recommande au premier ministre du Québec Jean Lesage la mise en place d’un programme unifié d’aide sociale.

    Celui-ci sera fondé sur le principe que tout individu dans le besoin a « le droit à une assistance de la part de l’État, quelle que soit la cause immédiate ou éloignée de ce besoin ».

    Le gouvernement du premier ministre Jean-Jacques Bertrand fait suite à la recommandation du Rapport Boucher le 12 décembre 1969. Le 1er novembre 1970, la Loi sur l’aide sociale entre en application.

    Présent édition nationale, 3 novembre 1970 (audio)

    C’est dans ce contexte que, le 3 novembre 1970, l’animatrice de l’émission radio Présent, édition nationale reçoit le sous-ministre de la Santé, du bien-être et de la famille du Québec Roger Marier et André Savard, directeur des normes au programme d’aide sociale. Les deux hommes expliquent les mécanismes du programme ainsi que les barèmes pour les prestations.

    Des préjugés tenaces

    Vous direz ce que vous voulez, on le sait bien. « C’est toute une gang de paresseux ». Qui n’a pas entendu, ou lancé lui-même, cette expression?

    Yves Blouin, 1982

    En 1982, le journaliste Yves Blouin se rend dans la région de L’Islet sur la rive sud du Saint-Laurent.

    Repères, 2 avril 1982

    Il en revient avec un reportage qu’il présente à l’émission Repères le 2 avril 1982.

    À cette époque, la région, comme l’ensemble de la province de Québec, est frappée par une très grave récession économique qui crée beaucoup de chômage. Cette situation n’empêche pas, comme le constate le journaliste, que plusieurs citoyens pointent d’un doigt accusateur ceux et celles qui doivent avoir recours à l’aide sociale.

    Pourtant, comme le confirme un fonctionnaire du ministère du Travail du Québec, ces préjugés sont très souvent loin d’être justifiés. Cette stigmatisation blesse beaucoup les bénéficiaires de l’aide sociale interviewés par le journaliste Yves Blouin. Ceux-ci affirment que si les fraudeurs existent, ils ne constituent pas la majorité des prestataires d’aide sociale.

    Plusieurs personnes interrogées soulignent par ailleurs la discrimination et l'isolement que cette intolérance engendre et la honte éprouvée d'avoir recours à l’aide sociale.

    Plusieurs de ses préjugés persistent de nos jours. En 2016, 50 % des répondants à un sondage commandé par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec affirmaient entretenir une opinion négative envers les assistés sociaux.

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