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Sixième réprimande pour un agent du SPVM

« Je me fous de ta prière », a déclaré l'agent Éric Locas à un automobiliste musulman.

Une voiture de police du SPVM stationnée dans une rue.

L'agent Éric Locas sera suspendu 15 jours sans salaire.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Éric Plouffe

L'agent Éric Locas du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a reçu une sanction de 15 jours de suspension sans salaire pour avoir tenu des propos injurieux fondés sur la religion à l'égard d'un automobiliste musulman lors d'une interception sur la route. Il s'agit de sa sixième réprimande en déontologie policière.

La sanction a été prononcée le 25 novembre dernier pour une plainte concernant des faits qui se sont déroulés le 6 février 2017.

Ce matin là, vers 6 h 50, l'agent Locas interpelle Abdelkrim Rahal qui circule sur la rue Papineau à Montréal. On lit dans la décision que le policier aborde l'automobiliste de confession musulmane en lui disant Shalom, une salutation dans la religion juive, et lui fait savoir que les phares de son véhicule sont éteints alors qu'il fait encore nuit, ce qui constitue une infraction.

L'automobiliste rétorque qu'il a éteint ses phares puisqu'il commençait à faire jour. Il ajoute qu'il sait à quelle heure se lève le soleil parce que c'est à ce moment qu'il fait sa prière.

L'agent Locas lui répond : Je me fous de ta prière. M. Rahal a ressenti ces propos comme étant injurieux. C'est aussi la conclusion à laquelle en est arrivé le Comité de déontologie policière après avoir étudié la plainte de l'automobiliste.

Dans sa décision sur la sanction à imposer au policier rendue le 25 novembre dernier, le juge administratif Pierre Gagné écrit que ce qui frappe le Comité est le manque d'autocritique ou d'introspection dont a fait preuve l'agent Locas au cours des dernières années.

Réorientation de carrière

Le juge rappelle notamment que dans une décision précédente en mars 2014, le policier avait dit à une citoyenne : Ferme ta gueule et donne-moi tes papiers. Dans un autre jugement, on lit qu'il avait sorti une bonbonne de poivre de cayenne en disant à un citoyen que le poivre dans les dents fait mal.

En 2016, il avait été blâmé pour avoir tenté de communiquer avec une automobiliste qui avait porté plainte contre lui

Dans ce dernier dossier, on lit que l'agent Locas s'est dit peiné lorsqu'il a constaté que le plaignant avait été affecté par ses propos. Le juge Pierre Gagné conclut sa décision en écrivant que si l'agent Locas devait persister dans son comportement inacceptable, le Comité ne pourra qu'envisager sérieusement la sanction ultime.

Le juge ajoute que heureusement, dans un élan de lucidité, l'agent Locas semble avoir décidé d'amorcer une réorientation de sa carrière. On apprend que l'agent Locas occuperait désormais de nouvelles fonctions au SPVM et s'occuperait d'accueillir les détenus qui sont conduits au Centre opérationnel Ouest.

Nous avons demandé au SPVM s'il y avait un nombre maximum de sanctions auxquelles un policier pouvait faire face avant d'être congédié. Le corps policier s'est contenté de répondre qu'il ne souhaite pas commenter ce dossier de nature déontologique de même que les décisions qui en découlent.

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