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La réconciliation avec les Premières Nations, une question à 481 mots

Deux hommes politiques se serrent la main.

Le premier ministre Justin Trudeau serre la main du chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, lors d’un événement qui a eu lieu le 23 mai 2019.

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

Marc Godbout

Combien de mots le gouvernement Trudeau avait-il réservés aux Premières Nations dans son premier discours du Trône, en 2015? 102. Dans celui d’hier? 481.

Bien entendu, on ne peut mesurer l’engagement d’un gouvernement par un simple décompte.

Mais selon le chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, c’est la première fois que ce thème occupe un chapitre entier d’un discours du Trône au pays.

Un signal est envoyé : celui de la continuité. La feuille de route lancée en 2015 est mise à jour.

Le gouvernement libéral confirme qu’il déposera un projet de loi pour la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Il se commet en offrant un échéancier, au cours de la première année du nouveau mandat.

Ainsi, les libéraux espèrent réparer des pots cassés. Le projet de loi de l’ex-député néo-démocrate Roméo Saganash, qui avait le même objectif, est mort au feuilleton en juin dernier au Sénat.

Les sénateurs conservateurs ont été montrés du doigt par des chefs autochtones pour avoir eu recours à des tactiques procédurales dans le but de ralentir délibérément l'adoption du projet de loi

La Déclaration établit des normes minimales sur la façon dont les États-nations doivent traiter avec les peuples autochtones.

De la moisissure dans une maison abandonnée.

De la moisissure dans une maison abandonnée de la réserve Grassy Narrows, dans le nord-ouest de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Les libéraux promettent également de donner suite à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Mais le gouvernement s’expose à des critiques sur l’épineuse question de l’aide à l’enfance. Ceux et celles qui ont été blessés par le système seront indemnisés équitablement et en temps opportun. En temps opportun, donc pas d’échéancier.

Tout est loin d’être parfait. Mais le ton des derniers jours laisse entrevoir que, malgré les nombreux obstacles, la volonté est là.

De loin, ce gouvernement est celui qui en a fait le plus pour les Premières Nations, n’hésite par à reconnaître le chef national de l’APN, Perry Bellegarde.

Et en début de semaine, le nouveau ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, était applaudi chaleureusement devant les chefs réunis à Ottawa.

Un ministre prononce un discours.

Le nouveau ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, s'est adressé aux chefs des Premières Nations réunis cette semaine à Ottawa

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Dans un contexte de gouvernement minoritaire, les libéraux ne peuvent faire abstraction des positions de leurs adversaires politiques dans ce dossier. Mais loin d’être freiné dans ses ambitions, le gouvernement pourrait se faire pousser dans le dos par le Bloc québécois et surtout par le NPD.

Pour l’instant, le chef bloquiste Yves-François Blanchet voit des signaux encourageants. Je sens une volonté que je crois sincère, dit-il.

Mais le NPD réclame davantage d’engagements et s’insurge contre la contestation du gouvernement de l’ordonnance qui l’oblige à compenser des enfants des Premières Nations. La justice pour autochtones, on n'a rien entendu de ça, a répété le chef néo-démocrate Jagmeet Singh.

Le chemin de la réconciliation est long, précise le gouvernement dans son deuxième discours du Trône. Mais il ne faut pas minimiser les progrès possibles dans le nouveau contexte politique.

L’histoire a démontré que les gouvernements minoritaires se sont souvent avérés plus productifs que ceux qui étaient majoritaires.

Combien de temps le gouvernement Trudeau tiendra-t-il le coup? Difficile de le prédire, mais il pourrait avoir assez d’oxygène pour donner une nouvelle bouffée d’air à cette réconciliation.

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