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14 roses pour se souvenir des victimes de Polytechnique, et du chemin encore à parcourir

Un bouquet de roses rouges, dans un vase. En arrière, un rideau bleu.

14 roses déposées à l'Hôtel de Ville de Toronto pour chacune des victimes de la tuerie de Polytechnique.

Photo : Radio-Canada / John Lesavage

Camille Gris Roy

Les visages et les noms des 14 femmes assassinées le 6 décembre 1989 à l'École polytechnique de Montréal ont été projetés vendredi matin à l'hôtel de ville de Toronto; et pour chacune d'entre elles, une rose rouge a été déposée dans un vase.

Cette cérémonie est l’un de plusieurs événements organisés en Ontario et partout au pays pour marquer les 30 ans de l'attentat antiféministe de Polytechnique, et la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes.

La conseillère municipale Kristyn Wong-Tam garde un souvenir assez clair du 6 décembre 1989. Elle était alors élève du secondaire.

Je regardais ça se développer à la télévision nationale, et c’était horrifiant, raconte-t-elle. On ne savait pas vraiment ce que c’était qu’une fusillade de masse. Et le fait que ça se produise dans une université canadienne, là où il y a des étudiants : en tant qu’élève à l’époque, j’ai commencé à penser que ça pourrait arriver aussi dans mon école.

Photo des 14 femmes victimes.

Les 14 femmes mortes le 6 décembre 1989, à l'École polytechnique de Montréal

Photo : Radio-Canada

Jessica Ketwaroo-Green fait partie de la plus jeune génération, qui a appris l’histoire de Polytechnique par les cérémonies successives. Je me rappelle que j’étais au secondaire, et qu’il y avait une journée de commémoration. On est entrés dans la salle sans trop savoir pourquoi on était là, mais l’enseignant a commencé à expliquer l’importance du 6 décembre, et ça m’a vraiment frappée.

La jeune femme, qui travaille aujourd’hui au Women Abuse Council de Toronto, estime que cette journée a été un moment charnière dans son parcours. C’était vraiment la première fois que j’étais exposée à cette pandémie qu’est la violence faite aux femmes, et qui est encore prédominante aujourd’hui.

Un engagement à agir

Pour le maire John Tory, le 6 décembre est non seulement l’occasion de se souvenir et de tirer des leçons du passé, mais c’est aussi, pour la Ville de Toronto, le moment de renouveler son engagement à combattre cette violence.

Gros plan sur la proclamation, un document officiel encadré.

Le maire John Tory a lu la Proclamation de la Ville de Toronto de la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes.

Photo : Radio-Canada / John Lesavage

Jusqu'ici cette année, environ 40 femmes victimes de violence sexistes seraient mortes en Ontario, rapporte la conseillère Wong-Tam.

C’est vrai qu’on peut en faire plus, dit-elle. La Ville de Toronto a récemment adopté une stratégie sur l’égalité des sexes. Mais c’est aussi continuer le travail de sensibilisation. S’assurer que nos employés, de la Ville, savent comment identifier la violence sexiste, et voir les signes. Il y a toute sorte de signes avant l'escalade de la violence, qu’on pourrait repérer plus tôt.

Jessica Ketwaroo-Green note que cette violence, justement, n’est pas toujours reconnaissable.

Elle est souvent dissimulée par d’autres types de violence. C’est sûr qu’on a fait beaucoup d’efforts pour parler de féminicide, et de violence conjugale. Mais la violence, souvent, commence par exemple avec des types de comportements contrôlants. La jalousie, l’abus financier, certaines choses qu’on normalise, mais qui peuvent mener jusqu’au féminicide.

Une jeune femme, dans une salle, parle avec une autre femme de dos. Derrière elles, un grand panneau indique "Remembering the 14".

Jessica Ketwaroo-Green souligne que les femmes autochtones et de minorités visibles sont particulièrement vulnérables à la violence sexiste.

Photo : Radio-Canada / John Lesavage

Elle ajoute que les femmes autochtones et des minorités visibles sont particulièrement vulnérables.

Contrôle des armes

Cette journée est aussi l'occasion pour certains de replacer l’enjeu du contrôle des armes à feu au centre des discussions.

Dans son discours du Trône jeudi, le gouvernement Trudeau a annoncé son intention de bannir les armes d'assaut. Un pas encourageant pour Wendy Cukier, présidente de la Coalition pour le contrôle des armes, mais elle rappelle qu’il faut aller beaucoup plus loin selon elle, en imposant une interdiction nationale des armes de poing.

Trop de femmes continuent d'être tuées, mais aussi intimidées et menacées par des armes à feu, dit-elle.

Le 6 décembre 1989 a un peu été comme un moment de prise de conscience pour moi. Je me suis rendu compte que nos lois sur les armes n’étaient pas aussi solides que je le pensais.

Dr. Wendy Cukier, Coalition du contrôle des armes de Toronto

Je pense que des journées comme ça, ça nous oblige à reconnaître que, bien que nous ayons fait quelques progrès, nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir , résume-t-elle.

Et j'espère que ça peut faire sortir les gens de leur complaisance. Notre plus gros problème en matière de contrôle des armes à feu au Canada ce n’est pas le lobby des armes à feu, même s'il exerce plus d’influence qu’il devrait, mais c’est la minorité silencieuse. Des gens qui disent dans les sondages qu’ils aimeraient voir une interdiction des armes, mais ne font rien pour y remédier, soutient Wendy Cukier.

Des commémorations de la tuerie de Polytechnique et des veillées ont aussi lieu vendredi à l'Université de Toronto, à l'Université Queen's à Kingston, à l'Université Laurentienne à Sudbury, ainsi qu'à Belleville, Oakville, Kitchener, entre autres.

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