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La grève française prolongée jusqu'à mardi

Les syndicats et la jeunesse appellent à poursuivre la mobilisation contre la réforme des retraites.

Des syndiqués passent devant un train.

La grève générale se poursuit pour une deuxième journée de suite en France.

Photo : Associated Press / Bob Edme

Radio-Canada

Une alliance intersyndicale et quatre organisations de jeunesse appellent en France à une nouvelle journée de grèves et de manifestations mardi prochain contre le projet gouvernemental de réforme des retraites.

Le débrayage, qui s'est amorcé jeudi, a fait descendre dans la rue au moins 800 000 manifestants à travers tout le pays, selon le ministère de l'Intérieur. La CGT, l'une des deux plus grosses centrales syndicales de France, a toutefois estimé qu'environ 1,5 million de personnes avaient participé aux différents rassemblements.

Cette grève devait prendre fin lundi, mais une réunion entre huit centrales, vendredi, s'est terminée par la promesse d'un nouveau temps fort interprofessionnel, avec une grande marche dans les rues de Paris.

Les syndicats se réuniront à nouveau mardi soir pour décider de la suite – à moins que, d'ici là, le président Emmanuel Macron et le premier ministre Édouard Philippe n'abandonnent leur réforme.

Il faut que le gouvernement entende que nous sommes déterminés et prêts à ancrer ce mouvement dans la durée.

Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire

Les syndicats et la jeunesse en ont contre le projet de l'exécutif issu de La République en marche (LaREM), qui souhaite instaurer un « système universel » de retraite par points pour remplacer les 42 régimes existants.

Un embouteillage.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plusieurs usagers des transports en commun se sont rabattus sur la voiture, vendredi, causant d'énormes bouchons de circulation dans la région parisienne.

Photo : Reuters / Charles Platiau

En attendant, la grève se poursuit, à Paris comme dans plusieurs autres villes de l'Hexagone, perturbant le secteur des transports et le milieu de l'éducation.

Dans la capitale, 9 des 14 lignes de métro demeuraient fermées, ce qui a indirectement provoqué d'interminables bouchons de circulation. Un pic de 375 kilomètres d'embouteillages a été enregistré un peu avant 9 h contre une moyenne de 230 km habituellement à la même heure.

La direction de la SNCF anticipait de son côté que 90 % des TGV et 70 % des trains express régionaux seraient annulés.

Quant aux aéroports, la Direction générale de l'aviation civile a demandé à nouveau aux compagnies de réduire de 20 % leur programme de vols à Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly, Beauvais, Lyon, Marseille, Toulouse et Bordeaux.

Enfin, environ 10 % des écoles du pays étaient fermées vendredi, contre environ 50 % la veille.

Par ailleurs, ces cinq jours de grève commencent à préoccuper le milieu français des affaires, qui s'inquiète des répercussions de ce mouvement sur les ventes et l'emploi.

Les semaines précédant les fêtes de fin d'année sont généralement fort lucratives pour les marchands.

Or, la préfecture de police de Paris a ordonné jeudi la fermeture de toutes les boutiques, banques, cafés et restaurants sur le parcours du cortège de manifestants pour éviter des saccages.

De plus, les clients et les touristes sont de plus en plus nombreux à annuler leurs réservations, font valoir les hôteliers.

Les étrangers qui viennent faire leurs courses à Paris pour le côté féérique, s'il y a des grèves, ils ne vont pas venir. C'est un manque à gagner qui ne peut pas se récupérer.

Laurent Duc, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie

Seule consolation pour les touristes : la tour Eiffel, monument emblématique de Paris, a rouvert vendredi après une journée de fermeture jeudi en raison des grèves.

Le gouvernement ouvert à négocier, mais...

En entrevue à Tout un matin, vendredi, le représentant des Français d'Amérique du Nord à l'Assemblée nationale et président de la commission des Affaires économiques, Roland Lescure, a confirmé qu'il y a encore beaucoup de choses [...] qui sont ouvertes à la négociation.

Le député LaREM a notamment évoqué la date d'entrée en vigueur de la réforme, soulignant que des rencontres auraient lieu au début de la semaine prochaine entre les syndicats et son gouvernement.

Par contre, la fusion des 42 régimes en un seul est un principe non négociable, a-t-il affirmé, rappelant que le système actuel avait été dessiné en... 1945.

En près de 75 ans, le monde du travail a changé en profondeur, a fait valoir M. Lescure, qui a pris l'exemple d'un travailleur qui aurait changé d'emploi à trois reprises au cours de sa carrière et qui se retrouverait, une fois à la retraite, à devoir composer avec quatre régimes différents.

Reconnaissant qu'il y aura des gagnants et des perdants, le député a notamment souligné l'importance de bonifier les prestations faméliques des agriculteurs et de relever l'énorme défi d'égalité femmes-hommes, faisant valoir que les femmes, en France, touchent beaucoup moins de retraites que les hommes.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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