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Le projet de loi sur les tarifs d'Hydro-Québec sera adopté sous le bâillon

L'entrée du siège social d'Hydro-Québec à Montréal pendant la période hivernale.

Le projet de loi 34 abolit notamment le système annuel d'évaluation des tarifs d'Hydro-Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Tout le monde politique savait que cela aurait lieu. On sait maintenant quand. Samedi, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) fera adopter sous le bâillon son projet de loi sur les tarifs d’Hydro-Québec.

Aussitôt déposé, en juin dernier, le projet de loi 34 avait fait l’unanimité contre lui, autant chez les partis d’opposition que chez les groupes de protection des consommateurs.

C’est le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, qui gère ce dossier au gouvernement. Son but, avec le projet de loi 34, est de remettre 500 millions de dollars aux clients d'Hydro-Québec au début de 2020, de geler les tarifs d’électricité en 2020 et d’ensuite les hausser au niveau de l'inflation pour les quatre années suivantes.

Selon la CAQ, les clients de la société d’État économiseront 1,5 milliard de dollars, soit 215 $ en moyenne pour une famille de quatre personnes. Dans l'opposition, la CAQ estimait que les Québécois avaient payé 1,5 milliard de plus que ce qu'ils auraient dû sur leur facture d'électricité entre 2008 et 2016. Le projet de loi 34 est donc sa façon de conclure l’affaire.

Le ministre Julien a notamment déclaré, lors du dépôt du projet de loi, que la nouvelle façon de gérer la hausse des prix de l’électricité au Québec offrira plus de prévisibilité aux consommateurs.

Le projet de loi 34 abolira par contre le système annuel d'évaluation des tarifs d'électricité de la Régie de l'énergie. L’institution reverra plutôt les tarifs d’Hydro-Québec une fois tous les cinq ans.

Pour le PDG d’Hydro-Québec, le nouveau système ne changera rien pour les clients. Depuis 1962, quand on regarde le point de départ des tarifs d’électricité et la courbe de l’inflation, les deux sont en parfaite corrélation. Si jamais il y a décrochage, que cette théorie ne se confirme pas, on pourra faire un ajustement à la hausse ou à la baisse dans cinq ans, a-t-il déclaré en entrevue avec Patrice Roy, jeudi.

Quant aux groupes de pression, ils prennent acte de la décision du gouvernement. Option consommateurs, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) et l’Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité (AQCIE) se disent déçus, car avec des environnementalistes, des experts indépendants, d'anciens ministres de l’Énergie et les trois partis d’opposition, disent-ils, ils croient avoir mis en lumière les conséquences désavantageuses de ce projet de loi.

Les clients d’Hydro-Québec débourseront ainsi 100 millions de plus par année, disent les trois groupes.

Nous sommes préoccupés par la possibilité d’un bâillon. Le consommateur ne sort pas gagnant par rapport à ce projet de loi, et les ménages à faible revenu pourraient écoper davantage, a notamment déclaré Christian Corbeil, directeur général d’Option consommateurs, par communiqué.

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